Découverte macabre au cimetière Mount Hermon…

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Stèle inusitée située dans le cimetière Mount Hermon à Sillery. Photo : SaQC

L’hiver recouvre une fois de plus le cimetière Mount Hermon. Durant la saison froide, l’expression de la mort se révèle encore plus fortement sur ce vaste site clôturé, ignorant le mouvement de la ville autour. La froideur de cette immense nature morte n’est troublée que par quelques skieurs colorés qui s’élancent entre les stèles. Derrière leur passage, rien. Il ne reste que le vent qui fouette les branches des grands pins et nous, pauvres marcheurs à la recherche d’un passage secret inexistant longeant la falaise. Nos pas marqués par le craquement de la neige gelée maintes fois se font lents depuis que nous avons quitté l’allée centrale. Nous lisons les noms d’étrangers sur les pierres tombales qui rappellent le passé anglophone de notre ville. Certains monuments rivalisent avec celui élevé à la mémoire de Montcalm, rien de moins. Puis, à nos pieds, ce petit enfant figé dans la pierre. Plus d’un siècle nous sépare de sa naissance, mais la douleur ressentie par ses parents semble nous parvenir encore…

Expo Québec, la résurrection…

Expo Québec est sur la corde raide. L’insuccès des dernières éditions de cet événement centenaire, jadis considéré comme LA foire des foires agricoles du Québec, a de nouveau ouvert le débat sur la formule à adopter pour rajeunir la programmation. Même la question de la pertinence de cet événement a été abordée.

À mon avis, l’agonie d’Expo Québec était déjà prévisible avant qu’on ne lui porte le coup de grâce des dernières éditions. La présence d’autant de « voireux », comme l’a souligné Beauce Carnaval, aurait dû éveiller des soupçons. Cette clientèle y trouvait-elle réellement son compte? Moi, pas. Après avoir donné une nouvelle chance quelques fois à l’Expo, j’ai préféré déserter pour de bon.

Photo : flickr.com

Photo : flickr.com

Depuis longtemps déjà, on avait dilué et commercialisé à outrance le produit en intégrant moult activités sans lien avec la raison d’être de ce qui aurait dû rester une foire agricole. L’occasion où la campagne entrait en ville, avec fierté s’il-vous-plaît! En inondant la place de kiosques de commanditaires, de démonstrations culinaires à rabais, de ballades en 4X4 dans la bouette urbaine et autres dérives, la fête a pris une tournure grotesque. Une foire agricole a beau être un événement populaire, certaines activités devenaient plutôt grossières et à la limite du concours de rots de Canada Dry…

Expo Québec a tout simplement vieillit pour se transformer en mononcle sans retenue. Voulant rester jeune, l’événement s’est alors débarrassé de tout ce qui trahit son âge, en commençant par le volet agricole évidemment. Comme si l’agriculture était une pratique traditionnelle à classer dans le même rayon que le rigodon et la raquette en babiche.

Les organisateurs ont alors commis une erreur de positionnement en croyant que les multiples clientèles qu’il visait auparavant accepteraient de se faire imposer une nouvelle formule axée sur l’émotion forte, l’inusité et les gros bras. Qu’arrive-t-il lorsqu’on cible une clientèle réduite? On a une clientèle réduite. Il faut alors le prévoir dans son montage financier, évidemment. D’où les problèmes de rentabilité.

Expo Québec se trouve maintenant à la croisée des chemins et les organisateurs ont devant eux deux options :

  • Conserver la mission première de l’événement, soit de promouvoir l’agriculture. Un sujet tendance qui saurait sûrement trouver une clientèle nombreuse, jeune ou moins jeune. Même les jeunes urbains rêvent d’agriculture urbaine, un concept inconnu de Régis Labeaume, mais connu ailleurs dans le monde. On pourrait y faire des jugements d’animaux comme avant, améliorer l’axe agroalimentaire en impliquant davantage les foodies de Québec et les producteurs locaux, démystifier davantage le métier d’agriculteur et son rôle dans la société, initier les gens de Québec à l’agriculture urbaine, etc. Parmi les activités extrêmes, on pourrait donner la chance aux gens des villes de faire quelques labours avec un vrai tracteur! Le typique volet fête foraine, avec ses odeurs sucrées et ses ampoules colorées, pourrait facilement s’associer à cette formule proche de la tradition pour contenter les familles. Bref, maintenir la tradition en l’actualisant pour qu’elle reflète les valeurs d’aujourd’hui… Il est toutefois trop tard pour la finale provinciale des jugements d’animaux, Montmagny ayant profité du vide des dernières années.
  • Poursuivre la transformation amorcée et faire d’Expo Québec une fête foraine digne de ce nom. Les organisateurs pourraient ainsi profiter de l’absence d’un véritable parc d’attraction dans la région. Ajouter quelques activités loufoques à une flopée de manèges semble toutefois insuffisant. Expo Québec pourrait notamment s’associer au Village Vacances Valcartier pour ajouter un volet aquatique à l’événement. Le classique concours de châteaux de sable aurait l’air moins seul au milieu d’une plage urbaine!

