Les marchés de Noël, une tradition en devenir…

Il est l’équivalent du marché public estival, mais on ne le trouve qu’à l’approche du temps des Fêtes. Véritable tradition en Europe, il est maintenant en voie de s’imposer au Québec. Il s’agit bien entendu du marché de Noël. À l’instar des marchés estivaux, les marchés de Noël permettent la vente de produits par circuits courts, tout en favorisant l’achat local et l’artisanat.

On y trouve notamment des produits des métiers d’art et des articles de décoration. Les vendeurs y offrent beaucoup d’objets qui, sans en faire la liste exhaustive, comprennent des bijoux, des objets en bois, des vêtements en laine, des savons artisanaux, des décorations de Noël, etc.

Les marchés de Noël comportent également un volet agroalimentaire où les produits du Québec sont à l’honneur. La plupart des producteurs offrent avant tout des produits du terroir comme des confitures, des vins et cidres, des champignons sauvages ou des rillettes et terrines. Certains marchés proposent également des produits frais qui demandent d’être réfrigérés ou congelés, par exemple des viandes, des charcuteries, des tartes maison, etc.

Les marchés de Noël n’ont pas pour unique fonction la vente de produits. Ils visent aussi l’animation des quartiers où ils sont implantés. Il y a donc un volet festif à ce type d’événement. Le visiteur est appelé à s’arrêter et à apprécier l’ambiance des lieux. Pour ce faire, les marchés de Noël sont implantés sur des sites privilégiés et sont soigneusement décorés. Des chorales ou des musiciens sont aussi présents et des espaces pour se réchauffer sont prévus. Enfin, plusieurs kiosques alimentaires permettent de socialiser autour d’un repas léger improvisé.

Enfin, l’organisation d’un marché de Noël permet aussi l’attraction d’une clientèle sujette à consommer dans les commerces de quartier environnants. Leur localisation n’est donc pas le fruit du hasard, puisque leur financement dépend souvent des commerçants du secteur.

Dans la région de Québec, les marchés de Noël sont désormais nombreux et ils sont très populaires. En voici quelques-uns :

Marché de Noël d’antan de Cap-Santé
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Le marché de Noël de Cap-Santé est l’un des plus anciens de la région. En 2016, il en était à sa 16e édition. Ce marché est également l’un des premiers en saison. Il se tenait cette année du 25 au 27 novembre. En plus des quelques 70 exposants qui étaient présents, ce marché se distingue par une animation continue comprenant une programmation musicale étoffée.

Marché de Noël allemand de Québec
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Le plus important marché du genre est évidemment celui qui se tient dans le Vieux-Québec depuis maintenant 9 ans. Ce marché de Noël n’est pas tellement plus allemand que les autres, quoiqu’on y offre quelques spécialités alimentaires inspirées de ce coin de pays. Le marché de Noël allemand est sans conteste le plus beau de la région, mais aussi le plus achalandé et le plus touristique. Étalé sur trois semaines, du 24 novembre au 18 décembre (du jeudi au dimanche), sa durée est également la plus longue dans la région. On y trouve plusieurs kiosques, des activités pour les enfants et des chorales qui assureront l’ambiance musicale. En nouveauté cette année : une soirée DJ le vendredi 9 décembre avec DJ Millimetrik… une avenue jusqu’ici peu explorée dans les marchés de Noël.

Marché de Noël de Lévis
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Le marché de Noël de Lévis se tient sur l’avenue Bégin dans le Vieux-Lévis, du 9 au 11 décembre 2016. Même si Lévis est une ville, son marché demeure plus modeste et à échelle humaine. On y trouve une bonne sélection de producteurs agroalimentaires et la possibilité d’y acheter de la viande directement du producteur. Il se démarque d’ailleurs des autres sur ce point. J’invite spécialement les gens de Québec à traverser à Lévis pour faire changement!

Le marché de Noël de La Jacques-Cartier
Stoneham est aussi l’hôte d’un marché de Noël qui aurait lieu cette année les 2-3-4 et 9-10-11 décembre. L’ouverture le premier vendredi se fait toujours par un feu d’artifice. Outre les traditionnels kiosques, on y trouve de l’animation et des activités sportives.

Le marché de Noël de Baie-Saint-Paul
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Charlevoix a aussi son marché du 25 au 27 novembre et du 2 au 4 décembre 2016. La rue principale de la ville est fermée pour l’occasion. On y trouve des kiosques vendant des produits locaux et quelques entreprises agroalimentaires d’autres régions. Un volet intérieur regroupe aussi des artisans, à proximité.

