S’habiller à Québec sans sortir du centre-ville ? 2e partie

Dans un précédent article, Survivre à Québec débutait l’analyse de l’offre vestimentaire au centre-ville de Québec. En effet, l’emplacement où sont achetés nos vêtements peut avoir un impact réel sur l’économie d’un quartier considérant l’importance de ce poste budgétaire.

Au centre-ville de Québec, deux pôles se côtoient à nouveau depuis quelques années maintenant : la rue Saint-Jean et la rue Saint-Joseph. L’offre y paraît adéquate, mais cet équilibre est plutôt précaire puisque le nombre de boutiques différentes par créneau est limité dans plusieurs cas. Mais, qu’en est-il exactement?

Rue Saint-Jean : l’éternelle

Le secteur de la rue Saint-Jean, incluant également la côte de la Fabrique, concentre de nombreux commerces vestimentaires depuis longtemps. Holt Renfrew et la maison Simons y sont nés au 19e siècle. Aujourd’hui, l’achalandage commercial est évidemment assuré par la présence de Simons auquel se greffent de nombreuses boutiques de plus petite taille.

On y trouve environ 45 commerces vestimentaires, principalement concentrés à l’intérieur des murs du Vieux-Québec et à proximité de l’église Saint-Matthew dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. L’offre y est donc nettement moindre que dans les centres commerciaux les plus populaires de Québec. Trois créneaux principaux s’y côtoient, mais ont également tendance à se distribuer dans l’espace.

Il y a d’abord ces commerces haut-de-gamme, tels que Jourdain et Harricana, s’adressant à une clientèle touristique recherchant réconfort et tradition. Fourrures, laines et cuir s’y côtoient et les prix affichés ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Ces commerces ont tendance à se localiser près de l’hôtel de ville, soit au coeur du Vieux-Québec touristique.

Une portion centrale, entre la porte Saint-Jean et Simons, regroupe plusieurs chaînes de magasins telles que Le Château, Tristan, Aldo et Foot Locker. Les loyers pour cette portion de rue achalandée à l’année sont probablement plus élevés, ce qui favorise l’implantation de commerces renommés. Or, cette portion de rue semble s’essouffler depuis quelques années. À preuve, plusieurs commerces ont fermé leurs portes, d’autres vendent des vêtements en liquidation et les bannières restantes ne sont pas au sommet de leur gloire…

Puis, la portion de la rue Saint-Jean comprise dans le quartier Saint-Jean-Baptiste concentre plusieurs commerces indépendants tels que Séraphin, Roba & Casso ou Kolchic. On y trouve autant de vêtements de designers québécois que de grandes marques renommées. La clientèle de ce secteur apparaît plutôt locale ou régionale.

Autres caractéristiques :

- Près de la moitié des commerces sont indépendants ou possèdent au plus une autre succursale. Cette proportion est supérieure aux centre commerciaux où les bannières dominent nettement.
- Plus de 20 % des commerces vendent des produits haut-de-gamme qui s’adressent peu à la population locale.
- Le street wear, plus populaire auprès des jeunes, semble sous-représenté par rapport aux commerces offrant des tenues de ville s’adressant à une clientèle plus âgée.
- Près du quart des commerces vendent des chaussures, un secteur déjà bien représenté!
- L’offre de vêtements pour enfants est fortement limitée.

Conclusion

La rue Saint-Jean demeure le principal lieu où magasiner ses vêtements au centre-ville. L’offre y est variée grâce à la présence de commerces indépendants et de grandes chaînes, certains étant spécialisés dans divers domaines (sport, mode gothique, chaussure, créations locales, etc.). Le principal défi de la rue Saint-Jean sera de se renouveler pour répondre aux goûts vestimentaires d’aujourd’hui. L’arrivée de nouvelles bannières apparaît nécessaire, plusieurs commerces affichant des signes de vieillissement évidents. La rétention de la population habitant à distance de marche (plus ou moins 50 000 personnes) constitue également un enjeu. Il est étonnant qu’on trouve si peu de commerces pour un secteur aussi peuplé et accueillant des millions de touristes annuellement…

Dans un prochain article : la rue Saint-Joseph.