Peu importe la formule retenue pour les années à venir, les organisateurs doivent s’attendre à devoir reconstruire la crédibilité de l’événement. Une réflexion sur les valeurs premières de l’Expo s’impose. Organise-t-on cette fête uniquement pour le profit, pour atteindre l’achalandage record? Pour sauver l’esprit de cette foire, les organisateurs devront à tout le moins prévoir une programmation diversifiée pour conserver le caractère populaire de l’événement sans tomber dans le « n’importe quoi » et offrir une expérience abordable tout en offrant un produit de qualité. Un beau défi en perspective!

Les pelletées de terre – quelques projets (21)

Alors que l’économie de Québec tournerait désormais au ralenti, voici quelques nouveautés qui méritent qu’on s’y attarde un instant :

- Buvette Scott
Enfin, une nouvelle enseigne dans l’ancienne Taverna de la rue Scott. Le petit local discret du quartier Saint-Jean-Baptiste semble avoir trouvé chaussure à son pied avec ce nouveau restaurant qui offre les bières de microbrasseries, les vins d’importation et son menu réconfortant à des prix défiant toute austérité! Une boustifaille originale et locale ainsi qu’une ambiance vintage en prime… Survivre à Québec ira certainement faire un tour sous peu.

- Prochain arrêt…
Le RTC effectuait récemment le lancement de son système Nomade. Nous sommes encore loin d’avoir accès à l’ensemble des fonctionnalités de Nomade (bornes aux abribus, temps d’attente réel, gestion des feux de circulation, etc.). Pour le moment seuls les écrans annonçant les prochains arrêts fonctionnent, et ce uniquement dans les Métrobus 802 et 803. Petite déception : ces mêmes écrans annoncent depuis plus d’un an qu’on saura dans combien de temps nous arriverons à destination (par exemple, prochain arrêt 3 minutes), ce qui n’est pas vrai actuellement. L’écran ne fait qu’afficher les arrêts et une douce voix nous annonce la prochaine station. Pourquoi alors ne pas avoir implanté ce système d’abord sur les Métrobus à plus fort achalandage touristique? Fait à noter, la Société de transport de Lévis implante présentement le même type d’infrastructure. On apprend donc beaucoup de nouveaux noms d’arrêt par les temps qui courent…

- Dose bar à café
Dans un petit local attenant au Benjo, où un bar à jus a tenté sa chance l’an dernier, se trouve désormais un bar à café qui tentera de se démarquer de ces concurrents par une approche plus haut-de-gamme non sans rappeler celle des maisons de thé qui ont pignon sur rue un peu partout. Le local aux accents de blanc et de bois clair n’attire pas vraiment l’œil du passant. Pour les amateurs convaincus…

Noël approche!

Les décorations de Noël sont installées depuis quelque temps. Il ne manquait plus que le tapis blanc pour marquer définitivement le début du temps des Fêtes. C'est maintenant chose faite comme en témoigne cette scène prise le 3 décembre à Limoilou. Photo : SaQC

Les décorations de Noël sont installées depuis quelque temps. Il ne manquait plus que le tapis blanc pour marquer définitivement le début du temps des Fêtes. C’est maintenant chose faite comme en témoigne cette scène prise le 3 décembre à Limoilou. Photo : SaQC

S’habiller à Québec sans sortir du centre-ville ? 3e partie

Dernière partie de cette série d’articles où Survivre à Québec tentait une brève analyse de l’offre vestimentaire au centre-ville de Québec. En marge de la rue Saint-Jean (voir l’article précédent), la rue Saint-Joseph connaît une renaissance évidente depuis le retrait du toit du mail Centre-Ville où la mode et le design occupent une place de choix. Cette artère commerciale constitue désormais un second pôle économique au centre-ville qui attire son lot de passants.

