À ceux qui croient que l’autobus n’est bon que pour les pauvres…

Si j’avais une voiture, je ne l’utiliserais pas. Pas parce que je suis trop pauvre pour m’en payer une, ni parce qu’un handicap m’empêche de conduire, ni même parce que j’ai peur de conduire en ville… je fais déjà du vélo sur Charest!

Je ne veux pas de voiture par conviction, comme plusieurs autres personnes de mon entourage qui vivent à Québec. D’abord, je ne rêve pas d’une voiture inutile qui dormirait dans ma cour ou dans la rue la majorité du temps. Je ne veux pas rester coincé dans la circulation matin et soir alors que je peux marcher ou pédaler pour me rendre au bureau sans trop d’effort. Je ne veux pas non plus utiliser de ressources non renouvelables, sans raison valable, simplement pour m’offrir le luxe de ne respirer que mes propres effluves intestinales le matin. J’ai fait un choix environnemental et social. J’aime croiser le regard des autres et ressentir le temps qu’il fait même si parfois les éléments se déchaînent.

En prenant l’autobus, je fait aussi le choix d’être libre. Marcher et pédaler me garde en forme. Je n’ai pas peur de marcher un kilomètre avec deux sacs d’épiceries et cette énergie me permet de grimper des montagnes, bref d’aller où je veux. Je n’ai pas à me soucier des stationnements ou des sens uniques (sauf à vélo) et je peux fréquenter la ville librement sans devoir inévitablement retourner à ma voiture pour la récupérer. Je n’ai jamais besoin de Nez Rouge ou de désigner quelqu’un qui devra payer pour mes excès.

Vivre sans voiture me rend même plus riche financièrement. J’ai de l’argent pour aller au restaurant, je ne coure pas toujours les soldes et j’essaie d’acheter des produits locaux. Je réussis même à épargner alors que l’endettement des ménages bat des records. Bref, je me sens plus autonome et je n’ai pas l’impression de faire vivre mon auto…

Parc de la Martinière : un espace vert latent à l’est de Lévis

Les promeneurs de chiens de Lévis vont m’en vouloir car je m’apprête à révéler un secret bien gardé de la Rive-Sud. À 5 kilomètres du traversier, tout au bout de la pittoresque rue Saint-Joseph se trouve un parc de 125 hectares (108 pour les plaines d’Abraham) en bordure du fleuve Saint-Laurent : le parc de la Martinière.

La plupart de ceux qui connaissent son existence le fréquente probablement pour sa portion sud, en bordure de la rue Saint-Joseph, où la piste cyclable, le parcours des Anses, se termine. Une petite section de piste asphaltée longe le parc depuis quelques années et offre un beau point de vue sur le fleuve et l’île d’Orléans. Cependant, peu de gens osent s’y aventurer vraiment, le site n’étant pas encore aménagé par la Ville de Lévis.

Le parc de la Martinière permet de fréquenter des milieux contrastés. Sur les hauteurs, des terres agricoles parsemées de fleurs suivent le relief jusqu'aux îlots boisés en contrebas. La rive du fleuve, quant à elle, est ponctuée d'effleurements rocheux composés de schiste incliné. Photo : SaQC

Le parc de la Martinière permet de fréquenter des milieux contrastés. Sur les hauteurs, des terres agricoles parsemées de fleurs suivent le relief jusqu’aux îlots boisés en contrebas. La rive du fleuve, quant à elle, est ponctuée d’effleurements rocheux composés de schiste incliné. Photo : SaQC

C’est qu’avant d’être un parc, ce secteur a longtemps été zoné industriel en prévision d’un possible expansion du port de Québec et du parc industriel de Lauzon, cité ouvrière célèbre à cause de son chantier naval. Ce grand espace en attente de développement s’est donc trouvé gelé par son zonage particulier alors que la banlieue étendait ses tentacules tout autour. Cet effet de gel a également permis de maintenir en place les usages séculaires du territoire, à savoir l’agriculture et l’habitation en bordure du fleuve dans une anse où l’on vivait jadis de la pêche à l’anguille, à l’esturgeon et au doré. Un petit hameau persiste toujours, enclavé par le parc, les pêcheurs sportifs longent encore la berge et l’agriculture est toujours partiellement pratiquée dans ce parc que la Ville tarde à développer.

