Petit matin

cropped-dscf6738.jpg

Vue sur la ville prise à partir du parc Cartier-Brébeuf, dans le quartier Limoilou. La structure en avant-plan est une aire de repos dont la forme rappelle la présence à cet endroit d’une réplique de la Grande-Hermine, un des navires de Jacques-Cartier, qui ornait ce parc il y a plusieurs années. Photo : S@QC

dscf6740

Rivière Saint-Charles prise vers l’aval au parc Cartier-Brébeuf. L’effet de contre-jour a un effet plutôt apaisant sur cette photo et efface presque entièrement la présence de bâtiments en bordure de la rivière. Photo : S@QC

Québec sur la bande FM : 7 stations qui sortent de l’ordinaire

À Québec, la radio occupe une place de choix et génère de véritables vedettes qui ont une influence sur la collectivité. De grandes entreprises médiatiques se livrent une lutte incessante pour obtenir le plus large auditoire et les meilleurs revenus de publicité. Heureusement, des alternatives s’offrent aux auditeurs qui recherchent autre chose que des opinions irréfléchies et des hits de l’heure entrecoupés d’annonces de matelas.

radio

 

Survivre à Québec a recensé les principales stations plus ou moins obscures de la Capitale. Attention! À la première écoute, les radios communautaires sont comme le tofu; elles demandent une période d’adaptation… On a toutefois beaucoup à découvrir et à apprendre en syntonisant ces petites stations animées par des animateurs dévoués.

CKIA 88,3 FM
Cette station, fondée sous le nom de radio Basse-Ville, se targue d’être la plus à gauche de votre cadran. C’est vrai en ce qui concerne sa position sur la bande FM, mais également sur le plan du contenu. CKIA diffuse une grande variété, tant sur le plan de la musique que des idées. On y discute avec ouverture et respect de féminisme, d’environnement, d’enjeux sociaux, de culture, etc. L’émission matinale de la station se nomme d’ailleurs Québec, réveille! et fait intervenir plusieurs étoiles montantes des communications à Québec.

La station laisse aussi une large place à la musique de tous genres (rock, québécois, traditionnelle, musique du monde, électro, jazz, etc.). Les artistes de Québec sont mis en valeur dans plusieurs émissions. Parfois, la musique semble jouer toute seule durant des heures, sans interruption, pour notre plus grand bonheur.

CKRL 89,1 FM
La station CKRL serait la première radio communautaire d’expression francophone au Québec. Elle loge dans le quartier Limoilou et diffuse un contenu varié alliant émissions d’opinions, d’actualités et musicales. CKRL ressemble beaucoup à CKIA sur certains aspects, mais sa mission est un peu moins militante et engagée. La musique occupe une grande place dans la programmation. Depuis quelque temps, certaines émissions diffusent également de la musique plus commerciale tout en réservant de belles découvertes pour les mélomanes.

CION 90,9 FM
Mieux connue sous le nom de radio Galilée, cette station diffuse la parole de Dieu à Québec depuis 1995. Outre des enseignements et prières, radio Galilée diffuse aussi du contenu musical populaire ou classique et les bulletins d’information de Radio Vatican qui font un survol intéressant de l’actualité internationale. La station possède également une antenne en Beauce et au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

CJPX 92,7 FM
Cette station montréalaise possédant une antenne à Québec est la propriété de l’artiste Grégory Charles. Connue sous le nom de Radio Classique, cette station diffuse essentiellement de la musique classique et instrumentale reprenant des airs populaires. Des capsules d’information dressent les grands traits de l’actualité québécoise à intervalles réguliers.

CHYZ 94,3 FM
La station CHYZ existe depuis 1992. Il s’agit de la radio des étudiants de l’Université Laval. On y diffuse un contenu de grande qualité, tant musical que commenté. Plusieurs sujets sont abordés, notamment l’actualité, la politique, les sports, etc. Du point de vue musical, la station est évidemment à l’affût des tendances puisqu’elle s’adresse à un auditoire jeune. Les styles musicaux présentés sont toutefois variés et reflètent la diversité culturelle des étudiants universitaires. N’ajustez pas votre appareil si vous entendez une émission en espagnol…

CJMD 96,9 FM
Cette station méconnue du grand public est en fait la seule station de radio lévisienne au monde! Elle ne semble toutefois pas émettre un signal très fort, puisqu’il est difficile à capter à partir de Québec. Son format s’apparente un peu plus aux radios commerciales, dans la façon dont sont abordés les sujets et dans le contenu musical. Certaines émissions à saveur plus communautaire sont également présentées.

CIHW 100,3 FM
La station CIHW est située à Wendake. Elle diffuse du contenu mettant en valeur la culture des Hurons-Wendat et des Premières Nations. Cette station, comme pour la plupart, présente des émissions musicales et des émissions d’information.

Bilan de l’été 2016 par S@QC

Septembre annonce l’inévitable retour de l’automne et le moment pour Survivre à Québec de faire un bilan de cet été passé sur la route et à profiter de la vie à l’extérieur. Voici en rafales quelques points saillants de la vie estivale dans la Capitale.

dscf1792

Extension du réseau cyclable
Cet été, Québec s’est donnée les grands moyens pour étendre son réseau cyclable un peu plus. L’ajout majeur au réseau est sans conteste l’axe 3e Avenue/rue du Pont où une bande cyclable a été insérée dans l’espace disponible. Certains nous ont rapidement rappelé le caractère imparfait de cette nouvelle piste circulant directement dans la zone d’emportiérage des véhicules stationnés en bordure de la chaussée, mais l’opération semble avoir été un succès malgré la critique. Les résidents de la rue du Pont doivent aussi apprécier la quiétude offerte par ce changement.

D’autres secteurs ont également profité de l’ajout de nouvelles bandes cyclables (Blaise-Pascal, Lévis, avenue du Colisée, Université Laval, etc.). Malheureusement, le quartier Saint-Sauveur devra quant à lui se contenter d’une chaussée désignée avec bande cyclable en contresens sur la rue Montmagny au lieu du projet de bandes cyclables initial. Comme quoi, il reste beaucoup de chemin à faire encore…

Les événements à Québec : au-delà du record de fréquentation…
L’offre événementielle à Québec se polarise autour de deux types de festivals et d’événements. Les premiers sont les grands événements à visée commerciale attirant des foules prêtes à subir n’importe quel traitement pour simplement pouvoir dire y être allé. Les seconds sont de petits événements à portée davantage locale et communautaire qui sont souvent plus récents, et donc moins connus. Or, la frontière entre les deux est parfois bien mince.