Vous êtes bien entendu invités à bonifier cette liste en laissant un commentaire à la suite de cet article.

Sentier Mestachibo : de nature et d’eau vive

Même si le projet de sentier National bat de l’aile dans la région de Québec, certains tronçons résistent encore à l’avancée de la ville dans nos montagnes. C’est le cas du sentier Mestachibo, situé à Saint-Férréol-les-Neiges.

Ce sentier de randonnée pédestre longe la splendide rivière Sainte-Anne-du-Nord, qui coule à cet endroit dans une profonde vallée au pied du mont Sainte-Anne. D’une longueur de 12,5 km, on peut le parcourir en entier ou y accéder par l’une des deux extrémités du sentier. Ce sentier peut être considéré difficile en raison de sa topographie accidentée et d’une surface de marche parsemée d’obstacles divers.

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La rivière Sainte-Anne-du-Nord coule dans une vallée profonde qui l’isole des habitations et des zones en culture situées à proximité. Il en résulte des paysages peu altérés qu’on ne soupçonne pas à partir des routes avoisinantes. Photo : S@QC

On accède à la plus belle section, et aussi la plus sauvage, à partir du stationnement voisin de l’église de Saint-Férréol, au coeur du village. De là, une longue descente de près d’un kilomètre permet d’entrer dans la forêt et d’accéder à la rivière. Le sentier longe ensuite le cour d’eau sur plusieurs kilomètres en grimpant quelques crans rocheux qui offrent une vue en surplomb.

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Le sentier Mestachibo grimpe à plusieurs reprises bien au-dessus du niveau de la rivière car le relief très accidenté ne permet pas de faire passer le sentier sur la rive. L’occasion était belle pour aménager quelques points de vue. Photo : S@QC

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De nombreux accès à la rivière ponctuent le sentier, particulièrement en période d’étiage (période où l’eau est à son plus bas). Au printemps, la rivière offre sans doute un spectacle riche en émotion lorsque son débit augmente et que le niveau de l’eau s’élève jusqu’à la forêt. Photo : S@QC

Au bord de l’eau, de gros rochers permettent de s’arrêter et de déguster un repas au son des rapides. À un peu plus de 5 km de l’entrée est du sentier, se trouvent deux longues passerelles qui franchissent la rivière. En effet, le sentier traverse le cour d’eau sur environ 500 mètres d’où la nécessité de construire des ponts suspendus qui sont, somme toute, assez impressionnants en raison de leur étroitesse et de leur longueur. Une randonnée jusqu’aux deux passerelles fait environ 12 km aller-retour.

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Les passerelles suspendues au-dessus de la rivière Sainte-Anne-du-Nord ont une portée relativement longue et un tablier qui rebondit à chaque pas. Il s’agit sans aucun doute d’un point fort du sentier Mestachibo qui mérite une petite visite! Photo : S@QC

À l’ouest des passerelles, le sentier longe la rivière avant de s’en éloigner sur quelques kilomètres puisqu’il doit contourner le Canyon Sainte-Anne, un parc naturel privé très prisé des touristes. Il rejoint ensuite l’extrémité ouest du sentier qui offre également quelques points de vue sur la rivière Sainte-Anne-du-Nord. L’attrait principal de cette portion ouest est toutefois la vertigineuse chute Jean-Larose, qui plonge d’une falaise à quelques enjambées du stationnement du Mont-Sainte-Anne. À voir au moins une fois!

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La chute Jean-Larose coule en gradins le long d’une paroi verticale. Plusieurs belvédères et un long escalier permettent d’y accéder et de l’observer depuis divers emplacements. Ce site, situé à proximité de la route 360, est facilement accessible pour les familles. Photo : S@QC

Québec de A à Z : 13e rue, tapie dans l’ombre

De jour comme de nuit, à l’ombre de ses grands arbres alignés, tu te fonds dans la masse des rues numérotées d’un quartier érigé à la hâte qu’on a oublié de prendre soin de nommer. Ton nom illustre ta position au cœur de Limoilou, la séquence logique qui conduit jusqu’à toi.

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Pour le non-initié, tu es comme toutes les autres. Ton bitume, tes trottoirs, tes cours avant où se déposent des escaliers en colimaçon et tes triplex parés de brun déclinés en divers tons n’ont rien d’exotique au pays de la White Birch. Cependant, pour moi qui te connaît bien, tu es chargée de détails qui te rendent unique.