En longeant le rivage du parc de la Martinière, du côté ouest, on aperçoit la grève Gilmour et le chantier Davie à partir de caps rocheux. La partie plus à l'est représentée par cette photo permet d'accéder directement au fleuve et de s'y promener. Entre les deux, les maisons de la grève Labonté sont toujours habitées. Photo : SaQC

En longeant le rivage du parc de la Martinière, du côté ouest, on aperçoit la grève Gilmour et le chantier Davie à partir de caps rocheux. La partie plus à l’est représentée par cette photo permet d’accéder directement au fleuve et de s’y promener. Entre les deux, les maisons de la grève Labonté sont toujours habitées. Photo : SaQC

Avant même la création du parc, un vaste réseau de sentiers informels s’est greffé aux chemins d’accès qui descendent au fleuve. Le parc demeure aujourd’hui essentiellement fréquenté par les résidents des environs puisqu’il n’est pas aisé de s’y repérer. Certains sentiers traversent une érablière dans la portion ouest offrant quelques points de vue sur le fleuve. D’autres circulent à travers des champs en friche. Encore une fois le fleuve s’offre à la vue des passants qui circulent dans le haut des terres. Il s’agit également d’un secteur privilégié pour observer des oiseaux compte tenu de la présence importante d’arbres fruitiers protégés du broutement par de longues épines. Plus à l’est, une forêt mixte où certaines pruches ont été aperçues rejoint le fleuve. On peut d’ailleurs s’arrêter sur les écueils rocheux qui s’enfoncent littéralement dans le Saint-Laurent. Les navires semblent passer tout près tant l’île d’Orléans est proche à cet endroit.

Cette grange située en marge du parc de la Martinière comporte des murs en bois cordé, une technique de construction peu courante dans la région de Québec. Photo : SaQC

Cette grange située en marge du parc de la Martinière comporte des murs en bois cordé, une technique de construction peu courante dans la région de Québec. Photo : SaQC

Drôle d’endroit, donc, ce parc de la Martinière qui ne manque pas de charme et mériterait un plus grand souci de la part de l’administration municipale. Ce grand écrin de verdure pourrait même être relié au fort de la Martinière, un ouvrage militaire qui pourrait faire l’objet d’un prochain article…

Bilan de l’été 2014 par Survivre à Québec

Avec le temps frais des derniers jours, le retour de la congestion routière et la venue de la saison des croisières, nous pouvons affirmer que l’été se termine sans trop se tromper. C’est donc maintenant le temps de faire un bilan de la saison chaude telle que SaQC l’a vécue.

Le transport actif
Encore une fois, l’été 2014 aura été l’occasion de profiter pleinement des transports actifs. Les déplacements utilitaires semblent toujours gagner en popularité au grand déplaisir de certains concitoyens. Le vélo-boulevard de la Haute-Ville (aura-t-il un jour un nom?) commence à remplir sa mission et certaines familles n’hésitent pas à l’emprunter à l’heure de pointe en direction du travail et de la garderie. Une belle façon d’initier ses enfants à un mode de vie sain. C’est toutefois le quartier Limoilou qui remporte la palme des déplacements cyclistes où les vélos réussissent même à imposer le rythme sur la 3e Avenue en fin de journée sans pour autant provoquer de friction avec les autres usagers de la route. Saint-Roch aura vécu un triste événement en fin d’été qui aura rappelé au reste de la ville son caractère unique et fait renaître des revendications citoyennes constantes à cet endroit : le respect des populations marginales du quartier et la nécessité de faire plus de place aux vélos aux alentours de la rue Saint-Joseph.