S’habiller à Québec sans sortir du centre-ville ? 1ère partie

Ne se le cachons pas, l’urbain moyen a besoin de linge… de beaucoup de linge! Des vêtements pour aller travailler, d’autres pour sortir, puis ceux pour aller courir qui ne sont pas les mêmes que ceux pour le vélo et qui ne suffisent plus lorsqu’il faut porter un manteau (qui lui-même doit changer de format en fonction du climat). Et, ai-je parlé des souliers? En faisant la liste des vêtements que l’on porte, on réalise alors qu’il s’agit d’un poste budgétaire important.

La rue Saint-Joseph est redevenue en quelques années un pôle commercial intéressant où magasiner des vêtements. Le renouveau de l'offre vestimentaire au centre-ville provient largement de cette rue commerciale. Photo : SaQC

La rue Saint-Joseph est redevenue en quelques années un pôle commercial intéressant où magasiner des vêtements. Le renouveau de l’offre vestimentaire au centre-ville provient largement de cette rue commerciale. Photo : SaQC

L’emplacement où tous ces vêtements sont achetés peut donc avoir un impact réel sur le développement d’un quartier ou encore engendrer des fuites commerciales importantes pour un autre. L’idée de s’habiller localement fait d’ailleurs son chemin chez un nombre grandissant de consommateurs. Certains vont même plus loin en favorisant les vêtements fabriqués localement par opposition aux grandes chaînes implantées à proximité de chez soi. Pour la plupart toutefois, les deux peuvent cohabiter…

Peut-on se vêtir pour toutes les occasions sans sortir du centre-ville de Québec? Survivre à Québec s’est posé la question et propose humblement l’analyse suivante sur l’offre vestimentaire de la Capitale.

D’abord, il importe de comprendre le mode de vie du commerce vestimentaire. Pour tenir boutique de manière durable, il faut se faire accepter de la meute et accepter d’en faire partie. Autrement dit, il vaut mieux pour un commerçant d’être situé près de ses concurrents, tout en se trouvant un créneau sous-exploité qui viendra bonifier l’offre d’un quartier. Comme dans une meute, certains commerces dominent outrageusement la concurrence, mais leur présence assure l’achalandage des plus petits joueurs qui en tirent profit.

Au centre-ville de Québec, deux pôles s’affrontent depuis quelques années maintenant : la rue Saint-Jean et la rue Saint-Joseph. L’avenue Cartier constitue quant à elle un pôle secondaire. Hors de ces trois secteurs, l’offre vestimentaire est très réduite. L’achalandage commercial des deux principaux pôles est assuré par d’importantes bannières, soit Simons dans le cas de la rue Saint-Jean et Moutain Equipment Coop ainsi que Urban Outfitters pour la rue Saint-Joseph.

L’offre vestimentaire des chacun des pôles apparaît relativement diversifiée (même sur Cartier), mais cet équilibre est plutôt précaire. Tant en Haute-Ville qu’en Basse-Ville, il est possible de trouver des vêtements pour le travail, des boutiques de « streetwear », des magasins de plein air, des vêtements pour enfants et des boutiques de chaussures; le tout dans un certain amalgame de commerces indépendants, de bannières et de designers locaux.

Cependant, dans plusieurs cas, la fermeture d’une seule boutique pourrait presque entraîner la disparition d’un créneau précis, ce qui affaiblit toute la structure commerciale. Il est par ailleurs plus intéressant d’avoir du choix. Par exemple, il peut être rassurant, lorsqu’on cherche un produit, d’aller à un endroit où quelques boutiques différentes sont susceptibles de l’offrir.

Quel est le portrait de l’offre commerciale à Québec? Quelles sont les forces et les faiblesses de chacun de ces secteurs? À suivre…

Parc régional des Appalaches : sentier des Orignaux et montagne Grande Coulée

L’avantage de vivre à Québec, c’est de pouvoir en sortir rapidement. Ce fameux postulat, très cher à mes yeux, s’est une fois de plus avéré lors d’une énième sortie dans le parc régional des Appalaches. Cette fois, je suis parti avec quelques amis à la découverte du secteur Grande Coulée. Retour sur une autre fin de semaine ponctuée de nature, de silence et de défi sportif.

Ce secteur du parc régional des Appalaches est situé au sud de Saint-Paul-de-Montminy, quelque peu à l’est du parc régional du Massif du Sud. On y trouve le plus haut sommet du parc, la montagne Grande Coulée (853 mètres), la montagne de la Rolette (environ 685 mètres), le splendide lac Long et son décor boréal, de même que la rivière aux Orignaux et ses cascades. Tous ces attraits sont reliés entre eux par un sentier de 17 kilomètres auquel on peut accéder en différents points.