Contrairement à tes voisines, ta canopée forme une voûte qui obscurcit la rue et conserve la fraîcheur du matin durant le jour. Tu abrites même deux géants qui dépassent largement les proportions des maisons environnantes. Un peu plus loin, de beaux immeubles un peu austères compriment l’horizon et guident l’œil vers le bout de la rue. C’est là, tout au bout, qu’aboutissent les nombreux étudiants qui foulent tes trottoirs au retour d’un cour.

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Ton nom se prête à bien des superstitions et tu héberges sans doute quelques chats noirs. Nulle raison en ce qui me concerne, de ne pas y passer le soir!

Des nouvelles de moi… et de Montréal!

Survivre à Québec a dû faire une pause durant les derniers jours. J’étais tout simplement trop occupé pour écrire un nouvel article. Ayant passé quelques jours à Montréal, voici quelques réflexions issues de ce bref séjour :

L’automne est peut-être avancé, mais pendant que Québec ferme ses pistes cyclables, la saison de Bixi à Montréal n’est pas terminée. Les vélos en libre-service ne seront retirés pour l’hiver que le 15 novembre. Sans grande surprise, ils étaient encore assez utilisés la semaine dernière alors que le mercure a dépassé les 10 degrés à quelques reprises.

Il manque réellement un bon restaurant italien à Québec. Ma dernière découverte : Le Serpent. Ce restaurant situé à l’ouest du Vieux-Montréal est sans conteste l’un des meilleurs de la métropole. La qualité irréprochable des ingrédients, la précision des plats et le professionnalisme de l’équipe en salle en mettent plein la vue!

J’ai aussi très bien mangé à la brasserie Isle de Garde dans le quartier Rosemont. En plus d’un bon choix de bières de microbrasseries, on y sert des plats originaux à prix correct. Le tartare d’espadon et sa mayo au thon albacore est tout simplement digne d’une bonne table. Et les frites sont tout à fait hallucinantes!

Bravo aux concepteurs du projet Cité Mémoire. La nuit tombée, une vingtaine de tableaux inspirés de l’histoire de Montréal sont à visionner sur des murs aveugles du Vieux-Montréal et des environs. Une application mobile permet d’écouter la narration discrètement. Du soutien technique est même offert pour rendre notre expérience satisfaisante.

Enfin, il y aurait encore beaucoup à dire sur cette ville fascinante. Je conclurais simplement en mentionnant que le visage de Montréal change à grande allure depuis quelque temps. Les tours poussent à grand rythme au centre-ville et des secteurs entiers bénéficient de nouveaux aménagements urbains de qualité. Du nombre, j’ai bien hâte de voir le résultat du projet Bonaventure où cette ancienne autoroute pénétrant le centre-ville est sur le point d’être convertie en boulevard urbain et en grande place publique. On rêverait du même traitement pour l’autoroute Laurentienne  à la Pointe-aux-Lièvres!

La Planque : le meilleur de Limoilou

L’époque où il n’y avait aucune bonne table au nord de la rivière Saint-Charles est heureusement désormais révolue. L’embourgeoisement du quartier Limoilou a notamment entraîné dans son sillage l’arrivée de restaurateurs talentueux qui ont repoussé les limites géographiques de la gastronomie avec succès.

Le porte-étendard de ce mouvement est sans conteste le restaurant La Planque, bien campé sur la 3e Avenue. Le menu des dernières semaines nous a enfin convaincus d’y faire un tour. En effet, même s’il loge en plein coeur de notre quartier, nous n’y étions jamais allés.

D’entrée de jeu, pour aller à La Planque, il vaut mieux prévoir son coup et réserver sa table, au risque d’être déçu. Dès notre arrivée, en milieu de soirée, nous constatons la popularité de l’établissement qui affiche complet. L’ambiance est chaleureuse et bourdonnante. On nous conduit alors à travers la salle jusqu’à la partie arrière où quelques tables ont une vue imprenable sur la cuisine et sur la ruelle par une grande fenêtre. Nos yeux sont immédiatement portés tout autour, sur les murs en contreplaqué verni et sur les lampes d’atelier suspendues au plafond. Un décor à la fois soigné et volontairement inachevé… un peu comme l’esprit du quartier.

Nous nous laissons tenter par l’un des nombreux cocktails disponibles sur la carte. Je plonge sans hésiter dans les bulles : mélange inusité de prosecco, de gin Ungava et de sirop au romarin. Ma compagne opte quant à elle pour un Negroni (gin, vermouth et campari). Nous profitons de nos nectars pour faire une lecture plus approfondie du menu et passons ensuite notre commande. Notre serveur nous a renseigné avec grand soin sur le menu et nous a conseillé adéquatement sur le choix du vin. Nous amorçons donc le repas en toute confiance.