Les îlots de chaleur
Alors que certains résidents de Notre-Dame-des-Laurentides envient les étés chauds de Saint-Roch, ceux qui vivent quotidiennement en ville savent que le phénomène des îlots de chaleur existe à Québec et qu’il est incommodant malgré la courte durée de nos étés. Durant ces chaudes journées, il faut donc développer des stratégies… Certaines terrasses ombragées nous ont sauvé la vie, surtout celles de La Korrigane, de La Barberie, de La Cuisine et du Bal du Lézard. Les parcs municipaux permettent aussi de profiter de la douce brise qu’offrent les grands espaces et même de passer discrètement dans les jeux d’eau pour se rafraîchir. La corde à linge du parc Ferland constitue une oeuvre dégoulinante de bon goût qui pourrait inspirer d’autres initiatives du genre. Le parc Cartier-Brébeuf, l’Anse Brown et le parcours de Anses à Lévis sont de beaux endroits où pique-niquer en plus des traditionnelles plaines d’Abraham.

Des sorties dépaysantes
L’été est également une saison idéale pour parcourir la région environnante à la recherche d’attraits naturels et visiter des villages pour faire différent. Le parc national de la Jacques-Cartier est plutôt achalandé en été, mais sa rivière permet de faire une belle descente en eau vive sans trop craindre de s’écraser sur un rocher dans un rapide. La vélopiste Jacques-Cartier/Portneuf est encore trop méconnue dans son tronçon compris entre Saint-Raymond et Rivière-à-Pierre. On peut notamment faire la portion de Saint-Raymond jusqu’au lac Simon assez facilement et profiter des plus beaux paysages du secteur. Visiter Montmagny est ses îles donne l’impression d’arriver dans une autre région vivant davantage au rythme du fleuve. Et que dire des couchers de soleil?

Quelques événements…
À Québec, les événements authentiques, à échelle humaine et pensés dans une autre optique que le profit ou l’achalandage record ne sont pas nombreux. Limoilou en musique a fait figure d’exception avec son ambiance bon enfant. Idem pour Cuisinez St-Roch qui convient à toutes les bourses. Où tu vas quand tu dors en marchant constitue aussi un événement unique, mais l’édition de cette année étirait peut-être un peu la sauce… Honnêtement, on a eu l’impression cette année que Charlevoix concurrençait l’offre culturelle de la métropole avec avec une série d’événements couronnés de succès : festival de la chanson de Tadoussac, le Festif! de Baie-Saint-Paul et la ChantEauFête de Charlevoix. Québec devrait s’inspirer un peu de ce qui se fait en région…

À l’an prochain…
Plusieurs idées restent sur la table pour l’an prochain : canot au parc national de la Mauricie, baignade en Chaudière-Appalaches, arbre en arbre au parc Chauveau (Sarbayä) et profiter davantage du balcon le soir si les nuits de 2015 le permettent!

Randonnée-camping à Saint-Robert-Bellarmin : la nature généreuse des sentiers du mont Bélanger

Vous ne connaissez sûrement pas Saint-Robert-Bellarmin, ce petit village perché au-dessus de la Beauce aux confins de la MRC du Granit. Pourtant la feuille de route de cette localité a de quoi impressionner : fondée en 1949, mais colonisée durant la crise de 1929, on y exploita une mine d’or de 1951 à 1968. On y trouve aujourd’hui 676 habitants sur 237 km carrés, une concentration importante d’érablières totalisant 900 000 entailles, 52 éoliennes et… le mont Bélanger et ses sentiers pédestres qui domine la région avec ses 920 mètres. Bienvenue au pays de la démesure!

Le territoire de Saint-Robert-Bellarmin renferme de beaux attraits naturels qu'elle a rendu accessibles aux marcheurs. Le lac Émilie et les éboulis du sentier de la Face de Singe en arrière-plan se trouvent dans un secteur peu développé voisinant la frontière canadienne avec le Maine. Photo : SaQC

Le territoire de Saint-Robert-Bellarmin renferme de beaux attraits naturels que la municipalité a rendus accessibles aux marcheurs. Le lac Émilie et les éboulis du sentier de la Face de Singe en arrière-plan se trouvent dans un secteur peu développé voisinant la frontière canadienne avec le Maine. Photo : SaQC

Après avoir roulé pendant deux heures à partir de Québec en traversant toute le Beauce, le 9e rang conduit inévitablement dans ce petit village reculé, à 425 mètres d’altitude sur un plateau agricole accolé au Maine. Toutefois, le dépaysement ne s’arrête pas là. Pour se rendre aux sentiers du mont Bélanger, il faut emprunter un joli chemin forestier sur 15 km où l’on peut observer quelques éoliennes et des érablières jalonnées de citernes digne d’un Pétro-Canada qui récoltent la précieuse sève, le tout dans une nature omniprésente. Une fois arrivé sur place, il ne reste qu’à s’enregistrer en lisant bien les consignes sur le panneau d’accueil et de fournir une contribution volontaire pour l’entretien des sentiers.