Ce fut le cas cet été avec l’événement Limoilove où les chefs de la 3e Avenue et des environs sont sortis sur la rue pour cuisiner des bouchées à prix populaire. Ce genre de soirée aurait été agréable si 500 personnes y avaient pris part au lieu des milliers de visiteurs qui ont bravé les files d’attente et le manque d’espace. À l’inverse, on se serait cru dans une fête de quartier sur le site des Fêtes de la Nouvelle-France en soirée, où la foule ne semblait pas au rendez-vous.

Les activités qui ont lieu dans la Capitale amènent souvent trop de monde et deviennent trop cher pour la qualité de l’expérience. Devrait-on contingenter la participation ou vendre des billets à l’avance pour que ceux qui y participent aient au moins une expérience agréable?

Pour conclure sur une note positive, voici mes trois coups de coeur de cette année : Limoilou en Musique où il est encore possible de circuler librement, Où tu vas quand tu dors en marchant…? pour l’ambiance et la qualité des prestations (malgré un fort achalandage) et le Grand bazar des ruelles pour l’ambiance de quartier et le plaisir de rencontrer ses voisins.

Lévis-Beach
Cette année Lévis a volé la vedette avec l’inauguration du quai Paquet et de sa fontaine qui attire littéralement les foules lors de journées chaudes. Le site doit tout simplement être magnifique pour observer les feux d’artifices lors des Grands Feux Loto-Québec. La place occupée par Lévis nous aura presque fait oublier que la promenade Samuel-de-Champlain vient d’être prolongée sur plus d’un kilomètre.

Une pause culinaire
Que se passe-t-il du côté de la restauration? Outre l’explosion des chaînes de restauration provenant de Montréal (La belle et la boeuf, Houston, No 900 et j’en passe…), il y a eu peu de nouveautés intéressantes à se mettre sous la dent dans les derniers mois. Même constat du côté de la bouffe de rue – la vraie – qui attend toujours l’autorisation de nos administrateurs avant de pouvoir essaimer dans la région.

L’air du large
L’été 2016 et sa météo clémente nous aura permis de quitter la ville régulièrement pour faire le plein de beaux paysages et d’énergie. Vermont, Saguenay, Charlevoix, Chaudière-Appalaches, Maine… nous avons passé beaucoup de bon temps en forêt à partir de notre camp de base : la Ville de Québec. Je le répète, nous sommes plus que chanceux de vivre au coeur d’un si bel environnement!

À l’an prochain…
Quelques projets restent dans notre liste pour l’an prochain : via ferrata au Saguenay, randonnée pédestre au lac Kénogami, séjour au réservoir Taureau, camping sur l’île aux Lièvres face à Rivière-du-Loup, Bivouak’alooza à Saint-Jean-Port-Joli…

Le Baxter State Park et le mont Katahdin : des montagnes vertigineuses à 5 heures de Québec

Le Baxter State Park est un vaste territoire protégé de 848 km carrés, soit environ deux fois la superficie de l’île de Montréal. Situé dans le nord-est de l’État du Maine, à égale distance entre Québec et Boston, ce parc d’État abrite le légendaire mont Katahdin dominant le Maine avec ses 1606 mètres. Mais, il y a plus…

dscf6461

Le mont Katahdin s’élève de plus de 700 mètres au-dessus de Chimney Pond, un petit lac situé dans le creux du bassin sud de la montagne. Se rendre à cet endroit est déjà une randonnée en soi de 4 à 6 heures aller-retour. Un camping permet d’y passer la nuit. Photo : S@QC

D’abord, ce territoire est un legs de l’ancien gouverneur Percival P. Baxter qui acheta graduellement les terres de l’actuel parc entre 1930 et 1962. Baxter en fit don à l’État du Maine à la condition qu’il demeure pour toujours sauvage. Aujourd’hui, le parc est administré dans cet esprit par un organisme mis en place selon ses volontés.

dscf6598

Les nombreux lacs au sud du parc, comme Grassy Pond sur cette photo, permettent d’obtenir le recul suffisant pour admirer les montagnes avoisinantes. Ici, la vue sur le mont Doubletop est tout simplement renversante, particulièrement à la tombée du jour. Photo : S@QC

Pour préserver ce caractère sauvage, les infrastructures sont réduites à leur plus simple expression. Les routes sont en gravier, les campings ne comportent aucun service à l’exception de toilettes sèches et l’électricité ne franchit pas les limites du parc. Pour un peu plus de confort, quelques anciens camps de pêche ont été conservés. Il est donc possible de louer un petit chalet centenaire en bois rond en bordure de certains lacs.

dscf6590

Les secteurs de Kidney Pond, Daicey Pond et du lac Katahdin abritent de vieux camps de pêche qu’il est possible de louer en exclusivité. Des refuges partagés sont également disponibles à quelques endroits. Ces hébergements sont conservés dans l’esprit du parc. Les services sont donc sommaires et se limitent à l’éclairage au gaz et à la présence de toilettes sèches, comme à l’époque du gouverneur Baxter! Photo : S@QC

Il y a tout de même beaucoup à faire au Baxter State Park. On y trouve entre autres près de 350 km de sentiers à parcourir en randonnée pédestre et de nombreux lacs à parcourir en canot. La pêche à la mouche et la chasse sont aussi permis à certains endroits. D’autres préféreront simplement faire de courtes sorties pour observer la faune et la flore du parc.

dscf6612

On peut louer des embarcations pour une somme modique dans l’ensemble du Baxter State Park. En plusieurs endroits, la vue sur le Katahdin est superbe, comme ici à Daicey Pond. Photo : S@QC

L’emblème du Baxter State Park est évidemment le fameux mont Katahdin, une montagne aux sommets acérés dont l’ascension demande une certaine préparation. C’est aussi le terminus de l’Appalachian Trail, un sentier de longue randonnée très populaire aux États-Unis reliant la Géorgie au Maine sur environ 3500 km. Plusieurs sentiers conduisent aux différents sommets de la montagne et sur les hauts plateaux alpins qui les relient entre eux.

dscf6417

Le mont Katahdin regroupe trois sommets organisés en demi-cercle autour de Chimney Pond. Pamola Peak, Baxter Peak et Hamlin Peak sont tous accessibles pour la randonnée et sont aussi reliés entre eux par un sentier. Entre les différents sommets, il n’est pas rare de voir s’infiltrer quelques nuages qui se frayent un chemin dans ce massif montagneux. Photo : S@QC