La soirée se poursuit avec une soupe crémeuse à base de pleurote et de topinambour pour madame. Cette soupe, aucunement banale, est servie dans un bol et surmontée d’une mousse de chou-fleur truffée accentuant la texture crémeuse et d’une duxelle vinaigrée. Pour ma part, je me suis délecté d’un surf and turf composé d’une bonne pièce d’épaule de porc pressé et de moules en escabèche (marinade d’huile et de vinaigre). Le porc, présenté comme un bloc de pâté, est entouré des moules sorties de leur coquilles et des accompagnements : champignons, radis marinés, chips de pain et crème sure au piment gorria. Les ingrédients sont d’une grande qualité et les saveurs délicates se marient étonnamment bien entre elles.

Suivent ensuite les plats de résistance : une généreuse portion de ris de veau en croûte déposée sur des gnocchis à la muscade en forme de cubes et sur une mousseline de céleri-rave entourée d’une sauce au thym légèrement sirupeuse. Si les gnocchis, dont la texture s’approche quelque peu des patates poêlées, notent mon attention, la part belle est toutefois réservée aux ris de veau à la panure parfaite qu’on se plaît à rouler dans la délicate mousseline à chaque bouchée. À mi-repas, j’échange volontiers mon plat pour celui de mon accompagnatrice et me retrouve alors avec une assiette de pieuvre braisée, pétoncles et crevettes tigrées reposant dans un savoureux beurre de bisque accompagné de haricots coco (petits haricots blancs) à la tomate et au fenouil. La pieuvre grillée est discrètement laquée, ce qui en fait un incontournable à lui seul. Les amateurs de crevettes et de pétoncles reconnaîtront aussi une grande qualité dans ce plat.

Nous nous empressons de rendre un dernier hommage à notre bouteille de vin, un Chablis d’importation privée issu du domaine de Pisse-Loup, avant de constater que nous ne pourrons tout simplement pas prendre de dessert. Les portions généreuses de La Planque ont certes un prix, mais elles sont aussi bien rassasiantes. Il faudra donc revenir pour tester les talents du pâtissier, mais aussi pour profiter de la belle terrasse en saison!

Camping d’octobre au mont Bigelow

L’automne dernier, nous vous avons raconté notre belle escapade dans les environs de Rangeley dans l’État du Maine. Nous y avions trouvé des montagnes offrant des défis à notre hauteur et des paysages à couper le souffle. Cliquez ici pour revoir ces articles.

Cette année, le beau temps prévu pendant le congé de l’Action de grâce nous a incité à retourner dans cette région parfaite pour admirer les couleurs automnales. Cette fois-ci nous avons choisi de faire une longue randonnée de deux jours dans le Bigelow Preserve, un territoire public protégé par le gouvernement du Maine.

Ces sentiers se trouvent à moins de quatre heures de route de Québec, incluant une courte attente à la douane. Le point de départ de notre périple se trouvait près de la route 27, au croisement de l’Appalachian Trail : ce sentier de 3500 km qui traverse la cote est américaine du nord au sud. Voici le récit de cette petite aventure en sol américain.

Après avoir dîné dans la voiture, nous complétons la préparation de nos bagages, puis nous empruntons le Fire Warden Trail, soit le sentier qui accède le plus directement au sommet du mont Bigelow. Celui-ci grimpe d’abord doucement dans une érablière aux mille couleurs. Nos muscles se réchauffent tranquillement. Nous passons un premier site de camping rustique, encore désert en ce milieu d’après-midi, et nous attaquons ensuite l’ascension de la montagne à proprement parler.

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Près du stationnement, on aperçoit le mont Bigelow et ses principaux sommets : West Peak et Avery Peak. De là, il faut compter environ 5 kilomètres avant d’atteindre la base de la montagne comme telle. Photo : S@QC

Le sentier grimpe alors continuellement et de nombreux escaliers de roches aident à progresser tout en réduisant les risques d’érosion. Après quelque temps, la végétation passe entièrement aux conifères et les éclaircis dans le couvert forestier créent des percées visuelles sur la vallée en contrebas. Vers 16h00, nous atteignons notre camping pour la nuit, l’Avery Memorial Campsite, bien caché dans un col entre deux sommets de la montagne. Nous choisissons une des plaques de camping, puis nous laissons notre tente quelques instants pour se rendre au sommet d’Avery Peak, à environ 700 mètres de là. Avery Peak est le sommet que nous avions atteint sur le mont Bigelow l’an dernier. Comme dans nos souvenirs, la vue est splendide dès qu’on franchit la limite des arbres peu après le camping. Nous observons le sol baisser vers l’horizon avant de regagner notre campement.