La montagne de la Rolette n'est en réalité qu'une petite colline à l'ombre de la montagne Grande Coulée. Toutefois, elle offre une vue dégagée à son sommet en direction du mont Sugarloaf. Photo : SaQC

La montagne de la Rolette n’est en réalité qu’une petite colline à l’ombre de la montagne Grande Coulée. Toutefois, elle offre une vue dégagée à son sommet en direction du mont Sugarloaf. Photo : SaQC

Lors de notre sortie, nous avons opté pour une randonnée de 13,5 kilomètres de l’accueil Rivière aux Orignaux jusqu’au refuge du Sommet sur la montagne Grande Coulée, le retour s’effectuant par le même chemin le lendemain. Un beau défi physique avec tout l’équipement nécessaire à transporter et le dénivelé positif d’environ 500 mètres à l’aller…

Cette randonnée débute par la traversée d’un immense étang rehaussé par les castors. Les panoramas y sont tout simplement renversants. À quelques centaines de mètres, sur une colline peuplée d’érable, le petit refuge de l’Étang attend les couples en quête de quiétude. Par la suite, le sentier devient plus étroit et s’enfonce dans les milieux humides où les résineux dominent nettement. Les pistes de chevreuils et orignaux abondent à cet endroit et la présence de caches indique que ce milieu giboyeux est connu des chasseurs.

Le sentier des Orignaux porte bien son nom puisqu'il traverse plusieurs milieux humides appréciés du célèbre cervidé (un peu moins des randonneurs qui marchent parfois dans le sol spongieux). À proximité du stationnement, ce magnifique plan d'eau accueille les randonneurs encore peu nombreux dans cette portion du parc. Photo : SaQC

Le sentier des Orignaux porte bien son nom puisqu’il traverse plusieurs milieux humides appréciés du célèbre cervidé (un peu moins des randonneurs qui marchent parfois dans le sol spongieux). À proximité du stationnement, ce magnifique plan d’eau accueille les randonneurs encore peu nombreux dans cette portion du parc. Photo : SaQC

À deux kilomètres de la voiture, on rejoint sans trop d’effort la petite rivière aux Orignaux qui paraît surgir d’une nature inviolée. Son lit rocailleux et ses petites cascades cisaille la forêt. On s’arrêterait toute la journée à la cascade des Orignaux où une halte couverte est aménagée. Un peu plus loin, un petit relais attend les promeneurs. N’oublions pas que nous sommes dans un parc régional aux infrastructures très élaborées!

La cascade des Orignaux constitue un point d'arrêt obligé. À cet endroit, la rivière des Orignaux s'engouffre dans un petit canyon de roche inclinées. Photo : SaQC

La cascade des Orignaux constitue un point d’arrêt obligé. À cet endroit, la rivière aux Orignaux s’engouffre dans un petit canyon de roche inclinées. Photo : SaQC

La rivière devient ensuite un lac retenu grâce à un barrage qui paraît presque patrimonial avec ses mécanismes rouillés. C’est la portion la plus sauvage du lac Long qui s’offre alors à nous. Une halte couverte offre un bel emplacement pour dîner au bord de l’eau. Environ 250 mètres plus loin, le refuge du lac Long permet de loger 6 personnes. Le lac est à plus ou moins 5 kilomètres de notre point de départ (une belle randonnée pour les familles). À l’autre bout du lac, les luxueux (mais abordables) chalets d’Esker Nature permettent de séjourner sur place et d’accéder au réseau de sentiers. Pour y avoir déjà séjourné, je vous les recommande fortement.

Le lac Long est en fait composé de trois parties distinctes reliées entre elles, dont une section centrale bordée de chalet. À l'extrémité ouest, on n'y trouve qu'une seule construction, soit un refuge offert en location par le Parc. On y trouve également quelques sites de camping rustique. Photo : SaQC

Le lac Long est en fait composé de trois parties distinctes reliées entre elles, dont une section centrale bordée de chalets. À l’extrémité ouest, on n’y trouve qu’une seule construction, soit un refuge offert en location par le Parc. On y trouve également quelques sites de camping rustique. Photo : SaQC

Après un arrêt bien mérité, nous avons poursuivi notre douce aventure en direction de notre refuge. En quittant le lac Long, on aperçoit les traces laissées par les tornades qui ont frappé Saint-Fabien-de-Panet à l’été 2014 : des dizaines et des dizaines d’arbres matures couchés par le vent. Le parc aurait tout intérêt à en faire l’interprétation car les dégâts sont saisissants. Les kilomètres suivants, le sentier grimpe doucement la montagne de la Rolette en passant par quelques collines isolées. Cette portion offre peu de points d’intérêt. Notre effort est récompensé en arrivant à la Rolette où une antenne (météo?) trône au sommet. On peut y observer une vaste partie de la région en direction du mont Sugarloaf à l’autre bout du parc. À peine quelques pas de plus et on aperçoit enfin la montagne Grande Coulée qui nous paraît cependant encore loin.