Le sentier le plus renommé du Katahdin est cependant celui parcourant le Knife Edge, une étroite crête rocheuse reliant les sommets Baxter et Pamola. Pour franchir les 1,8 km séparant ces deux sommets, les randonneurs doivent marcher prudemment sur l’arrête de la montagne parfois très étroite et exposée aux vents. Le sentier est évidemment déconseillé par mauvais temps.

dscf6522

Le sentier du Knife Edge est très étroit et offre une vue en plongée sur les environs du parc. Cette vue montre la partie est du sentier. Le Knife Edge se termine à Pamola Peak, visible en arrière-plan, juste après l’ascension du Chimney Peak qui est séparé de Pamola par une cheminée de plusieurs mètres qu’il faut descendre puis regrimper. Photo : S@QC

L’ascension du Katahdin implique généralement une randonnée d’au moins 10 heures de marche et de plus de 1100 mètres de dénivelé. Les randonneurs qui souhaitent se rendre au sommet doivent donc se lever tôt pour profiter de tout l’ensoleillement disponible. En raison de l’altitude, la montagne est généralement enneigée de la fin octobre à juin.

En raison de sa popularité et afin de préserver le caractère sauvage de la montagne, la direction du parc a mis en place un système de réservation permettant de contingenter le nombre de randonneurs sur une base journalière. Pour pouvoir accéder au Katahdin, il faut réserver un emplacement de stationnement ou un hébergement dans le parc. Les places résiduelles sont attribuées aux premiers arrivés le matin. Lorsque les espaces disponibles sont tous comblés, l’accès à la montagne est fermé. Il n’est donc pas rare de voir une file se créer avant l’ouverture de la barrière du parc.

Heureusement, le Baxter State Park compte plusieurs autres sommets dépassant 1000 mètres d’altitude où les panoramas sont également splendides tels que les monts Doubletop, OJI, Coe, North et South Brother et The Traveler. D’autres sentiers sillonnent également la forêt en épousant le contour des lacs et relient les différents sites d’hébergement entre eux. Bref, il y beaucoup plus que le fameux Katahdin à découvrir!

dscf6608

Tous les sentiers du Baxter State Park ne sont pas aussi vertigineux que le Knife Edge. Un réseau important de sentiers serpente le territoire d’un lac à l’autre et traverse le parc du nord au sud. On peut y pratiquer la marche l’espace de quelques heures à quelques jours. Comme sur les plus hauts sommets du parc, la nature est également magnifique au coeur de la forêt. Photo : S@QC

Le parc offre aussi en location des canots sur une grande quantité de lacs où les huards élancent leur cris dans l’immensité de la forêt. Il n’en coûte qu’un dollar l’heure. Si la plupart des lacs sont plutôt petits, certains comme le lac Matagamon font plusieurs kilomètres de long et permettent de partir en canot-camping.

dscf6615

L’Appalachian Trail longe plusieurs des lacs du parc, comme Elbow Pond sur cette photo. À la fin de l’été, les randonneurs journaliers croiseront certainement des « thru-hikers », ces randonneurs qui complètent la traversée de l’ensemble du sentier avant que la neige ne recouvre les sommets du mont Katahdin. Photo : S@QC

Enfin, les utilisateurs du territoire peuvent compter sur la présence d’une équipe de « rangers » qui donnent de précieux conseils tout en assurant la préservation de ce joyau naturel qui rivalise sans hésitation avec le parc national de la Gaspésie et son célèbre mont Albert. Les amateurs de plein air de niveau avancé trouveront certainement au Baxter State Park un défi à leur hauteur!

dscf6558

Partout dans le Baxter State Park, les panoramas s’ouvrent sur cet immense territoire protégé. Même au-delà des limites du parc, des portions considérables de terrain sont préservées pour le plaisir des amateurs de plein air. Pas étonnant qu’on y trouve aussi une faune abondante. Photo : S@QC

Pour s’y rendre : de Québec, compter environ 5h30 en empruntant des routes de gravier ou en passant plus au sud pour rester sur les routes pavées.

Coûts : pour les non-résidents du Maine, il en coûte 14$US par voiture pour accéder au parc, la réservation d’un stationnement coûte 5$US et l’hébergement en camping 30$US US par nuit (2016).

À apporter : tout le nécessaire pour cuisiner, de l’eau ou un équipement pour traiter l’eau sur place, des lampes de poche et lampes frontales, une bonne paire de bottes de marche, de l’argent comptant pour les petits achats sur place, des vêtements chauds pour le camping et les sommets venteux.

Sentier du mont Élie : le paradis perdu

La Zec du Lac au Sable, située à proximité de La Malbaie dans Charlevoix aménage depuis peu des sentiers de randonnée pédestre sur son territoire. Le principal secteur en développement se situe près du lac à l’Est, à plus de 30 km de l’accueil de la Zec sur des chemins en gravier. Ceux qui oseront s’y rendre comprendront tout le potentiel de ce territoire public situé tout juste derrière le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

Pour l’instant, un seul sentier accueille les randonneurs dans le secteur du lac à l’Est. Il permet d’accéder au mont Élie culminant à 1038 mètres d’altitude. Ce sentier de 7,5 km (aller seulement), ouvert l’an dernier seulement, s’adresse à des randonneurs expérimentés qui n’ont pas peur de se retrouver seuls en pleine nature, les pieds dans la boue, et qui peuvent s’orienter convenablement en l’absence d’une signalisation régulière. Il y a actuellement un certain « buzz » autour de ce sentier sur les forums de randonneurs, mais peu de gens semblent s’y être aventurés… Toujours intéressés? C’est par ici!

Il est dimanche et nous avons roulé une partie de l’avant-midi jusqu’à ce que la route ne devienne qu’un chemin de terre de la largeur d’un véhicule. L’entrée du sentier est clairement indiquée par un panneau et une carte. Le minuscule stationnement, qui ressemble plutôt à un rond de virage, laisse penser que les foules sont peu nombreuses à cet endroit. Après de brefs préparatifs nous débutons notre randonnée. Le sentier suit d’abord un chemin de VTT sur près de 3 kilomètres (accessible aux randonneurs seulement). Sans attraits particuliers, il grimpe modérément dans une forêt mixte jusqu’à une cache servant à la chasse à l’orignal. D’ailleurs, les traces du célèbre cervidé sont forts nombreuses tout au long du trajet. En route, nous dérangeons brièvement un porc-épic qui se dépêche à monter dans le bouleau le plus proche et nous regarde passer l’air inquiet.