Rue Saint-Joseph : des acquis fragiles?

Le secteur commercial de la rue Saint-Joseph s’étire actuellement de la rue Caron aux Façades de la Gare. Historiquement, cette section de rue accueillait également les grands magasins qui ont fait la renommée de Saint-Roch jusqu’aux années 1960. De cette belle époque, il ne reste probablement que Laliberté… et la pharmacie Brunet. Le renouveau commercial de la rue Saint-Joseph est passablement attribuable aux efforts de GM Développement qui y possède quantité d’immeubles et qui loue ses locaux stratégiquement à des commerces exclusifs à Québec. Il en résulte donc une offre particulière…

En effet, les commerces spécialisés comptent pour la moitié de l’offre commerciale de Saint-Roch. On parle ici de boutiques offrant des vêtements de designers comme Philippe Dubuc, de commerces de vêtements de sport tels que Moutain Equipment Coop ou encore de commerces offrant des vêtements de type streetwear  tels que EXO ou Teaspoon. À l’opposé, les généralistes offrant des vêtements au plus large dénominateur commun sont plutôt rares.

La faible présence de grandes chaînes explique sans doute en partie cette (sur)spécialisation commerciale. De plus, les bannières présentes, à l’exception peut-être de Mango, offrent elles-mêmes des produits s’adressant à une clientèle précise. Par exemple, Urban Outfitters cible une clientèle assez circonscrite… La concentration de commerces indépendants de la rue Saint-Joseph (80%) est donc aux antipodes de celle observée dans les centres commerciaux.

Enfin, la proportion de commerces haut-de-gamme apparaît nettement disproportionnelle au pouvoir d’achat de la clientèle locale. Les commerces de Saint-Roch s’adressent encore plus que ceux du Vieux-Québec à une clientèle argentée (plus du tiers des commerces de Saint-Roch contre un cinquième sur Saint-Jean). Plusieurs commerçants cibleraient donc une clientèle occasionnelle qui doit provenir d’un vaste marché provenant de l’ensemble de la région et du tourisme.

Quelques autres caractéristiques :

- Environ le tiers des commerces de la rue Saint-Joseph vendent des chaussures. Toutefois, les styles et les usages varient beaucoup d’un commerce à l’autre;
– Personne ne vend de vêtements bas de gamme dans Saint-Roch ou de commerces de type « outlet », à l’exception des friperies du quartier.

Conclusion

On ne trouve qu’environ 20 commerces vestimentaires sur la rue Saint-Joseph. C’est très peu pour attirer la clientèle tant désirée par les commerçants : une clientèle de niche qui possède les moyens de s’offrir des produits exclusifs et qui doit donc provenir de l’ensemble de la région ou encore une clientèle touristique. Combien de gens sont prêts à faire 30 minutes, voire une heure, de voiture pour si peu de choix? La proximité de la rue Saint-Jean aide peut-être à compléter l’offre au centre-ville. Les deux rues réunies totalisent environ 60 magasins.

Ces commerces ont beau être exclusifs, ils demeurent en concurrence avec les autres détaillant de la région… Des concurrents féroces comme Place Ste-Foy ont beaucoup à offrir sous un même toit et se trouvent plus près de la clientèle cible des Dubuc, Uni(T) et Fluevog de Saint-Roch.

On a beaucoup entendu qu’attirer de nouveaux résidents dans Saint-Roch augmenterait l’achalandage commercial. Serait-ce vrai pour les détaillants de vêtements? On peut en douter. L’augmentation de l’offre commerciale et l’implantation de quelques grands joueurs de la mode aurait probablement un effet plus direct sur la fréquentation de la rue Saint-Joseph. Il reste d’ailleurs plusieurs beaux locaux à occuper. Comme pour la rue Saint-Jean, la rétention de la clientèle des quartiers voisins constitue également une opportunité à saisir, pour peu qu’on s’y intéresse…

Craquer la croûte… au Café Crack Grill-Cheese

Je planifiais secrètement ma visite chez cet expert du sandwich au fromage fondu depuis son ouverture dans Limoilou, bien avant que tous les foodies de Québec ne s’y intéressent. Pourquoi n’y étais-je jamais allé? Je ne saurais dire, d’autant plus que mon ménage raffole de grilled cheese!

Le jour J est arrivé récemment, alors que nous avons profité d’une journée de magasinage urbain pour dîner dans ce populaire casse-croûte… car il faut bien nommer les choses par leur nom; le Crack Grill-Cheese n’est pas un Relais & Château!