En quittant la Rolette, il faut redescendre jusqu’à un chemin forestier que l’on emprunte sur quelques centaines de mètres. Le sentier reprend abruptement sa course vers le sommet où plusieurs montées plus techniques (avec cordes) nous attendent. Plus de 250 mètres nous séparent du sommet sur une distance de 2,5 kilomètres. Nous arrivons finalement en haut à la tombée du jour, résignés à finir notre route avec nos lampes frontales.

La montagne Grande Coulée offre plusieurs points de vue en direction nord. Par temps clément, les montagnes de Charlevoix encadrent l'horizon. Le refuge du Sommet est accessible aux randonneurs le jour et mis en location la nuit contrairement aux autres refuges fermés à clé. Photo : SaQC

La montagne Grande Coulée offre plusieurs points de vue en direction nord. Par temps clément, les montagnes de Charlevoix encadrent l’horizon. Le refuge du Sommet est accessible aux randonneurs le jour et mis en location la nuit contrairement aux autres refuges fermés à clé. Photo : SaQC

La montagne Grande Coulée est un ancien centre de ski alpin, fermé en 1999. Il en reste peu de traces aujourd’hui, si ce n’est la présence occasionnelle d’une ancienne piste où la végétation achève de reprendre ses droits et la présence de l’Appalaches Lodge au pied de la montagne. Le sommet boisé de cette montagne offre peu de points de vue, mais les percées visuelles vers le nord y sont remarquables. D’ailleurs, la vue à partir du refuge le Sommet justifie tous les efforts nécessaires pour s’y rendre. Le lendemain, le retour sur nos pas s’est effectué rondement puisque le trajet inverse se fait essentiellement en descente. Une belle récompense!

Québec de A à Z : rue Bourdages, la banlieue dans la ville

On imagine bien la rue Bourdages, le dimanche, envahie par de jeunes familles sortant la poussette de la voiture pour rendre visite à des grands-parents fraîchement retraités, venus vivre ici pour profiter de la vie en ville dans un îlot de quiétude bercé par la rivière Saint-Charles. Coincé entre Saint-Sauveur, Vanier et Limoilou, ce quartier affiche une richesse insoupçonnée lorsqu’on passe devant l’enfilade de restaurants rapides du boulevard Wilfrid-Hamel.

La rue Bourdages dessert avant tout les Jardins Rive Gauche, un imposant ensemble de plus de 300 copropriétés et de 42 maisons en rangées. L'architecture des phases les plus récentes se distingue par ses larges terrasses courbées. Photo : SaQC

La rue Bourdages dessert avant tout les Jardins Rive Gauche, un imposant ensemble de plus de 300 copropriétés et de 42 maisons en rangées. L’architecture des phases les plus récentes se distingue par ses larges terrasses courbées. Photo : SaQC

Ce secteur isolé est longtemps demeuré agricole et marquait la transition entre le quartier Limoilou et une lointaine banlieue d’abord nommée Québec-Ouest, puis Vanier dans les années 1960. Depuis, des aménagements modernes ont complété le tissu urbain des environs. Dans un premier temps, par la construction de Place Fleur-de-Lys, l’arrivée du siège social de la CSST et l’Institut de Réadaptation en Déficience Physique de Québec (centre François-Charron), et ensuite par différents projets domiciliaires tournés vers la rivière Saint-Charles qu’on ne cesse d’embellir. D’ailleurs, les résidences qu’on y construit sont de plus en plus luxueuses.