DSCF6271

Il faut marcher quelques kilomètres sur le sentier du mont Élie avant d’atteindre de premiers points de vue sur la Zec du lac au Sable. Notre patience sera par la suite bien récompensée par une multitude d’autres perspectives sur les montagnes environnantes. Photo : S@QC

Le sentier gagne ensuite la forêt boréale. Les vues s’ouvrent en passant sur des caps de roche garnis de bleuets. Nous en profitons pour situer les différents lacs de la ZEC visibles à partir d’un beau point de vue. Une autre longue montée permet d’arriver au sommet d’une petite montagne située à mi-parcours. De là, le sentier longe le tracé d’une ancienne ligne à haute tension qui s’est affaissée vers 1968 et qui a été déplacée à des altitudes plus clémentes par la suite. Une végétation clairsemée y a repris ses droits, tout en offrant des points de vue sur les montagnes environnantes.

DSCF6337

L’empreinte laissée par la ligne à haute tension est encore bien visible dans le paysage comme en témoigne cette photo prise à partir du mont Élie. La végétation à ces altitudes a une croissance plutôt lente. À certains endroits, le sol est carrément érodé jusqu’à la roche. Il en résulte donc un couloir intéressant pour la marche que le sentier tire à profit. Photo : S@QC

Une descente tranquille s’amorce ensuite jusqu’aux lacs Éclair et de la Gironde, à environ 6 km du départ. La cime du mont Élie, qui paraît encore très loin, devient visible en arrière-plan. Occasionnellement, on devine aussi certains sommets du parc national voisin. Il faut être attentif pour suivre cette partie du sentier peu balisé qui parcoure l’ancienne emprise. Ici et là, des vestiges métalliques ou des fragments d’isolateurs en porcelaine rappellent le passé des lieux.

DSCF6291

Le sentier du mont Élie contourne le lac à l’Éclair en passant sur un ancien barrage de castors. Un abri non fermé et une table de pique-nique permettent aux randonneurs d’effectuer un arrêt ou même d’y passer la nuit. Photo : S@QC

Un abri sommaire et une toilette sèche sont aménagés au lac Éclair, où il est également possible de camper (nous n’avons toutefois pas vu de plateforme). Ce site magnifique est situé à 2 km du sommet. Après une courte pause sur  les lieux, nous reprenons notre route en contournant d’abord le lac Éclair, puis le lac de la Gironde, un peu plus imposant que le premier. Nous imaginons, en passant, toute la solitude que doit offrir ce campement la nuit tombée.

Le sentier grimpe ensuite à nouveau, cette fois sur le mont Élie. Une longue montée permet de rejoindre un étang où les traces d’orignal abondent encore une fois. Le sentier n’est alors plus qu’un passage défriché jonché de souches et de branches coupées. Après le petit étang, une seconde montée permet d’atteindre la limite des arbres, à environ 1 km du sommet. Nous nous retrouvons alors en pleine végétation alpine et nous tentons tant bien que mal de suivre le sentier invisible au sol en suivant les petits rubans fixés aléatoirement aux arbrisseaux qui survivent au sommet.

DSCF6314

Dès la limite des arbres franchie, le sentier parcoure un vaste plateau dominant la plupart des sommets voisins. Il ne reste alors d’une colline à grimper pour atteindre les 1038 mètres du mont Élie. La vue sur le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie est époustouflante. Photo : S@QC

Inévitablement, nous posons le pied hors du sentier à quelques reprises en marchant sur des lits de mousses colorées comme si nous étions soudainement rendus dans la toundra arctique, loin de tout. Nous nous sentons seuls au monde et émus par tant de beauté! Cette portion de sentier gagnerait à être mieux balisée pour éviter le piétinement involontaire de cette végétation alpine encore intacte. Les sommets aussi bien préservés sont rares et méritent tout notre respect.

Nous songeons quelques instants à s’arrêter avant d’arriver jusqu’en haut, mais notre curiosité nous force à continuer. Encore quelques enjambées à travers des champs de bleuets nains et nous voilà enfin à la pancarte qui marque le point culminant de notre ascension. Le vent hurle dans nos oreilles et abaisse la température d’une dizaine de degrés. Nous nous empressons de mettre des manteaux et de prendre quelques photos avant de dîner à l’abri d’un rocher. Comme toujours dans Charlevoix, le spectacle qui s’offre à nous est enlevant. Tout autour, des montagnes et des lacs nous appellent à de nouvelles aventures et le sommet du mont Élie s’étale comme un immense plateau où logeraient bien quelques caribous.

DSCF6304

Le panorama au sommet s’ouvre sur les lacs environnants, mais également sur le mont des Éboulements, le fleuve Saint-Laurent et même les Appalaches qu’on distingue au loin. Photo : S@QC

DSCF6328

La saison des bleuets battait son plein lors de notre passage. Nous avons pu goûter à une variété alpine qui tapisse littéralement le sol du mont Élie et qu’on ne retrouve que sur les plus hauts sommets de la région.

Avant d’avoir trop froid, nous regagnons le sentier en suivant méticuleusement les rubans jusqu’à ce que la végétation ne reprenne ses droits. Le retour s’effectue par le même sentier. La journée est trop avancée pour faire une pause baignade dans le lac au Sable sur le chemin du retour. Ce sera pour une autre fois!

Comprendre l’archéologie… sans se creuser la tête!

Le mois d’août au Québec célèbre une discipline encore méconnue : l’archéologie. De nombreuses activités sont organisées à travers la province pour faire connaître le travail des archéologues ainsi que les différentes découvertes réalisées dans le cadre de leurs recherches.

La région de Québec renferme un grand nombre de sites archéologiques et un potentiel important en raison de l’ancienneté de son peuplement. En effet, la région est fréquentée par l’humain depuis près de 10 000 ans et la première colonie européenne y a été implantée en 1541. Pas étonnant, donc, qu’on entende de plus en plus parler de cette discipline qui permet de répondre à plusieurs questions d’ordre historique et même de faire avancer nos connaissances scientifiques actuelles.

À quoi sert l’archéologie?

L’archéologie s’intéresse à toute trace d’occupation humaine sous forme de vestige, que ce soit des éléments de conception humaine ou encore des résidus générés par l’action humaine (traces végétales, animales ou minérales). Les artéfacts ou les vestiges dégagés par l’archéologue peuvent témoigner de leur époque et livrer des informations précieuses.