Café Crack Grill-Cheese. En plus du restaurant, ce local sert également d'épicerie où l'on peut rapporter le fromage de et les viandes de son grilled cheese chez soi... Photo : www.facebook.com/CafeCrackGrillCheese

Café Crack Grill-Cheese. En plus du restaurant, ce local sert également d’épicerie où l’on peut rapporter le fromage et les viandes de son grilled cheese chez soi… Photo : http://www.facebook.com/CafeCrackGrillCheese

Le menu renferme certains sandwiches élevés au rang de classiques par une clientèle fidèle qui n’hésite pas à faire connaître sa satisfaction sur Facebook. D’autres créations plus éphémères semblent également offertes. Contrairement à mes attentes, on ne vient pas nécessairement ici pour les aubaines (j’avais probablement en tête les grilled cheese de La Cuisine), car la construction d’un repas mène inévitablement à un 10-15$ bien investi. On comprendra pourquoi plus tard… Pour ce premier essai, nous commandons le Bacon, soit le grilled cheese de base de la maison agrémenté de bacon, le Prosciutto & Melon garni de cheddar 1 an et de Clos des Roches ainsi qu’une grosse portion de frites en accompagnement. Un repas de 20 $ pour deux avec verres d’eau locale (parfait, nous évitons les boissons sucrées!).

Sans nous faire sortir les yeux des orbites, les grilled cheese ont le mérite d’être de grande qualité et de taille convenable. On sent bien la présence d’ingrédients locaux et la recherche de saveurs harmonieuses dans les recettes. Tout en effet semble pensé, du choix de pain jusqu’aux sauces accrocheuses. Les frites, offertes en formats généreux, ont un petit quelque chose du McDo sans aspect industriel douteux. Est-ce dû à l’huile utilisée? Une formule gagnante dirons plusieurs… Bref, on en a pour son argent, d’autant plus que le restaurant lui-même est bien aménagé avec ses grandes fenêtres donnant une vue directe sur le Saint-Roch gourmand tout autour…

Café Crack Grill-Cheese : 199, rue Saint-Joseph Est, Québec. Coin Caron.

S’habiller à Québec sans sortir du centre-ville ? 2e partie

Dans un précédent article, Survivre à Québec débutait l’analyse de l’offre vestimentaire au centre-ville de Québec. En effet, l’emplacement où sont achetés nos vêtements peut avoir un impact réel sur l’économie d’un quartier considérant l’importance de ce poste budgétaire.

Au centre-ville de Québec, deux pôles se côtoient à nouveau depuis quelques années maintenant : la rue Saint-Jean et la rue Saint-Joseph. L’offre y paraît adéquate, mais cet équilibre est plutôt précaire puisque le nombre de boutiques différentes par créneau est limité dans plusieurs cas. Mais, qu’en est-il exactement?

Rue Saint-Jean : l’éternelle

Le secteur de la rue Saint-Jean, incluant également la côte de la Fabrique, concentre de nombreux commerces vestimentaires depuis longtemps. Holt Renfrew et la maison Simons y sont nés au 19e siècle. Aujourd’hui, l’achalandage commercial est évidemment assuré par la présence de Simons auquel se greffent de nombreuses boutiques de plus petite taille.

On y trouve environ 45 commerces vestimentaires, principalement concentrés à l’intérieur des murs du Vieux-Québec et à proximité de l’église Saint-Matthew dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. L’offre y est donc nettement moindre que dans les centres commerciaux les plus populaires de Québec. Trois créneaux principaux s’y côtoient, mais ont également tendance à se distribuer dans l’espace.

Il y a d’abord ces commerces haut-de-gamme, tels que Jourdain et Harricana, s’adressant à une clientèle touristique recherchant réconfort et tradition. Fourrures, laines et cuir s’y côtoient et les prix affichés ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Ces commerces ont tendance à se localiser près de l’hôtel de ville, soit au coeur du Vieux-Québec touristique.