Les amateurs de randonnée pédestre et de camping sauvage seront comblés par cette destination encore exotique (du moins pour les gens de Québec) : 19 km de sentiers, 7 plate-formes de camping réparties en deux secteurs. Pour se donner un bon aperçu des lieux, nous avons campé sur place avant d’aborder différents sentiers le lendemain totalisant 13 km.

Le camping rustique situé près de l'entrée des sentiers permet d'apprécier la quiétude de la forêt la nuit et offre un superbe spectacle au matin alors que la nature se réveille. Photo : SaQC

Le camping rustique situé près de l’entrée des sentiers permet d’apprécier la quiétude de la forêt la nuit et offre un superbe spectacle au matin alors que la nature se réveille. Photo : SaQC

Le premier site de camping (5 emplacements) se situe à environ 300 mètres du stationnement sur le bord du lac Émilie, un plan d’eau de plus d’un kilomètre de longueur. L’accueil des campeurs est assuré de main de maître par M. Steeve Quirion qui prend les réservations et vient à notre rencontre sur place afin de s’assurer de notre confort (merci pour la brassée de bois sec!). Les plate-formes de bois avec tables à pique-nique et espaces pour le feu sont dispersés dans la forêt et offrent une superbe vue sur le lac. Nous y avons passé une nuit douillette, comme seuls au monde. Notez qu’il n’y a pas de bloc sanitaire sur place, seulement de bonnes vieilles « bécosses » bien construites.

Notre emplacement de camping offrait cette vue au déjeuner. Au loin, la montagne que nous allions gravir quelques heures plus tard. Photo : SaQC

Notre emplacement de camping offrait cette vue au déjeuner. Au loin, la montagne que nous allions gravir quelques heures plus tard. Photo : SaQC

Le lendemain, notre randonnée débuta par le sentier Le Bord de l’Eau qui longe le splendide lac Émilie sur environ 2 km. Ce sentier tortueux et étroit offre de beaux points de vue sur le lac et des endroits propices où pique-niquer en famille. Les 2 kilomètres suivants empruntent les sentiers L’Érablière et Les Éboulis qui traversent la plus vaste érablière privée du monde avec ses 105 000 entailles. On se lasse toutefois vite de marcher dans les chemins d’accès de ce domaine acéricole.

Le vrai plaisir se trouve définitivement dans le sentier de la Face de Singe. Ce dernier grimpe effectivement comme dans le visage d’un primate pour un dénivelé total d’environ 350 mètres et donne accès à près de 10 points de vue dont le point culminant se situe à 870 mètres. On peut y observer le lac Émilie, les éoliennes de Saint-Robert et le mont Mégantic ainsi que les lacs et montagnes du Maine. Le sentier emprunte en plusieurs moments l’emprise déboisée de la frontière qui suit à cet endroit un parcours chaotique très amusant à observer.

Dès le début de notre ascension de la Face de Singe, de beaux points de vue permettaient de reprendre son souffle et d'observer les environs : le lac Émilie, les éoliennes, la frontière et les montagnes environnantes. Photo : SaQC

Dès le début de notre ascension de la Face de Singe, de beaux points de vue permettaient de reprendre son souffle et d’observer les environs : le lac Émilie, les éoliennes, la frontière et les montagnes environnantes. Photo : SaQC

Cette piste de ski n'en est pas une! Il s'agit plutôt de l'emprise de la frontière que le sentier de la Face de Singe parcoure à quelques reprises. Photo : SaQC

Cette piste de ski n’en est pas une! Il s’agit plutôt de l’emprise de la frontière que le sentier de la Face de Singe emprunte à quelques reprises. Photo : SaQC

Nous avons effectué le retour par les sentiers de la Forêt Ancienne et de La Passe. Le premier kilomètre parcoure un écosystème forestier exceptionnel classé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs puisqu’il renferme une forêt ancienne qui n’a jamais été perturbée. Le Ministère autoriserait rarement l’accès public à ces forêts préservées. S’amorce ensuite une longue descente qui nous ramène dans une érablière à l’entrée du camping.