Ces éléments matériels permettent d’étudier l’histoire, tout comme les documents d’archives ou les écrits anciens. Notre connaissance du passé provient généralement de ces sources matérielles. Pour en tirer de l’information, l’archéologue tente de mettre en contexte les éléments qu’il trouve. En d’autres termes, il doit identifier l’élément en question et expliquer sa présence sur le site en le mettant en relation avec l’environnement où il a été trouvé.

On peut également mieux comprendre notre monde actuel par des interventions archéologiques. Par exemple, la découverte de fragments de végétaux cultivés par le passé à un endroit donné pourrait valider certaines hypothèses climatiques et même influencer les modèles utilisés aujourd’hui.

Même si les vestiges archéologiques sont relativement nombreux sur le territoire, il s’agit d’une ressource précieuse et non renouvelable. Lorsque des aménagements sont réalisés sur un terrain, les ressources présentes sont généralement détruites. Tout remaniement de sol détruit également le contexte dans lequel les objets archéologiques sont conservés. Pour ces raisons, les archéologues préfèrent nettement travailler dans un sol intact qui n’a pas été bouleversé.

Pour éviter que des sites intéressants soient endommagés inutilement, sachez qu’il faut obligatoirement être archéologue pour réaliser des recherches ou des fouilles au Québec dans le but de trouver des objets ou des vestiges.

Quel est le travail de l’archéologue?

Les archéologues, comme beaucoup de professionnels, posent des actes spécifiques selon les objectifs à atteindre dans le cadre de leur mandat. Voici différents types d’interventions archéologiques pouvant être réalisés par un archéologue :

– Étude de potentiel archéologique : l’objectif d’une étude de potentiel est de déterminer à l’avance les emplacements les plus susceptibles de renfermer des vestiges archéologiques. L’archéologue consultera les informations disponibles, par exemple les études déjà réalisées, les cartes anciennes et la géographie du territoire visé afin d’identifier le plus précisément possible les sites où des activités humaines auraient pu avoir lieu. On sait, par exemple, que les cours d’eau étaient des voies de circulation prisées des Amérindiens. L’étude de potentiel permet de déterminer où effectuer des recherches sur le terrain ou de guider les promoteurs vers les zones les moins sensibles pour la réalisation de leurs projets.

– Inventaire archéologique : l’inventaire archéologique est souvent réalisé après une étude de potentiel pour valider la présence de sites sur le terrain. L’archéologue procède par sondages à intervalles réguliers et examine le sol à la recherche d’indices. L’inventaire permet d’identifier et de situer des sites archéologiques et d’en tirer des informations sommaires.

– Fouille archéologique : la fouille archéologique est sans doute l’intervention la plus connue du grand public, mais également la moins courante pour les archéologues. Cette intervention, plus ou moins exhaustive, a pour objectif de récolter un maximum d’informations sur un site archéologique dans le but d’accroître la connaissance sur ce dernier. La richesse archéologique d’un site est amoindrie par une fouille puisqu’elle entraîne nécessairement un bouleversement des sols en place. Il faut donc que cette intervention soit produite avec soin. Le plus souvent, les sites sont fouillés lorsqu’ils sont compromis par un projet de construction ou à des fins de recherche sur un sujet précis.

– Surveillance archéologique : cette intervention effectuée en cours de chantier consiste à superviser des travaux d’excavation. L’archéologue assistera à l’excavation et dirigera l’opération en s’assurant qu’aucun vestige ne soit mis à jour ou détruit par la pelle. Si un site était découvert pendant les travaux, l’archéologue colligerait l’information comme il se doit. Généralement, la surveillance est exercée par précaution et permet de s’assurer qu’aucune information vitale n’est perdue.

10430466_10153473607642931_8720187911282392257_n

Photo : Page Facebook de Archéo-Québec

Les archéologues sont présents dans plusieurs milieux de travail. Plusieurs firmes privées ont leurs propres équipes pour la réalisation d’études et l’élaboration de projets de développement. L’État en emploie également un certain nombre. Il existe également des consultants privés qui peuvent travailler pour différents types de clients. D’ailleurs, si vous habitez dans un secteur d’intérêt patrimonial, vous aurez peut-être un jour à retenir les services d’un archéologue pour réaliser certains travaux sur votre propriété!

J’ai tenté de vulgariser à ma façon ce domaine passionnant que je connais un peu. Pour en savoir davantage, je vous invite à consulter le site d’Archéo-Québec et à participer à l’une des nombreuses activités prévues dans le cadre du mois de l’archéologie. Vous y découvrirez toute la richesse qui repose sous nos pieds!

Visite du parc national des Monts-Valin au temps des bleuets

Le parc national des Monts-Valin a une certaine valeur sentimentale pour nous. C’est l’endroit où nous nous sommes initiés à la longue randonnée pédestre, en 2014, avec quelques amis et du matériel emprunté ou improvisé. Deux ans plus tard, et des dizaines de dizaines de kilomètres de plus dans le corps, nous sommes retournés faire le même parcours avec une facilité déconcertante. Nous avons donc pleinement mesuré notre progrès lors de cette sortie de deux jours.

Nous sommes partis de Québec le samedi matin pour arriver au pied de la montagne en fin d’avant-midi. Il faisait un soleil radieux à peine voilé par quelques hauts nuages effilochés par le vent. C’était une journée parfaite pour profiter des nombreux points de vue ponctuant cette exigeante randonnée de 11 km et 610 mètres de dénivelé.

Le tronçon que nous avons parcouru fait partie du sentier des Pics qui totalise 22 kilomètres linéaires et qui traverse l’ensemble du parc. Plusieurs points d’accès permettent toutefois de le parcourir en partie seulement sur des distances allant de 1 à 22 km. Notre trajet consistait à se rendre au Pic-de-la-Hutte, puis au refuge Le Pionnier pour la nuit, à partir du Centre de découvertes et de services à l’entrée du parc.

Au départ de l’accueil du parc, le sentier grimpe légèrement sur une surface bien nivelée jusqu’au lac des Pères, un petit lac agrandi par le labeur incessant des castors. Une passerelle de bois nous permet d’inspecter leur barrage de près sans se mouiller. Puis, le sentier monte modérément jusqu’à deux premiers points de vue sur le lac et la vallée de la rivière Valin. Les randonneurs les moins habitués pourront s’arrêter à ce point et rentrer ensuite.