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Avery Peak offre la plus belle vue sur le lac Flagstaff, un grand réservoir créé au début du 20e siècle. Ce sommet allongé est parcouru d’un étroit sentier délimité par des roches. Par chance, la végétation alpine y est encore intacte et rend cette montagne encore plus exceptionnelle. Photo : S@QC

En cette nuit d’octobre, la température clémente nous offre une dernière belle nuit de camping. Nous mangeons une grosse portion de spaghetti lyophilisé arrosé d’une bouteille de vin avant de plonger dans un sommeil bien mérité peu avant 20h00 (la nuit arrive vite en octobre!). Cette nuit de sommeil sera brièvement interrompue par l’arrivée tardive de quelques randonneurs qui souhaitaient prendre une bière au clair de lune. C’est de moins en moins une surprise pour nous : certains Américains semblent apprécier la randonnée nocturne!

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Notre campement dans le col du mont Bigelow, au petit matin. De chaque côtés, West Peak et Avery Peak veillent sur nous et nous protègent des vents indésirables. Photo : S@QC

Au petit matin, nous déjeunons et plions nos bagages avant même que le soleil soit officiellement levé. Les couleurs du ciel sont tout simplement magnifiques et annoncent une journée ensoleillée. Bonne nouvelle! Nous sommes à moins d’un kilomètre du principal sommet du mont Bigelow : West Peak. En peu de temps, nous nous retrouvons donc au-dessus des arbres sur le vertigineux sommet. La vue est ahurissante. Le soleil enflamme la forêt de la Carrabasset Valley tout en bas et la brume qui flotte au-dessus des rivières du Maine crée des langues de nuages entre les montagnes de la région.

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Il est environ 8h30 au moment où nous atteignons West Peak. À cette heure, le soleil finit de se lever sur la vallée dominée par la station de ski Sugarloaf. Les couleurs sont tout simplement magnifiques. Photo : S@QC

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Avery Peak, le col où se trouve notre camping et le lac Flagstaff vus à partir de West Peak. À l’arrière-plan, on devine le tracé de la rivière Kennebec par la présence d’une épaisse brume matinale dans la vallée. Photo : S@QC

De West Peak, on aperçoit très distinctement la crête que nous emprunterons durant la journée et qui relie les différents sommets de la montagne entre eux. À bonne distance, nous apercevons The Horns, des sommets jumeaux, puis nous nous enfonçons dans la forêt d’épinette en redescendant la crête. La descente est assez longue, puis le reste du trajet d’environ trois kilomètres est relativement plat. Nous croisons quelques randonneurs qui traînent leur équipement de camping comme nous.

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La longue crête de conifères visible sur cette photo est traversée par l’Appalachian Trail. Il s’agit du chemin le plus direct pour relier entre eux tous les sommets du mont Bigelow. Au fond, se trouvent The Horns et ses deux sommets accessibles aux randonneurs. Photo : S@QC

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Les hauteurs du mont Bigelow sont typiques des montagnes appalachiennes. On y trouve une végétation uniforme et de vastes tapis de mousses vertes. À cette altitude, l’été comme on le connaît n’existe pas vraiment… Photo : S@QC

En fin d’avant-midi, nous abordons finalement The Horns par une courte, mais soutenue montée jusqu’au sommet de South Horn. Ce sommet intermédiaire a une altitude similaire au mont Albert en Gaspésie. Il est toutefois un peu boisé, mais offre quand même une vue très intéressante vers le sud. De là, nous marchons encore quelques centaines de mètres avant de rejoindre South Horn, le sommet voisin. Ce dernier offre une vue plus complète sur la région et un grand espace pour dîner. Nous en profitons donc pour se rassasier un peu. Un peu plus bas, nous apercevons notre prochain arrêt : Horns Pond.

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Vue vers la vallée prise à partir de South Horn. On aperçoit Horns Pond un peu plus bas. Photo : S@QC

Une longue descente conduit jusqu’à ce petit lac blotti dans la montagne. En cette saison, c’est le premier point d’eau que nous croisons depuis la voiture! Nous en profitons donc pour faire le plein pour la journée. On y trouve également un camping qui semble très populaire auprès des randonneurs. Un ancien lean-to construit dans les années 1930 y est d’ailleurs conservé à titre de monument historique. Nous poursuivons ensuite notre route sur l’Appalachian Trail jusqu’en haut d’une falaise surplombant le lac et offrant un point de vue intéressant.