Le belvédère aménagé à 810 mètres sur le sentier de la Face de Singe est un des plus saisissants. Il offre une vue directe sur le Maine aux environs de Jackman. En contrebas, des oiseaux de proie tournoyaient dans les airs. Photo : SaQC

Le belvédère aménagé à 810 mètres sur le sentier de la Face de Singe est un des plus saisissants. Il offre une vue directe sur le Maine aux environs de Jackman. En contrebas, des oiseaux de proie tournoyaient dans les airs. Photo : SaQC

Un autre jour nous tenterons l’ascension du mont Bélanger auquel on accède par le même réseau de sentiers (19 km en passant par la Face de Singe, 15 km si on s’y rend directement). La Municipalité travaille présentement à installer une tour d’observation au sommet pour parfaire le point de vue. Deux emplacements de camping permettent également de dormir près du sommet.

Le point culminant de notre randonnée à 870 mètres se situe directement sur la frontière qui dévale la montagne à nos pieds. Photo : SaQC

Le point culminant de notre randonnée à 870 mètres se situe directement sur la frontière qui dévale la montagne à nos pieds. Photo : SaQC

Attention : les sentiers ne sont ouverts qu’une partie de l’année, de mai à septembre (fermeture le 14 septembre 2014).

Côte-de-Beaupré : terroir, bière et cyclisme

Maison aperçue sur l'avenue Royale, aussi appelée véloroute Marie-Hélène-Prémont, à Château-Richer. Maintenant que la piste au-delà du corridor du littoral a été prolongée jusqu'au moulin du Petit-Pré, on peut se rendre à Cap-Tourmente sur un parcours relativement plat et très agréable pour les cyclistes. Photo : SaQC

Maison aperçue sur l’avenue Royale, aussi appelée véloroute Marie-Hélène-Prémont, à Château-Richer. Maintenant que la piste au-delà du corridor du littoral a été prolongée jusqu’au moulin du Petit-Pré, on peut se rendre à Cap-Tourmente sur un parcours relativement plat et très agréable pour les cyclistes. Photo : SaQC

La véloroute Marie-Hélène-Prémont constitue une belle alternative lorsque vient le temps d’enfourcher sa bécane. Particulièrement depuis que la piste au-delà du corridor du littoral a été prolongée jusqu’au moulin du Petit-Pré, ce qui évite désormais les montées parfois abruptes de l’avenue Royale entre Boischâtel et L’Ange-Gardien. Même si la véloroute emprunte l’avenue Royale après L’Ange-Gardien et qu’on y croise quelques automobiles, la forte présence cycliste et le civisme des usagers de la route à cet endroit rassure inévitablement. Lors de notre dernière sortie, nous sommes arrêtés manger à la microbrasserie des Beaux Prés. Nous avons évidemment croisé notre lot de maisons ancestrales et de caveaux à légumes, en plus d’apercevoir des lamas et des chèvres, et nous avons profité par hasard de la Grande Fête de la Côte-de-Beaupré où un petit marché public nous attendait.

Chic Alors! Bonne pizza à Cap-Rouge

La soirée s’annonçait chaude, même dans la cossue banlieue de Cap-Rouge, en ce dimanche estival. Les voitures rutilantes de ce coin « propre propre » de la ville défilaient devant la terrasse du restaurant illuminée par un splendide coucher de soleil sur le talus gazonné d’en face. Bienvenue au Chic Alors! : le restaurant familial préféré des Carougeois.

Restaurant Chic Alors! Photo : www.chic-alors.com

Restaurant Chic Alors! Photo : http://www.chic-alors.com

La célèbre pizzeria de la route Jean-Gauvin a élu domicile dans un bâtiment aux lignes contemporaines et doté d’une fenestration généreuse. On s’y sent plutôt bien malgré l’anonymat du quartier environnant. Peut-être est-ce dû à la vue que nous avons sur la vaste terrasse située en retrait de la rue où s’entassent couples et familles du coin sous d’immenses parasols inversés. Ou encore à la qualité du design qui remplit son rôle sans tomber dans l’excès de certains restaurants de banlieue…

Le service, ce soir là, est assuré par une brigade de jeunes filles qui ne paraissent pas avoir fait de la restauration leur choix de carrière. Parfois un peu maladroit, tantôt trop empressé, c’est peut-être le seul point faible de l’établissement. Mentionnons que notre serveuse était en formation, ce qui a peut-être faussé notre analyse.