DSCF6142

Le lac des Pères, dans le parc national des Monts-Valin, se situe au pied de la montagne, en arrière-plan. C’est en quelque sorte le point de départ de toute ascension des différents sommets du mont Valin. Photo : S@QC

Les autres poursuivront au moins jusqu’au point de vue suivant : le Pic-de-la-Tête-de-Chien. Un court sentier de 0,6 km à partir du sentier principal permet d’accéder au belvédère de ce sommet intermédiaire qui constitue le terminus de la plupart des randonneurs d’un jour. La vue sur la région et sur les sommets du mont Valin y est fort intéressante et permet de se familiariser avec la végétation alpine, qui sous ces latitudes pousse même à 590 mètres! Nous avons fait l’aller-retour sur ce sentier secondaire et profité de cet endroit pour arrêter dîner. Nous avons ensuite repris notre route vers le sommet.

DSCF6167

Le Pic-de-la-Tête-de-Chien offre une vue sur 360 degrés. D’un côté, on aperçoit toute la région du Saguenay. De l’autre, les sommets un peu plus hauts s’offrent à notre regard. À près de 600 mètres, la végétation se fait déjà plus rare à ces latitudes. Photo : S@QC

Le sentier monte alors graduellement jusqu’à un col où s’entassent de gros blocs rocheux. On s’y fraie un passage tout en profitant de la fraîcheur qui se dégage des petites grottes formées par cet amoncellement. Nous grimpons ensuite dans une longue coulée, puis sur un faux plat jusqu’au Pic-du-Grand-Corbeau, à 820 mètres d’altitude. Une plateforme de deltaplane s’accroche à la falaise et sert de belvédère aux randonneurs. La vue y est magnifique, bien entendu! Le Saguenay commence à se profiler à l’horizon et nous croyons même apercevoir le lac Saint-Jean. Ce point de vue est accessible à partir de l’accueil (environ 12 km aller-retour) ou encore à partir du stationnement Pic-de-la-Hutte, en haut de la montagne (environ 3 km aller-retour).

DSCF6174

À partir du Pic-du-Grand-Corbeau (820 mètres), le Pic-de-la-Tête-de-Chien se fait déjà tout petit. La vue sur la région est encore plus étendue. Ce sommet semble souvent très venteux. Photo : S@QC

Il reste encore près de 100 mètres à monter pour atteindre le sommet le plus élevé de la journée, mais il faut tout d’abord redescendre un peu pour passer dans un col cerné par des parois rocheuses et peuplé de bouleaux blancs rachitiques. Le sentier nous conduit ensuite jusqu’à deux grands étangs travaillés par les castors avant d’aboutir à une intersection. Nous rejoignons alors un sentier aménagé en criblure de pierre qui mène au sommet du Pic-de-la-Hutte. Les familles et randonneurs moins aguerris nous rejoignent par ce sentier qui conduit au stationnement à environ 1 km.

DSCF6176

On croise parfois des environnements forestiers uniques en montagne. Ici, une petite forêt parsemée de bouleaux blancs pousse à l’abri du vent. La végétation au sol est également abondante. Photo : S@QC

Bien que très aménagé, le Pic-de-la-Hutte vaut l’effort consenti. Contrairement à notre dernière visite où la montagne était envahie par le brouillard, cette fois-ci le temps clair nous offre une vue dégagée jusqu’à la Réserve faunique des Laurentides et au lac Saint-Jean. Des trottoirs de bois conduisent à deux belvédères et à un relais où il est possible de casser la croûte en journée.

À notre arrivée, une activité de découverte se terminait au sommet. Un garde-parc offrait de l’information sur les différentes variétés de fruits sauvages typiques de la région et une petite dégustation. Nous avons notamment appris qu’il existe une dizaine de variétés de bleuets dans sur le mont Valin et nous avons goûté à la chicoutai, l’emblème de la Côte-Nord. Comme le refuge n’est qu’à quelques enjambées, nous profitons également de la tranquillité de la fin de journée pour prendre une bière en contemplant le Saguenay.

DSCF6192

Le Pic-de-la-Hutte s’élève au-dessus de la grande vallée du Saguenay qui est en fait un graben, soit un affaissement de la croûte terrestre entre deux failles géologiques. Des panneaux au sommet résument ce phénomène. On aperçoit également la plateforme du Pic-du-Grand-Corbeau, en avant-plan. Photo : S@QC

Le refuge est au pied du Pic-de-la-Hutte, près du lac des Pionniers. Il offre de l’hébergement pour 8 personnes dans deux chambres semi-fermées. À notre arrivée, nous rencontrons nos deux colocataires, deux randonneuses de Québec. Nous prenons notre souper à quatre en discutant de randonnée, puis nous quittons le groupe pour faire un petit feu de camp à l’extérieur vers la tombée du jour. Au moment de se coucher, des visiteurs nocturnes souhaitant nous rendent visite, mais rebroussent rapidement chemin en constatant notre présence. Après leur départ, la nuit s’installe et nous profitons tous de la noirceur de la forêt pour faire le plein d’énergie.

La journée du lendemain s’effectue par le même chemin. Après un bon déjeuner, nous mettons le cap vers la voiture. Le temps gris nous a regagné, laissant même présager des averses, mais le panorama est encore acceptable. Nous profitons du temps qui s’offre à nous pour manger des bleuets en route et nous tentons d’identifier les différentes variétés du parc. Décidément, le parc national des Monts-Valin n’est pas qu’une destination hivernale. La prochaine fois, nous attaquerons l’autre portion du sentier sur les hauts plateaux montagneux.

DSCF6212

Ce petit sommet intermédiaire offrant un point de vue à quelques mètres du sentier principal est également un véritable garde-manger. Nous y avons cueilli une belle portion de bleuets sauvages tout en restant dans le sentier pour éviter de piétiner la végétation fragile. Photo : S@QC

Les Nancy au fourneau : des petits pots à découvrir

J’ai eu l’occasion dans un festival de goûter à différents produits préparés par Les Nancy au fourneau. Cette jeune entreprise de Saint-Marc-des-Carrières dans la région de Portneuf produit des « petits pots de bonheur et de saveurs, entièrement fait maison ». Plusieurs de leurs marmelades, confitures, gelées, caramels et marinades ne sont pas que savoureux; ils ont également un petit quelque chose de différent…

13320465_1681421002119845_2750781119594962797_o

Photo : Les Nancy au fourneau

Par exemple, le sublime caramel à la bière concocté avec les produits de la microbrasserie À la fût de Saint-Tite ne passera pas beaucoup de temps dans mon garde-manger. On peut bien sûr le tartiner ou encore le servir avec des fromages… oui, oui! Son goût juste assez sucré, mais pas trop, en fait selon moi un coup de coeur. Les vrais amateurs de caramel peuvent aussi se tourner vers le caramel fleur de sel ou le caramel dulce de leche.