On rencontre rarement ce type de maisons en rangées à Québec, encore plus rarement à quelques pas du centre-ville. Ces maisons de bonne taille font également partie des Jardins Rive Gauche et se vendent actuellement à plus de 400 000 $. Photo : SaQC

On rencontre rarement ce type de maisons en rangées à Québec, encore plus rarement à quelques pas du centre-ville. Ces maisons de bonne taille font également partie des Jardins Rive Gauche et se vendent actuellement à plus de 400 000 $. Photo : SaQC

Il en résulte un quartier où de grosses maisons en rangées côtoient de petites tours résidentielles offrant une vue sur la ville et d’autres copropriétés de dimension plus modeste. L’espace y est un peu fuyant tant les rues sont larges et les parterres avant omniprésents. La présence de la rivière et de son parc linéaire draine un flot de promeneurs et rehausse indéniablement la qualité de vie des résidents. Cet ensemble n’est pas sans rappeler l’Ile des Soeurs qui fait partie de l’arrondissement Verdun à Montréal. À la différence, qu’ici, l’eau ne coule que d’un côté.

Il y a encore des terrains vacants aux Jardins Rive Gauche. Les promoteurs de ce projet y développent le quartier de façon prudente, une phase à la fois. Photo : SaQC

Il y a encore des terrains vacants aux Jardins Rive Gauche. Les promoteurs de ce projet y développent le quartier de façon prudente, une phase à la fois. Photo : SaQC

La rue Bourdages ne fait pas vraiment partie de la ville qui l’entoure. Pour plusieurs personnes vivant dans les quartiers populaires environnants, ce secteur symbolise peut-être l’opulence de la banlieue : les vastes terrasses, les cours aménagées, les voitures dans le garage… Pour d’autres, il s’agit probablement d’un ancêtre de l’écoquartier à bâtir de l’autre côté de la rivière… à quelques nuances près!

La partie ouest de la rue Bourdages rejoint le boulevard Wilfrid-Hamel. Plusieurs projets résidentiels ont vu le jour et sont implantés de façon moins soignée. Le plus souvent, de petits immeubles sont construits en demi-cercle autour d'un stationnement. Les résidents sont ainsi coupés de la rue. Photo : SaQC

La partie ouest de la rue Bourdages rejoint le boulevard Wilfrid-Hamel. Quelques projets résidentiels y ont vu le jour et sont implantés de façon moins soignée qu’aux Jardins Rive Gauche. Le plus souvent, de petits immeubles sont construits en demi-cercle autour d’un stationnement. Les résidents sont ainsi coupés de la rue. Photo : SaQC

Visites gourmandes de Québec : Découvrir Saint-Roch par son estomac!

Qu’on en commun le quartier Saint-Roch, une visite touristique et des arrêts gourmands? Rien, jusqu’à ce qu’une jeune entreprise mette sur pied un circuit alliant découverte du quartier le plus dynamique en ville et rencontre de commerçants passionnés du domaine alimentaire : les Visites gourmandes de Québec.

L’idée d’Ismaël Ulvik et de Frédérik Nissen de mettre sur pied des visites gourmandes dans différents quartiers de Montréal et de Québec s’inspire de concepts similaires développés ailleurs et s’écarte du traditionnel tour guidé au même titre que les visites faites en jogging ou à vélo qu’on trouve désormais un peu partout. L’objectif d’une visite gourmande est simple, découvrir un quartier, bien manger et en apprendre un peu plus sur la vie locale tout en socialisant.

Sortir des sentiers battus, telle est la mission de la visite gourmande de Saint-Roch qui n'hésite pas à emprunter de petites rues où le quartier a su conserver une âme proche de ses racines ouvrières. Photo : SaQC

Sortir des sentiers battus : telle est la mission de la visite gourmande de Saint-Roch qui n’hésite pas à emprunter de petites rues où le quartier a su conserver une âme proche de ses racines ouvrières. Photo : SaQC

J’ai été invité par les initiateurs de ce projet à participer à la visite gourmande du quartier Saint-Roch, mise sur pied cet été en anglais exclusivement, et offerte à partir de cet automne en français pour un clientèle plus locale notamment. Cette tournée d’environ trois heures se fait en groupe de 4 à 16 personnes accompagné d’une guide fort sympathique et résidente du quartier. Vous avez entendu parlé de Saint-Roch, mais vous ne connaissez pas bien le quartier? L’histoire de Saint-Roch vous intrigue? Vous souhaitez-découvrir quelques bonnes adresses où manger? Vous êtes de nature curieuse? Cette sortie est pour vous. Si vous habitez à proximité et que vous connaissez déjà bien le secteur, cette visite n’est pas réellement pour vous, mais plutôt pour votre famille qui vient coucher chez vous et que vous devez divertir…

La visite débute invariablement à La Barberie où une bonne bière casse la glace et s’harmonise avec une soupe aux pois authentique. On apprend alors que Saint-Roch est avant tout un quartier populaire! La visite se poursuit avec quelques notions d’histoire et d’architecture. De quoi vivait-on au 19e siècle ici? En tout cas, certaines maisons, elles, s’en rappelleraient si elles pouvaient.