L’attrait de ce resto de quartier réside surtout dans son menu bien adapté aux familles et aux couples désirant bien manger à prix correct. La carte est courte et, par conséquent, ne s’égare pas comme à bien d’autres endroits. C’est simple, vous avez le choix entre pâtes et pizzas, surtout des pizzas en fait! Elles sont même plutôt bonnes! La croûte se situe à mi-chemin entre la pizza habituelle et celle qu’on goûterait chez Nina et les garnitures sont plutôt variées à la manière de chez Gemini et alternent entre classiques et versions plus américanisées (par exemple, pizza aux côtes levées).

Est-ce qu’on ferait souvent 20 km pour y partager une pizza? Peut-être pas. Surtout que l’offre au centre-ville dépasse largement notre appétit pour ce plat. Mais, si vous cherchez une bonne table à Cap-Rouge, Chic Alors ! saura sûrement vous plaire…

La babine gourmande : enfin, le casse-croûte 2.0 ?

Quand j’étais petit, les dimanches soirs d’été étaient souvent l’occasion d’une virée dans le Nord jusqu’à un casse-croûte où nous avions droit à notre ration de frites, notre hot-dog steamé et un bon jus de raisin bien sucré. Aujourd’hui, je reprends souvent cette vieille tradition familiale lors de mes sorties à vélo, le casse-croûte étant souvent le seul endroit où l’on peut arrêter manger dans un village. Tout le monde connaît la formule : hamburgers, poutines, frites, guedilles… seuls ou en trio!

Un repaire de foodies des champs encore méconnu est pourtant en train de moderniser cette bonne vieille formule dans la région de Québec. Le casse-croûte en question a même eu l’honneur de se faire reconnaître par le réseau Arrêts gourmands de la Chaudière-Appalaches. Ayoye… Avis aux intéressés, le restaurant La babine gourmande est situé à Saint-Michel-de-Bellechasse à une vingtaine de kilomètres à l’est de la traverse Québec-Lévis.

Le restaurant La babine gourmande à Saint-Michel-de-Bellechasse se trouve sur la route 132 derrière le village. Photo : La babine gourmande sur Facebook

Le restaurant La babine gourmande à Saint-Michel-de-Bellechasse se trouve sur la route 132 derrière le village. Photo : La babine gourmande sur Facebook

En plus du menu habituel assaisonné au ketchup et à la moutarde jaune du commerce, on y trouve de belles innovations culinaires offertes à prix plus que raisonnable. Les produits locaux y trouvent également leur place. Les puristes seront heureux d’apprendre qu’on peut quand même manger son dû sur de traditionnelles tables à pique-nique en bois, tout comme sur une petite terrasse ou dans la salle à manger attenante au restaurant. La caissière tire également le moustiquaire pour prendre votre commande!

On y mange quoi de spécial? D’abord, de succulentes frites qui viennent avec un choix parmi sept mayonnaises, des chiens chauds réinterprétés dont Le Merguez avec sa mayonnaise à la provençale et La guedille au canard confit qui m’a fait beaucoup de bien et qui goûte vraiment le canard confit! Ensuite, des hambourgeois bourgeois à mi-chemin entre le casse-croûte authentique et le burger gourmet qu’on nous sert en ville (mon accompagnatrice a fait la vie dure au Charlevoix : boeuf, fromage Migneron, confit de carottes, mayonnaise aux herbes salées, laitue, tomates). Et même un choix de salades gourmandes dont la salade de chèvre chaud. Le fromage de chèvre provient de la ferme Cassis et Mélisse de Saint-Damien-de-Buckland (le meilleur chèvre qui soit évidemment).

Bref, nous sommes arrivés sans attentes précises et avons quitté avec l’espoir de voir pousser des succursales un peu partout.