Les Nancy au fourneau préparent aussi des confitures à la camerise, un petit fruit méconnu cultivé par une autre entreprise de Portneuf. Elles s’apparentent un peu à la confiture de bleuet, mais avec un goût un peu plus acidulé qui rappelle la framboise. À essayer!

Je pourrais parler de tous les produits, mais je limiterai cet article à un dernier petit délice : une salsa de maïs à servir avec des burgers, dans des nachos ou sur un petit canapé aux crevettes et à la coriandre. Cette salsa transformera vos prochains soupers sur la terrasse! Je rêve déjà à mes prochains burgers…

Bonne nouvelle, on trouve maintenant ces produits un peu partout. Le nombre de points de vente entre Trois-Rivières et Charlevoix ne cesse de s’allonger. On peut entre autres acheter ces produits directement dans les nombreux marchés publics ou événements de la région. Un nombre grandissant de commerces accueillent aussi ces petits pots sur leurs étalages. À Québec, on m’a dit que la Tabagie de la place, coin Saint-Joseph Est et du Pont, avait une belle sélection. La Baconnerie et la Réserve à Limoilou en ont également. Pour voir la liste complète, cliquez ici.

Survivre en forêt – 10 conseils pour bien planifier une randonnée

Passer du temps en forêt n’est pas dangereux en soi, mais on peut facilement se mettre dans une situation précaire sans une préparation adéquate. Après avoir passé un nombre incalculable d’heures en forêt et avoir collaboré cet été au sauvetage d’une dame perdue en forêt dans l’arrière-pays de Charlevoix, je vous propose quelques mesures de sécurité simples à prendre pour éviter les accidents les plus courants. Pour une rare fois sur ce blogue, il sera réellement question de survie!

1 Planifier son trajet
Le meilleur moyen d’éviter de se perdre en forêt est de connaître son chemin. Une bonne planification avant le départ et un suivi rigoureux une fois sur place permettront de se localiser facilement. Une carte des sentiers est fort utile pour se repérer. N’hésitez pas à l’étudier à fond avant de partir et de noter les attraits que vous croiserez en route. Il peut être très utile de prendre la carte à l’entrée des sentiers en photo si vous n’avez pas de copie papier dans les poches une fois sur place.

Si vous avez un appareil mobile, ajouter une application qui vous permet de mesurer votre trajet est également une bonne idée. Vous pourrez facilement suivre votre progression et montrer vos prouesses à vos amis au retour. Assurez-vous d’avoir rechargé la pile avant le départ et apportez un chargeur pour les sorties de plus d’un jour. Bien entendu, ne comptez pas uniquement sur la technologie pour vous guider.

DSCF3913

Sur une carte, repérez les éléments du paysage facilement perceptibles comme les ruisseaux, les reliefs, les points de vue ou les intersections avec d’autres sentiers ou des routes. Ils vous aideront à vous localiser rapidement. En progressant ainsi d’un repère à l’autre, il est plus facile de mesurer le chemin parcouru. Photo : S@QC

Ne vous fiez pas uniquement sur la signalisation pour vous repérer. Même les sentiers bien balisés peuvent parfois nous induire en erreur. Parfois, la signalisation est absente à certaines intersections ou dans certaines directions. Ailleurs, les panneaux installés par des gens pleins de bonnes intentions, mais avec peu de moyens, sont parfois difficiles à décoder.

Nous avons rencontré un petit groupe en raquette cet hiver qui avait réservé un refuge à 500 mètres du nôtre. Ceux-ci semblaient moins habitués que nous à ce genre d’activité. Après avoir pris une longue pause sur une table extérieure face à notre refuge, ils ont repris leur chemin pendant que nous étions à nous installer pour la soirée. Ils sont revenus beaucoup plus tard, au coucher du soleil, découragés et fatigués car ils n’avaient pas réussi à trouver leur refuge.

Après avoir discuté avec un membre du groupe qui venait nous vérifier si nous occupions leur refuge, nous avons constaté qu’ils n’ont jamais remarqué l’immense carte des sentiers derrière la table où ils ont fait leur pause, qu’ils n’ont pas pris soin de valider la direction à prendre à l’intersection suivante et qu’ils ont marché près de 2 kilomètres dans la mauvaise direction avant de rebrousser chemin. Nous leur avons donc indiqué le chemin à prendre.

2 Respecter son rythme
Pour éviter de se retrouver coincé en forêt à la tombée de la nuit, il vaut mieux apprendre à connaître sa vitesse de déplacement. Et on ne progresse pas toujours à la même vitesse selon la nature des sentiers ou la saison. En planifiant sa sortie, on peut ainsi facilement estimer le temps requis pour parcourir le trajet projeté et valider si l’on dispose du temps nécessaire pour le faire de façon sécuritaire. À titre indicatif, voici les vitesses de déplacement que j’utilise généralement (qui peuvent évidemment varier d’une personne à l’autre) :

  • Randonnée pédestre d’un jour sur sentier intermédiaire ou difficile : 3 km / heure
  • Longue randonnée pédestre avec sac à dos : 2 km / heure
  • Randonnée en raquette : 1,5-2 km / heure selon l’enneigement et le poids transporté

Il est important de tenir compte de la durée du jour au moment où la sortie est planifiée et de prévoir un peu de temps supplémentaire en cas de retard.

Il y a quelques années, j’ai mal estimé le temps requis pour se rendre à un refuge situé à environ 14 km de notre point de départ. En fait, nous avons été surpris en arrivant sur place par une épaisse couche de neige tombée la veille, en automne. Notre progression a donc été plus lente que prévue et la nuit est tombée à quelques kilomètres du refuge, en forêt. Heureusement que nous avions des lampes frontales car la nuit était noire malgré la neige au sol. Comme personne n’était passé avant nous, seules les balises aux arbres permettaient de se guider. Elles n’étaient pas toutes faciles à repérer, ce qui nous ralentissait davantage.