Deuxième arrêt, la maison de thé Camellia Sinensis où l’on apprend que le thé s’accorde bien avec les fromages. Saint-Roch sait aussi être tendance. Cet arrêt sera très apprécié en cette fin d’automne! En poursuivant sa route, la guide nous présente le caractère commercial du quartier, l’église Saint-Roch et sa relation particulière avec la gent canine ainsi que le coeur battant du quartier : la place de l’Université-du-Québec. Ce lieu de convergence où logent plusieurs institutions d’enseignement, des entreprises technologiques est également un carrefour d’opinions d’où émergent plusieurs mouvements contestataires. Demandez à la guide de vous en glisser un mot.

Le concept d'une visite gourmande permet également de régler la question fatidique du voyageur : quoi manger? C'est également l'occasion de visiter plusieurs établissements d'un seul coup. Il faut être ouvert d'esprit car on ne choisit pas le menu, mais on fait de belles découvertes comme ici chez Camellia Sinensis. Photo : SaQC

Le concept d’une visite gourmande permet également de régler la question fatidique du voyageur : quoi manger? C’est également l’occasion de visiter plusieurs établissements d’un seul coup. Il faut être ouvert d’esprit car on ne choisit pas le menu, mais on fait de belles découvertes comme ici chez Camellia Sinensis. Photo : SaQC

Nous sommes ensuite passés au restaurant le Clocher penché, véritable chouchou du quartier. On nous y sert un petit plat de saison accompagné d’un verre de vin d’importation privée. Encore une fois, l’accueil y est très attentionné et l’on se sent privilégié. Le personnel en salle prend le temps de présenter les produits et offre l’occasion d’interagir, de poser des questions, etc.

Les amateurs d'alcool sont bien servis lors de cette visite qui met à l'honneur les produits québécois. Les organisateurs ont clairement le souci de nous faire découvrir de bons produits tout en soutenant l'économie locale. Une belle façon de découvrir la ville! Photo : SaQC

Les amateurs d’alcool sont bien servis lors de cette visite qui met à l’honneur les produits québécois. Les organisateurs ont clairement le souci de nous faire découvrir de bons produits tout en soutenant l’économie locale. Une belle façon de découvrir la ville! Photo : SaQC

La visite se poursuit en direction de Saint-Sauveur, le quartier voisin, où l’on se rappelle notamment des événements tristes de 1918 lorsque l’armée ouvrît le feu sur des émeutiers contre la conscription. Tout près, le légendaire Pied Bleu nous attend pour notre dernier arrêt où Louis et son équipe font honneur à la convivialité renommée de Québec. Oui, le célèbre boudin de la maison est au menu!

Est-ce que la visite vaut le coût? Oui, assurément. On y mange suffisamment pour tenir l’après-midi, en plus de déguster de bons produits, et la visite guidée résume bien l’histoire et l’esprit du quartier Saint-Roch pour le néophyte qui ne sait par où aborder les lieux. Cette activité répond également aux principes du tourisme durable… sans autocar de luxe, boutique souvenirs et autres clichés!

Notez que ce tour risque encore d’évoluer et que les différents commerces visités peuvent changer.

L’art dans la rue, quand le privé s’en mêle…

Les projets résidentiels récents du quartier Saint-Roch intègrent de plus en plus l’art public lors de leur construction. Le 235, Saint-Vallier a fait les manchettes en annonçant en grande pompe l’intégration d’une oeuvre dans son hall d’entrée selon un processus similaire à la politique publique d’intégration des arts à l’architecture. Les premiers copropriétaires ont d’ailleurs pu faire le choix de l’oeuvre retenue.

Tout juste derrière ce nouvel immeuble, sur Christophe-Colomb, un petit projet de copropriétés a également opté pour l’ajout d’oeuvres artistiques en façade. Les trois blocs d’habitation composant ce nouveau bâtiment accueillent chacun une plaque numérique en aluminium peinte par Félix Girard, un artiste peintre de Québec. Les plaques représentent différentes scènes urbaines. Vous pouvez les visualiser ici.