Une portion centrale, entre la porte Saint-Jean et Simons, regroupe plusieurs chaînes de magasins telles que Le Château, Tristan, Aldo et Foot Locker. Les loyers pour cette portion de rue achalandée à l’année sont probablement plus élevés, ce qui favorise l’implantation de commerces renommés. Or, cette portion de rue semble s’essouffler depuis quelques années. À preuve, plusieurs commerces ont fermé leurs portes, d’autres vendent des vêtements en liquidation et les bannières restantes ne sont pas au sommet de leur gloire…

Puis, la portion de la rue Saint-Jean comprise dans le quartier Saint-Jean-Baptiste concentre plusieurs commerces indépendants tels que Séraphin, Roba & Casso ou Kolchic. On y trouve autant de vêtements de designers québécois que de grandes marques renommées. La clientèle de ce secteur apparaît plutôt locale ou régionale.

Autres caractéristiques :

- Près de la moitié des commerces sont indépendants ou possèdent au plus une autre succursale. Cette proportion est supérieure aux centre commerciaux où les bannières dominent nettement.
– Plus de 20 % des commerces vendent des produits haut-de-gamme qui s’adressent peu à la population locale.
– Le street wear, plus populaire auprès des jeunes, semble sous-représenté par rapport aux commerces offrant des tenues de ville s’adressant à une clientèle plus âgée.
– Près du quart des commerces vendent des chaussures, un secteur déjà bien représenté!
– L’offre de vêtements pour enfants est fortement limitée.

Conclusion

La rue Saint-Jean demeure le principal lieu où magasiner ses vêtements au centre-ville. L’offre y est variée grâce à la présence de commerces indépendants et de grandes chaînes, certains étant spécialisés dans divers domaines (sport, mode gothique, chaussure, créations locales, etc.). Le principal défi de la rue Saint-Jean sera de se renouveler pour répondre aux goûts vestimentaires d’aujourd’hui. L’arrivée de nouvelles bannières apparaît nécessaire, plusieurs commerces affichant des signes de vieillissement évidents. La rétention de la population habitant à distance de marche (plus ou moins 50 000 personnes) constitue également un enjeu. Il est étonnant qu’on trouve si peu de commerces pour un secteur aussi peuplé et accueillant des millions de touristes annuellement…

Dans un prochain article : la rue Saint-Joseph.

S’habiller à Québec sans sortir du centre-ville ? 1ère partie

Ne se le cachons pas, l’urbain moyen a besoin de linge… de beaucoup de linge! Des vêtements pour aller travailler, d’autres pour sortir, puis ceux pour aller courir qui ne sont pas les mêmes que ceux pour le vélo et qui ne suffisent plus lorsqu’il faut porter un manteau (qui lui-même doit changer de format en fonction du climat). Et, ai-je parlé des souliers? En faisant la liste des vêtements que l’on porte, on réalise alors qu’il s’agit d’un poste budgétaire important.

La rue Saint-Joseph est redevenue en quelques années un pôle commercial intéressant où magasiner des vêtements. Le renouveau de l'offre vestimentaire au centre-ville provient largement de cette rue commerciale. Photo : SaQC

La rue Saint-Joseph est redevenue en quelques années un pôle commercial intéressant où magasiner des vêtements. Le renouveau de l’offre vestimentaire au centre-ville provient largement de cette rue commerciale. Photo : SaQC

L’emplacement où tous ces vêtements sont achetés peut donc avoir un impact réel sur le développement d’un quartier ou encore engendrer des fuites commerciales importantes pour un autre. L’idée de s’habiller localement fait d’ailleurs son chemin chez un nombre grandissant de consommateurs. Certains vont même plus loin en favorisant les vêtements fabriqués localement par opposition aux grandes chaînes implantées à proximité de chez soi. Pour la plupart toutefois, les deux peuvent cohabiter…

Peut-on se vêtir pour toutes les occasions sans sortir du centre-ville de Québec? Survivre à Québec s’est posé la question et propose humblement l’analyse suivante sur l’offre vestimentaire de la Capitale.

D’abord, il importe de comprendre le mode de vie du commerce vestimentaire. Pour tenir boutique de manière durable, il faut se faire accepter de la meute et accepter d’en faire partie. Autrement dit, il vaut mieux pour un commerçant d’être situé près de ses concurrents, tout en se trouvant un créneau sous-exploité qui viendra bonifier l’offre d’un quartier. Comme dans une meute, certains commerces dominent outrageusement la concurrence, mais leur présence assure l’achalandage des plus petits joueurs qui en tirent profit.