Enfin, nous sommes arrivés à un point de vue près du sommet de la montagne en question où j’ai demandé de prendre une pause. Mes amis, restés derrière m’attendaient. Lorsque je me suis retourné pour leur parler, j’ai alors aperçu un panneau indiquant notre refuge. Nous étions sans le savoir à une intersection qu’il ne fallait pas manquer. Cet heureux hasard nous a permis d’éviter de poursuivre dans la mauvaise direction.

3 Confier son itinéraire
Il est toujours préférable d’aviser un proche de son itinéraire avant de partir, surtout sur les sentiers libres d’accès comme le Sentier national. Assurez-vous qu’on remarque votre absence rapidement si un ennui survient en indiquant le moment où vous prévoyez revenir. Au retour, signalez que vous êtes bel et bien rentrés.

4 Apporter plus que le nécessaire
On ne pense pas nécessairement à apporter beaucoup de choses lors de courtes sorties. Pourtant, certains objets peuvent devenir bien utiles si l’on rencontre un problème en route : lampe frontale; briquet/allumettes, couteau de poche, vêtements supplémentaires, trousse de premiers soins, pastilles pour traiter l’eau, quelques barres tendres, etc.

Même de courtes randonnées près de la ville peuvent engendrer un sauvetage de plusieurs heures en cas de blessure notamment. Il vaut donc mieux prévoir cette éventualité en préparant un petit kit qu’on glisse dans son sac à dos.

À titre d’exemple, les sentiers du mont Wright à Stoneham ont engendré leur lot de blessures dans les dernières années. Cette petite montagne très fréquentée située à 30 km de Québec présente certains risques, notamment en raison de ses parois d’escalade. En avril dernier, un sauvetage sur cette montagne aura nécessité plusieurs heures d’attente durant une nuit d’avril. Gageons que les personnes concernées s’en souviendront longtemps.

5 À boire aubergiste!
L’hydratation est essentielle lorsqu’on pratique une activité physique. Il est imprudent de partir sans eau en forêt, même en hiver. Une bouteille de 500 ml n’étanchera sans doute pas votre soif pour toute une journée. N’ayez donc pas peur d’avoir deux bouteilles sous la main et d’apporter des pastilles ou un filtre pour traiter l’eau puisée en route. En passant, faire fondre de la neige sur un poêle à bois demande beaucoup d’énergie pour peu de résultats…

DSCF4449

Il ne faut pas compter sur la présence d’eau dans les sentiers, surtout en montagne. Sur les sommets, les sources d’eau fiables sont rares, voire absentes. Renseignez-vous avant de partir sur les points d’eau connus sur votre trajet et tentez d’évaluer sur la carte où sont les cours d’eau les plus susceptibles d’être propices. Pour les randonnées d’un jour, il est plus simple de prévoir suffisamment de liquide pour la journée.

6 Être bien chaussé
En forêt, le risque de blessure aux jambes, entre autres aux chevilles, est évidemment plus élevé. Plus les sentiers sont accidentés, plus il est important de porter des chaussures adaptées pour la marche. Les cailloux, les feuilles au sol, l’eau, la boue et la neige nécessitent également des précautions particulières. En montagne ou sur des sentiers peu aménagés, rien ne vaut une bonne paire de bottes de marche qui protégeront vos chevilles d’un faux pas. Les chaussures de randonnée ont également des semelles rigides qui sont plus confortables en terrain rocailleux et moins glissantes sur des surfaces mouillées.

À éviter : les sandales, les gougounes, les espadrilles de course, les baskets et les souliers de skate.

7 Rester groupés
La randonnée est un sport qui se pratique bien à deux ou en petits groupes. Il est évidemment plus sécuritaire et plus motivant de partir à plusieurs. Si un ennui survient, un membre du groupe pourra aller chercher de l’aide ou soutenir la personne concernée. Il faut le plus possible éviter de se séparer et de laisser quelqu’un seul en forêt. Les randonneurs en solo ne devraient pas emprunter les sentiers peu fréquentés et les sentiers techniques où le risque de chute est plus grand.

Dans un même ordre d’idées, il est préférable de marcher à la vitesse du plus lent du groupe que de se séparer. Cette personne est peut-être plus fatiguée ou moins habituée, et donc plus à risque de rencontrer un problème. Il vaut donc mieux ne pas l’abandonner derrière.

Fait à noter : marcher à plusieurs permet aussi d’avoir une conversation qui vous fera entendre dans les sentiers et d’avertir la faune de votre présence.

8 Conserver jalousement sa nourriture
Pour des raisons de sécurité, il est primordial d’éviter de partager son repas du soir avec la faune locale. En longue randonnée, il est préférable de ne pas manger dans sa tente et de ne pas laisser traîner des restes de nourriture autour de son campement. De même, il est plus prudent de suspendre sa nourriture dans un arbre la nuit tombée. Les randonneurs d’un jour peuvent aussi faire leur part en évitant de disperser des déchets sur le sentier. Dans certains secteurs les ours noirs sont assez communs et pourraient être tentés par nos provisions s’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent en forêt ou s’ils sont habitués à la présence humaine…

DSCF6017

Il existe plusieurs techniques pour suspendre un sac à une branche d’arbre. En hissant un sac à plus de trois mètres du sol et plus d’un mètre du tronc de l’arbre, vos provisions passeront une aussi bonne nuit que vous et seront à l’abri des rongeurs ou de plus gros visiteurs… Photo : S@QC

9 Redescendre avec retenue
En montagne, les accidents surviennent surtout en descente car le risque de chute augmente et comme la descente s’effectue normalement au retour, nous sommes plus fatigués. Il faut donc redoubler de vigilance en descendant et s’assurer à chaque pas que le pied qui reste au sol est stable et ne glissera pas. Il faut être particulièrement attentif en descente, même dans les sections qui paraissent plus facile. C’est souvent à ce moment qu’une chute survient. Pour cette raison, il est préférable d’éviter de courir (à moins d’être entraîné pour le faire) même si la gravité nous pousse vers le bas. Comme on le fait en montant, il est souhaitable de prendre des pauses en descendant même si l’effort est moins soutenu. En évitant l’alcool au sommet, on augmente aussi ses chances de se rendre au 5 à 7 plutôt qu’à l’hôpital!

10 Se servir de son jugement
Cette liste ne se veut pas exhaustive et ne s’adresse pas aux randonneurs à la conquête du Grand Nord québécois. Toutefois, avec un peu de jugement et ces quelques conseils, il est possible de profiter de cette grande nature qui nous entoure sans mettre sa survie en péril. Bonne randonnée!