Cette plaque numérique située au 273, rue Christophe-Colomb à Québec est également une oeuvre d'art qui agrémente cette rue tranquille. Les passants la découvre au hasard en circulant dans le quartier Saint-Roch. Deux autres plaques ont été réalisées dans ce projet. Photo : SaQC

Cette plaque numérique située au 273, rue Christophe-Colomb à Québec est également une oeuvre d’art qui agrémente cette rue tranquille. Les passants la découvre au hasard en circulant dans le quartier Saint-Roch. Deux autres plaques ont été réalisées dans ce projet. Photo : SaQC

Ce genre d’initiatives contribue indéniablement à la vitalité de la vie artistique de Québec, en plus de rehausser la qualité de vie de nos quartiers et de nos résidences.

Festival international du conte Jos Violon de Lévis : s’en faire conter des belles!

Depuis environ cinq ans, les organisateurs du festival international du conte Jos Violon de Lévis incluent à la programmation une soirée spéciale permettant de découvrir différents conteurs dans un lieu chargé d’histoire. Cette année encore, ce Labyrinthe de contes se tenait au lieu historique national du Canada du Chantier A.C. Davie face à la traverse Québec-Lévis.

Cet ancien chantier maritime du 19e siècle est un endroit tout désigné pour tenir une telle activité : une ancienne écurie en brique, une grande maison affichant quelques rides, une forge au bord du fleuve, etc. Les spectateurs étaient invités à circuler d’un bâtiment à l’autre pour découvrir l’ensemble des six conteurs prévus à l’horaire qui avaient chacun 15 minutes pour apprivoiser leur public et les transporter ailleurs…

Le festival, qui en est à sa onzième édition, célèbre cette année la couleur des mots, une thématique rendant hommage aux différents accents de la francophonie particulièrement audibles lors de cette soirée regroupant des conteurs de Québec, de Paspébiac, de Nouvelle-Écosse, des Cévennes et de Bretagne.  Il en résulte un heureux voyage où chacun raconte à sa façon son pays par l’entremise du conte, un art traditionnel à la structure et aux enseignements qui paraissent universels.

Décidément, le festival international du conte Jos Violon a tout pour charmer par sa qualité, sa convivialité et son intimité, particulièrement lors du Labyrinthe de contes où il n’y avait pas plus d’une dizaine de spectateurs par conteur. Il y aurait d’ailleurs eu de la place pour davantage d’amateurs d’histoires improbables… Vous aimeriez si vous avez aimé Où tu vas quand tu dors en marchant.

Un petit extrait pour les curieux :

Québec de A à Z : l’automne sur Arago

Récit d’une promenade, rue Arago, dans le Saint-Roch des tanneurs. L’étroite voie pavée est assombrie par la nuit fraîchement tombée que seuls quelques lampadaires osent défier avec leurs timides faisceaux lumineux. De petits logements et quelques anciennes manufactures s’agrippent tant bien que mal aux trottoirs étroits et inclinés sous le poids de l’âge. Malgré l’évidente promiscuité typique des quartiers ouvriers, tant la rue que les intérieurs paraissent endormis par le retour des soirées froides d’automne.

Près de la Falaise Apprivoisée, une lumière bleue teinte la nuit d'un bleu contemporain comme pour marquer le renouveau d'un quartier dont les traces du passé refusent de s'effacer. Photo : SaQC

Près de la Falaise Apprivoisée, une lumière bleue teinte la nuit d’un bleu contemporain comme pour marquer le renouveau d’un quartier dont les traces du passé refusent de s’effacer. Photo : SaQC

La rue Arago illustre bien l’essence de Québec : la proximité de la nature que le coteau Sainte-Geneviève prolonge jusqu’au centre-ville, une quiétude relative qui atteint son apogée durant les mois d’hiver, de beaux spécimens architecturaux entrecoupés de bâtiments banals rénovés avec peu de soin, de polis graffitis au pied d’un escalier interminable et un charme suranné prenant toute sa splendeur la nuit venue qui plaît bien aux nombreux « métalleux » de la Capitale.