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En quittant Horns Pond, un petit point de vue offre une vue splendide sur le lac et les sommets voisins, North et South Horn. Photo : S@QC

Par la suite, le sentier grimpe jusqu’à un petit sommet boisé qui comporte quand même un point de vue. Ce sommet demeure sans nom, mais rivaliserait sans doute avec les plus hautes montagnes québécoises. De là, nous entreprenons une descente presque interminable. Certains passages sont très abrupts et nécessite une grande prudence. Ailleurs, le sentier descend plus doucement.

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Ce petit sommet intermédiaire, qui n’était pas indiqué sur notre carte, nous a tout de même étonné par la vue qu’il peut offrir du haut de son flanc rocheux. Les montagnes du Maine nous surprendrons toujours! Photo : S@QC

Au milieu de l’après-midi, nous arrivons à une intersection où un sentier secondaire permet de monter le sommet ouest du mont Bigelow, Cranberry Peak. Nous continuons toutefois sur le sentier principal en direction de la voiture. La descente se poursuit durant encore plus d’une heure à travers une érablière semblable à celle traversée la veille. Les couleurs d’automne brisent la monotonie de cette portion du sentier.

Nous croisons un banc au pied d’une petite enseigne qui annonce le 2000e mille de l’Appalachian Trail tout en pensant à ceux qui font le sentier en entier. Encore une heure de marche nous sépare de la route où nous attend notre véhicule. Le mont Bigelow n’a désormais plus de secrets pour nous!

Littoral de Québec : 8 km de sentiers maintenant reliés

L’achèvement de la phase 2 de la promenade Samuel-de-Champlain permet maintenant de parcourir plus de 8 km de littoral sur des sentiers réservés à la marche à pied. Trois sentiers distincts, mais reliés entre eux, vont désormais de la côte de l’Église de Sillery jusqu’au parc nautique de Cap-Rouge. Voici, d’est en ouest, le trajet qu’attend les marcheurs qui feront le parcours en entier.

Promenade Samuel-de-Champlain
Cette promenade de 4 km est bien connue des gens de Québec. Elle comprend un sentier bétonné pour les marcheurs et un sentier asphalté pour les cyclistes. On y trouve quelques stations d’ambiance et des œuvres d’art disséminées le long du parcours. Le quai des Flots est très fréquenté en raison de ses jets d’eau qui émergent du sol. À mi-parcours, le quai des Cageux est aussi un incontournable avec sa tour d’observation et son restaurant Le Panache mobile.

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La promenade Samuel-de-Champlain se rend maintenant jusqu’aux ponts. Des panneaux d’interprétation relatent les faits marquants de leur construction. La promenade est également connectée au sentier des Grèves qui débute juste après le pont Pierre-Laporte. Photo : S@QC

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Le quai des Cageux est un lieu d’arrêt apprécié des marcheurs et des cyclistes. Les pêcheurs y sont également nombreux. Une tour d’observation permet aussi de s’élever un peu et de voir le fleuve sous un autre angle. Photo : S@QC

Depuis l’été, la promenade se prolonge jusqu’à la base du pont Pierre-Laporte. Ce nouveau tronçon est moins élaboré que le précédent, mais la vue rapprochée sur les ponts de Québec et Pierre-Laporte valent le détour. On peut y admirer leur structure et observer les navires qui passent juste en-dessous. Un peu avant la fin de la promenade, les cyclistes doivent faire demi-tour tandis que le sentier de marche se poursuit en direction ouest.

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Cette vue est prise à partir de la tour d’observation du quai des Cageux. Sur la droite, la nouvelle portion de la promenade Samuel-de-Champlain épouse le contour du rivage. Photo : S@QC

Le sentier des Grèves
À l’ouest du pont Pierre-Laporte débute le sentier des Grèves. Celui-ci passe au pied de la grande côte du boulevard Champlain, puis rejoint le parc de la Plage-Jacques-Cartier à travers un relief accidenté ponctué de plusieurs escaliers. Ce tronçon plus sauvage est en terre battue ou encore directement sur la berge du fleuve. Il est donc inapproprié pour les poussettes ou les personnes à mobilité réduite. Cependant, il permet d’accéder à de beaux points de vue sur le fleuve et les ponts, en plus de donner accès à la plage Gagnon coincée entre deux caps rocheux plongeant dans le Saint-Laurent. Les plus sportifs apprécieront ce sentier moins aménagé.