Au centre-ville de Québec, deux pôles s’affrontent depuis quelques années maintenant : la rue Saint-Jean et la rue Saint-Joseph. L’avenue Cartier constitue quant à elle un pôle secondaire. Hors de ces trois secteurs, l’offre vestimentaire est très réduite. L’achalandage commercial des deux principaux pôles est assuré par d’importantes bannières, soit Simons dans le cas de la rue Saint-Jean et Moutain Equipment Coop ainsi que Urban Outfitters pour la rue Saint-Joseph.

L’offre vestimentaire des chacun des pôles apparaît relativement diversifiée (même sur Cartier), mais cet équilibre est plutôt précaire. Tant en Haute-Ville qu’en Basse-Ville, il est possible de trouver des vêtements pour le travail, des boutiques de « streetwear », des magasins de plein air, des vêtements pour enfants et des boutiques de chaussures; le tout dans un certain amalgame de commerces indépendants, de bannières et de designers locaux.

Cependant, dans plusieurs cas, la fermeture d’une seule boutique pourrait presque entraîner la disparition d’un créneau précis, ce qui affaiblit toute la structure commerciale. Il est par ailleurs plus intéressant d’avoir du choix. Par exemple, il peut être rassurant, lorsqu’on cherche un produit, d’aller à un endroit où quelques boutiques différentes sont susceptibles de l’offrir.

Quel est le portrait de l’offre commerciale à Québec? Quelles sont les forces et les faiblesses de chacun de ces secteurs? À suivre…

Parc régional des Appalaches : sentier des Orignaux et montagne Grande Coulée

L’avantage de vivre à Québec, c’est de pouvoir en sortir rapidement. Ce fameux postulat, très cher à mes yeux, s’est une fois de plus avéré lors d’une énième sortie dans le parc régional des Appalaches. Cette fois, je suis parti avec quelques amis à la découverte du secteur Grande Coulée. Retour sur une autre fin de semaine ponctuée de nature, de silence et de défi sportif.

Ce secteur du parc régional des Appalaches est situé au sud de Saint-Paul-de-Montminy, quelque peu à l’est du parc régional du Massif du Sud. On y trouve le plus haut sommet du parc, la montagne Grande Coulée (853 mètres), la montagne de la Rolette (environ 685 mètres), le splendide lac Long et son décor boréal, de même que la rivière aux Orignaux et ses cascades. Tous ces attraits sont reliés entre eux par un sentier de 17 kilomètres auquel on peut accéder en différents points.

La montagne de la Rolette n'est en réalité qu'une petite colline à l'ombre de la montagne Grande Coulée. Toutefois, elle offre une vue dégagée à son sommet en direction du mont Sugarloaf. Photo : SaQC

La montagne de la Rolette n’est en réalité qu’une petite colline à l’ombre de la montagne Grande Coulée. Toutefois, elle offre une vue dégagée à son sommet en direction du mont Sugarloaf. Photo : SaQC

Lors de notre sortie, nous avons opté pour une randonnée de 13,5 kilomètres de l’accueil Rivière aux Orignaux jusqu’au refuge du Sommet sur la montagne Grande Coulée, le retour s’effectuant par le même chemin le lendemain. Un beau défi physique avec tout l’équipement nécessaire à transporter et le dénivelé positif d’environ 500 mètres à l’aller…

Cette randonnée débute par la traversée d’un immense étang rehaussé par les castors. Les panoramas y sont tout simplement renversants. À quelques centaines de mètres, sur une colline peuplée d’érable, le petit refuge de l’Étang attend les couples en quête de quiétude. Par la suite, le sentier devient plus étroit et s’enfonce dans les milieux humides où les résineux dominent nettement. Les pistes de chevreuils et orignaux abondent à cet endroit et la présence de caches indique que ce milieu giboyeux est connu des chasseurs.

Le sentier des Orignaux porte bien son nom puisqu'il traverse plusieurs milieux humides appréciés du célèbre cervidé (un peu moins des randonneurs qui marchent parfois dans le sol spongieux). À proximité du stationnement, ce magnifique plan d'eau accueille les randonneurs encore peu nombreux dans cette portion du parc. Photo : SaQC

Le sentier des Orignaux porte bien son nom puisqu’il traverse plusieurs milieux humides appréciés du célèbre cervidé (un peu moins des randonneurs qui marchent parfois dans le sol spongieux). À proximité du stationnement, ce magnifique plan d’eau accueille les randonneurs encore peu nombreux dans cette portion du parc. Photo : SaQC

À deux kilomètres de la voiture, on rejoint sans trop d’effort la petite rivière aux Orignaux qui paraît surgir d’une nature inviolée. Son lit rocailleux et ses petites cascades cisaille la forêt. On s’arrêterait toute la journée à la cascade des Orignaux où une halte couverte est aménagée. Un peu plus loin, un petit relais attend les promeneurs. N’oublions pas que nous sommes dans un parc régional aux infrastructures très élaborées!