Un souci évident apporté à certaines maison réconforte les passants qui peuvent regarder à la dérobée les intérieurs anciens du quartier. On s'y sent alors moins seuls au centre de la chaussée. Photo : SaQC

Un souci évident apporté à certaines maison réconforte les passants qui peuvent regarder à la dérobée les intérieurs anciens du quartier. On s’y sent alors moins seuls au centre de la chaussée. Photo : SaQC

Brute, bigarrée, mais belle. Telle est ma perception de la rue Arago, le coeur du premier quartier industriel de Québec, oubliée pendant plusieurs décennies, puis incubateur du renouveau de Saint-Roch. Véritable tanière des artistes qui ont su insuffler une nouvelle vocation à l’îlot des tanneurs tout autour. On pourrait poursuivre encore longtemps cet ode à la Basse-Ville, mais la promenade s’achève ici, au pied de la côte Salaberry, là où Arago Est devient Arago Ouest…

La dernière "shop" de la rue Arago en est une d'idées. Grâce aux arts et au design, Saint-Roch semble avoir trouvé sa seconde peau... Photo : SaQC

La dernière « shop » de la rue Arago en est une d’idées. Grâce aux arts et au design, Saint-Roch semble avoir trouvé sa seconde peau… Photo : SaQC

Montagne des Roches : une forêt pour tous ?

Ce printemps, Survivre à Québec lançait l’idée de créer un sentier pédestre reliant le secteur de Lac-Saint-Charles au Centre de plein air de Beauport en passant par l’immense zone boisée séparant Beauport et Charlesbourg de Lac-Beauport mieux connue sous le nom de Montagne des Roches. Ce sentier ouvrirait le territoire aux randonneurs qui pourraient ainsi découvrir plusieurs attraits naturels du nord de la ville tels que le lac des Roches et la montagne des Trois-Sommets.

La montagne des Trois-Sommets sépare la municipalité de Lac-Beauport de la Ville de Québec. Son sommet culminant à près de 540 mètres surplombe la ville de Québec, à l'arrière de l'arrondissement de Beauport.

La montagne des Trois-Sommets sépare la municipalité de Lac-Beauport de la Ville de Québec. Son sommet culminant à près de 540 mètres surplombe la ville de Québec, à l’arrière de l’arrondissement de Beauport.

D’abord, notez que ce grand territoire forestier n’est pas ouvert au public puisqu’il est constitué de terres privées et que les cours d’eau alimentent une partie de la ville en eau potable, donc impossible de s’en approcher. Cependant, on y croise malgré tout beaucoup de gens qui s’adonnent à diverses activités (marche en forêt, vélo de montagne, VTT et motocross, etc.). Peu de gens semblent se soucier des affiches des ex-villes de Beauport et Charlesbourg interdisant de circuler dans les chemins.

Ceux qui préféreront agir en toute légalité doivent attendre l’hiver où Ski de fond Charlesbourg détient des droits de passage permettant de fréquenter le secteur à ski, en raquettes ou à pied. D’ailleurs, la montagne des Trois-Sommets est accessible en randonnée hivernale par un sentier de neige durcie totalisant plus de 6 km (aller seulement). En automne, malgré la fermeture du sentier La Ligne-d’Horizon à Lac-Beauport, la plupart des randonneurs accèdent à la montagne des Trois-Sommets par celui-ci.

Plusieurs petits lacs se dissimulent au creux des montagnes situées entre Québec et Lac-Beauport. Ces étendues d'eau alimentent une partie de Beauport et Charlesbourg en eau potable. Tout autour, de belles érablières peuplent les versants ensoleillés.

Plusieurs petits lacs se dissimulent au creux des montagnes situées entre Québec et Lac-Beauport. Ces étendues d’eau alimentent une partie de Beauport et Charlesbourg en eau potable. Tout autour, de belles érablières peuplent les versants ensoleillés.

Avec le succès que connaît le sentier linéaire de la rivière Saint-Charles et la promenade Samuel-de-Champlain, il apparaît évident que les Québécois(es) aiment la marche. La Ville de Québec devrait donc redoubler d’effort pour offrir à tous la possibilité de découvrir d’autres beaux secteurs de la ville.

À ce titre, le secteur de la Montagne des Roches ne manque pas de charme. Il reste peu d’endroits dans les limites de la ville aussi vastement boisés et la présence d’équipements d’approvisionnement en eau potable empêche tout développement de ce secteur. D’ailleurs, la majorité de ces terres est zonée pour fins de parc, de zone de conservation ou pour des activités forestières. L’implantation d’un sentier n’irait donc pas à l’encontre des règlements actuels.