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Le sentier des Grèves est peu aménagé, mais les escaliers et les aires de repos y sont tout de même de grande qualité. Ce point de vue sur le fleuve est accompagné d’un panneau d’interprétation qui rappelle le naufrage d’une drague sur le fleuve en 1966. Photo : S@QC

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Le sentier des Grèves monte et redescend au bord du fleuve à plusieurs reprises. Au milieu du parcours, on atteint une belle plage de sable fin : la plage Gagnon. L’endroit est très calme et apprécié des enfants qui y trouvent un grand terrain de jeu à explorer. Photo : S@QC

Parc de la Plage-Jacques-Cartier
Tout à l’ouest se trouve le doyen de ce réseau d’espaces verts : le parc de la Plage-Jacques-Cartier. Inauguré en 1992, ce long parc de 2,5 km arpente l’étroite bande fluviale située au pied d’un escarpement rocheux jusque dans le quartier historique de Cap-Rouge. On y trouve un sentier en pierre réservé à la marche et de nombreuses aires de pique-nique. La vue sur le fleuve est omniprésente et change à tous les détours du sentier.

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Le parc de la Plage-Jacques-Cartier est facile d’accès puisque son sentier est large et plat. Des bancs et des tables invitent au repos un peu partout. En automne, il s’agit d’un bel endroit pour profiter de la coloration des feuilles des arbres. Photo : S@QC

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La plage Jacques-Cartier est très propice aux pique-niques. La vue sur le fleuve et le bruit des vagues font rapidement oublier la proximité de la ville. Photo : S@QC

La plage Jacques-Cartier est en fait une plage de roches située dans une anse. Le sentier se termine au parc nautique de Cap-Rouge, au pied du fameux tracel ferroviaire qui permet aux trains de passer au-dessus de la vallée où s’est développé l’ancien village.

En terminant…
Petit conseil pour ceux qui voudraient tenter l’expérience sans parcourir 16 km à pied, soit la distance aller-retour entre la côte de Sillery et Cap-Rouge : le parcours 25 du RTC permet de compléter la boucle. Il faut toutefois prévoir un peu de marche pour se rendre aux arrêts d’autobus. Il est aussi possible de raccourcir le parcours en empruntant les autres accès aux différents sentiers.

Balade à Saint-Joseph-de-la-Rive

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Saint-Joseph-de-la-Rive, dans la région de Charlevoix, est un hameau idéal pour les promenades à pied au bord du fleuve. Deux circuits pédestres permettent de parcourir l’ensemble du village. La promenade des Capitaines parcoure le coeur villageois, tandis que la promenade des Maraîchers grimpe du village jusqu’au rang des Éboulements-Centre où l’on retrouve des champs en culture. Des haltes et des points de vue ponctuent ces deux parcours. Photo : S@QC

Pour plus d’informations sur les promenades villageoises, consultez la carte des trajets ici.

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Le patrimoine maritime de Saint-Joseph-de-la-Rive est fort important puisqu’on y a longtemps construit des goélettes, ces petits navires de bois qui permettaient le cabotage sur le fleuve Saint-Laurent. Les quais du village rappellent ce passé pas si lointain. Le musée maritime de Charlevoix, situé au centre du village, retrace également cette histoire et permet même de visiter quelques navires anciens. Photo : S@QC

Pour en savoir plus sur le musée maritime de Charlevoix

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Saint-Joseph-de-la-Rive n’était pas tournée que vers le fleuve. Juste à l’arrière du village, une forêt escarpée entaillée par la rivière des Boudreault procurait le bois et l’énergie hydraulique nécessaire pour éclairer grâce à la construction d’une petite centrale en 1928. Aujourd’hui, un sentier pédestre remonte sur les hauteurs du village et offre de belles vues sur le fleuve qui n’est jamais bien loin. Photo : S@QC

Pour accéder aux sentiers de la forêt Marine et de la rivière des Boudreault, le départ se situe sur le terrain de la Papeterie Saint-Gilles, près du musée maritime.

Saint-Roch : des immeubles abandonnés encore longtemps?

Le quartier Saint-Roch fait l’objet d’une attention particulière depuis quelques décennies dans le but de le revitaliser : enlèvement du toit du mail Saint-Roch, aménagements urbains, implantation d’édifices institutionnels, subventions aux entreprises technologiques, construction de résidences d’artistes, etc.