La cascade des Orignaux constitue un point d'arrêt obligé. À cet endroit, la rivière des Orignaux s'engouffre dans un petit canyon de roche inclinées. Photo : SaQC

La cascade des Orignaux constitue un point d’arrêt obligé. À cet endroit, la rivière aux Orignaux s’engouffre dans un petit canyon de roche inclinées. Photo : SaQC

La rivière devient ensuite un lac retenu grâce à un barrage qui paraît presque patrimonial avec ses mécanismes rouillés. C’est la portion la plus sauvage du lac Long qui s’offre alors à nous. Une halte couverte offre un bel emplacement pour dîner au bord de l’eau. Environ 250 mètres plus loin, le refuge du lac Long permet de loger 6 personnes. Le lac est à plus ou moins 5 kilomètres de notre point de départ (une belle randonnée pour les familles). À l’autre bout du lac, les luxueux (mais abordables) chalets d’Esker Nature permettent de séjourner sur place et d’accéder au réseau de sentiers. Pour y avoir déjà séjourné, je vous les recommande fortement.

Le lac Long est en fait composé de trois parties distinctes reliées entre elles, dont une section centrale bordée de chalet. À l'extrémité ouest, on n'y trouve qu'une seule construction, soit un refuge offert en location par le Parc. On y trouve également quelques sites de camping rustique. Photo : SaQC

Le lac Long est en fait composé de trois parties distinctes reliées entre elles, dont une section centrale bordée de chalets. À l’extrémité ouest, on n’y trouve qu’une seule construction, soit un refuge offert en location par le Parc. On y trouve également quelques sites de camping rustique. Photo : SaQC

Après un arrêt bien mérité, nous avons poursuivi notre douce aventure en direction de notre refuge. En quittant le lac Long, on aperçoit les traces laissées par les tornades qui ont frappé Saint-Fabien-de-Panet à l’été 2014 : des dizaines et des dizaines d’arbres matures couchés par le vent. Le parc aurait tout intérêt à en faire l’interprétation car les dégâts sont saisissants. Les kilomètres suivants, le sentier grimpe doucement la montagne de la Rolette en passant par quelques collines isolées. Cette portion offre peu de points d’intérêt. Notre effort est récompensé en arrivant à la Rolette où une antenne (météo?) trône au sommet. On peut y observer une vaste partie de la région en direction du mont Sugarloaf à l’autre bout du parc. À peine quelques pas de plus et on aperçoit enfin la montagne Grande Coulée qui nous paraît cependant encore loin.

En quittant la Rolette, il faut redescendre jusqu’à un chemin forestier que l’on emprunte sur quelques centaines de mètres. Le sentier reprend abruptement sa course vers le sommet où plusieurs montées plus techniques (avec cordes) nous attendent. Plus de 250 mètres nous séparent du sommet sur une distance de 2,5 kilomètres. Nous arrivons finalement en haut à la tombée du jour, résignés à finir notre route avec nos lampes frontales.

La montagne Grande Coulée offre plusieurs points de vue en direction nord. Par temps clément, les montagnes de Charlevoix encadrent l'horizon. Le refuge du Sommet est accessible aux randonneurs le jour et mis en location la nuit contrairement aux autres refuges fermés à clé. Photo : SaQC

La montagne Grande Coulée offre plusieurs points de vue en direction nord. Par temps clément, les montagnes de Charlevoix encadrent l’horizon. Le refuge du Sommet est accessible aux randonneurs le jour et mis en location la nuit contrairement aux autres refuges fermés à clé. Photo : SaQC

La montagne Grande Coulée est un ancien centre de ski alpin, fermé en 1999. Il en reste peu de traces aujourd’hui, si ce n’est la présence occasionnelle d’une ancienne piste où la végétation achève de reprendre ses droits et la présence de l’Appalaches Lodge au pied de la montagne. Le sommet boisé de cette montagne offre peu de points de vue, mais les percées visuelles vers le nord y sont remarquables. D’ailleurs, la vue à partir du refuge le Sommet justifie tous les efforts nécessaires pour s’y rendre. Le lendemain, le retour sur nos pas s’est effectué rondement puisque le trajet inverse se fait essentiellement en descente. Une belle récompense!