Le secteur privé a également participé plus largement à ce grand chantier urbain par la construction et la rénovation d’immeubles ainsi que par l’ouverture de nombreuses entreprises. Au rythme de la demande, les locaux vacants et les terrains en friche ont trouvé preneurs. Le tissu urbain autrefois parsemé de dents creuses et d’édifices placardés est ainsi redevenu plus dense et agréable à parcourir.

Puis, au moment où l’on aurait espéré voir disparaître les dernières reliques de ce quartier jadis surnommé Plywood City, le marché immobilier – notamment celui du condo – a montré des signes d’essoufflement, laissant derrière lui quelques laideurs urbaines dans l’attente d’un prochain rebond de la construction.

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Édifices abandonnés sur la rue Notre-Dame-des-Anges. Photo : S@QC

Le secteur à proximité de l’immense stationnement Dorchester nécessiterait des investissements importants pour être requalifié. En plus des stationnements à ciel ouvert, les édifices de l’ancien Omer DeSerres et de la quincaillerie Cantin croupissent dans l’attente d’un redéveloppement. Ces immeubles semblent squattés et leur état de délabrement nuit à l’image du quartier.

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L’édifice de l’ancien Omer DeSerres est laissé à l’abandon depuis plusieurs années. Récemment, la Ville de Québec a autorisé sa démolition partielle pour des raisons de sécurité. Combien de temps encore le reste du bâtiment restera-t-il debout? Photo : S@QC

Il y a bien la Ville de Québec qui a mis un peu de pression sur certains propriétaires du secteur pour qu’ils valorisent leurs propriétés. L’administration Labeaume aimerait évidemment que le développement du quartier se poursuive et l’a bien rappelé aux promoteurs récemment. Or, il faudra sans doute plus que de la bonne volonté et un coup de pouce des autorités publiques pour que les projets lèvent à nouveau et comblent tout ce secteur par de nouvelles constructions.

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Le stationnement Dorchester occupe l’espace d’un pâté de maisons entièrement démoli depuis plusieurs décennies. Le terrain appartient au groupe Kevlar qui souhaite y faire un important projet résidentiel. Photo : S@QC

En effet, il ne faut pas perdre de vue que le marché des copropriétés à Québec connaît une période difficile et que Saint-Roch possède déjà un parc immobilier bien garni de ce point de vue. Un immeuble du quartier, construit dans les dernières années, offre encore plusieurs unités neuves toujours invendues. Dans ce contexte, il semble utopique de penser pouvoir ajouter quelques centaines d’unités sans fragiliser un marché déjà affaibli.

Il y a certes une demande pour du locatif au centre-ville. Toutefois, les logements neufs qui pourraient sortir de terre dans Saint-Roch risquent d’être assez dispendieuses si elles ne sont pas subventionnées. La fameuse tour Fresk qui a poussé sur la place Jacques-Cartier illustre sans doute bien ce qui attendrait de futurs locataires. Pour 1000 $ par mois, il ne faut pas espérer beaucoup. Les promoteurs qui détiennent les lots vacants ne renonceront pas à leur profit et voudront construire des immeubles qui reflètent la valeur de ces terrains où la construction en hauteur est possible.

Enfin, il ne faut pas oublier que le quartier Saint-Roch est en compétition avec le reste de la ville lorsque vient le temps d’attirer des résidents. Il y a beaucoup de propriétés à vendre dans le reste de la ville, souvent à meilleur rapport qualité-prix. Du moins, en apparence. De plus, les promoteurs préfèrent sans doute développer de vastes terrains en banlieue où les contraintes sont moins grandes. D’ailleurs, on fait peu à Québec pour endiguer l’étalement urbain, malgré une volonté de faire le contraire. Vous l’aurez compris : ce qui est construit ailleurs ne l’est pas dans Saint-Roch.

Bref, la vision présentée par la Ville dans le projet de PPU pour le secteur sud de Saint-Roch est très intéressante, mais il y aura beaucoup à faire pour la concrétiser dans l’échéancier escompté. Nul doute que ce quartier se développera encore à l’avenir, mais il faudra de la patience…

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Cet ancien immeuble à logements de la rue Christophe-Colomb Est a été acheté par un promoteur désirant raser l’immeuble pour construire de nouvelles copropriétés. Ce projet a été freiné par le ralentissement du marché immobilier. Depuis, ce bâtiment reste vide et engendre un certain sentiment d’insécurité dans le quartier. Photo : S@QC