Québec de A à Z : rue Bourdages, la banlieue dans la ville

On imagine bien la rue Bourdages, le dimanche, envahie par de jeunes familles sortant la poussette de la voiture pour rendre visite à des grands-parents fraîchement retraités, venus vivre ici pour profiter de la vie en ville dans un îlot de quiétude bercé par la rivière Saint-Charles. Coincé entre Saint-Sauveur, Vanier et Limoilou, ce quartier affiche une richesse insoupçonnée lorsqu’on passe devant l’enfilade de restaurants rapides du boulevard Wilfrid-Hamel.

La rue Bourdages dessert avant tout les Jardins Rive Gauche, un imposant ensemble de plus de 300 copropriétés et de 42 maisons en rangées. L'architecture des phases les plus récentes se distingue par ses larges terrasses courbées. Photo : SaQC

La rue Bourdages dessert avant tout les Jardins Rive Gauche, un imposant ensemble de plus de 300 copropriétés et de 42 maisons en rangées. L’architecture des phases les plus récentes se distingue par ses larges terrasses courbées. Photo : SaQC

Ce secteur isolé est longtemps demeuré agricole et marquait la transition entre le quartier Limoilou et une lointaine banlieue d’abord nommée Québec-Ouest, puis Vanier dans les années 1960. Depuis, des aménagements modernes ont complété le tissu urbain des environs. Dans un premier temps, par la construction de Place Fleur-de-Lys, l’arrivée du siège social de la CSST et l’Institut de Réadaptation en Déficience Physique de Québec (centre François-Charron), et ensuite par différents projets domiciliaires tournés vers la rivière Saint-Charles qu’on ne cesse d’embellir. D’ailleurs, les résidences qu’on y construit sont de plus en plus luxueuses.

On rencontre rarement ce type de maisons en rangées à Québec, encore plus rarement à quelques pas du centre-ville. Ces maisons de bonne taille font également partie des Jardins Rive Gauche et se vendent actuellement à plus de 400 000 $. Photo : SaQC

On rencontre rarement ce type de maisons en rangées à Québec, encore plus rarement à quelques pas du centre-ville. Ces maisons de bonne taille font également partie des Jardins Rive Gauche et se vendent actuellement à plus de 400 000 $. Photo : SaQC

Il en résulte un quartier où de grosses maisons en rangées côtoient de petites tours résidentielles offrant une vue sur la ville et d’autres copropriétés de dimension plus modeste. L’espace y est un peu fuyant tant les rues sont larges et les parterres avant omniprésents. La présence de la rivière et de son parc linéaire draine un flot de promeneurs et rehausse indéniablement la qualité de vie des résidents. Cet ensemble n’est pas sans rappeler l’Ile des Soeurs qui fait partie de l’arrondissement Verdun à Montréal. À la différence, qu’ici, l’eau ne coule que d’un côté.

Il y a encore des terrains vacants aux Jardins Rive Gauche. Les promoteurs de ce projet y développent le quartier de façon prudente, une phase à la fois. Photo : SaQC

Il y a encore des terrains vacants aux Jardins Rive Gauche. Les promoteurs de ce projet y développent le quartier de façon prudente, une phase à la fois. Photo : SaQC

La rue Bourdages ne fait pas vraiment partie de la ville qui l’entoure. Pour plusieurs personnes vivant dans les quartiers populaires environnants, ce secteur symbolise peut-être l’opulence de la banlieue : les vastes terrasses, les cours aménagées, les voitures dans le garage… Pour d’autres, il s’agit probablement d’un ancêtre de l’écoquartier à bâtir de l’autre côté de la rivière… à quelques nuances près!

La partie ouest de la rue Bourdages rejoint le boulevard Wilfrid-Hamel. Plusieurs projets résidentiels ont vu le jour et sont implantés de façon moins soignée. Le plus souvent, de petits immeubles sont construits en demi-cercle autour d'un stationnement. Les résidents sont ainsi coupés de la rue. Photo : SaQC

La partie ouest de la rue Bourdages rejoint le boulevard Wilfrid-Hamel. Quelques projets résidentiels y ont vu le jour et sont implantés de façon moins soignée qu’aux Jardins Rive Gauche. Le plus souvent, de petits immeubles sont construits en demi-cercle autour d’un stationnement. Les résidents sont ainsi coupés de la rue. Photo : SaQC