Où suis-je? Le parc des Voiliers

Le parc des Voiliers situé près de l'église Saint-Michel de Sillery est un petit espace gazonné équipé de quelques tables à pique-nique. La vue y est superbe. Par temps clair, on y voit la ville de Lévis, les édifices de la colline parlementaire, les Laurentides jusqu'aux portes de Charlevoix, la pointe de l'île d'Orléans, les Appalaches et même les éoliennes du parc régional du Massif du Sud à environ 65 km! Photo : S@QC

Le parc des Voiliers situé près de l’église Saint-Michel de Sillery est un petit espace gazonné doté de quelques tables à pique-nique. La vue y est superbe. Par temps clair, on y voit la ville de Lévis, les édifices de la colline parlementaire, les Laurentides jusqu’aux portes de Charlevoix, la pointe de l’île d’Orléans, les Appalaches et même les éoliennes du parc régional du Massif du Sud à environ 65 km! Photo : S@QC

Baie de Beauport : privatisation de la plage?

J’ai appris la nouvelle tardivement car, pour différentes raisons, je ne m’étais pas encore rendu à la baie de Beauport cette année. Puis, cet article dans Le Soleil paraît : l’accès à la baie de Beauport coûte désormais 2$ par personne. La privatisation de l’espace public gagnerait-elle encore du terrain? Sous la gouverne de Gestev, la baie de Beauport ne devient rien de moins qu’un centre commercial sur plage… un lieu surveillé et administré par un organisme à la recherche de profit.

La baie de Beauport. On y allait à l'origine pour y chasser la sauvagine. Aujourd'hui, se sont les huards dans vos poches qui sont pris pour cible... Photo : S@QC

Baie de Beauport. Photo : S@QC

L’histoire de ce lieu était pourtant toute autre jusqu’à récemment. Avant que le gouvernement fédéral n’y fasse pleuvoir des millions pour les festivités du 400e anniversaire de Québec, cette pointe ensablée, créée par la construction des quais du port, était un îlot de campagne au coeur de la ville. On y faisait même des feux sur la grève, la nuit tombée! Rien de bien chic, j’en conviens, mais cet espace servait à une forme libre de socialisation qui existe de moins en moins. Pour certains citadins qui passent l’été coincés en ville, c’était la seule plage qu’ils pouvaient s’offrir. Quand on n’a pas de voiture, une journée au lac Saint-Joseph devient rapidement hors de prix…

Les aménagements lourds qui ont suivi ont eu pour effet de structurer davantage ce site ouvert au public. Certains aménagements sont plutôt réussis, par exemple, les immenses tables à pique-nique en pierre qui permettent les regroupements tout en étant indestructibles. Cependant, pour aller à la plage, on n’a pas nécessairement besoin de se faire pointer un banc pour s’asseoir. On devrait pouvoir le faire librement où bon nous semble.

La tarification instaurée cette année aura pour effet de privatiser davantage cet espace public et de forcer les usagers de ce parc à participer davantage aux activités organisées par Gestev qui se promettent de plus en plus nombreuses. Les flâneurs qui venaient y faire demi-tour et qui utilisaient la salle de bain avant de repartir devront aller ailleurs. Cet organisme a fait le choix facile de facturer tout le monde au lieu de convaincre le public à participer aux activités offertes. Heureusement pour nous, tous les parcs urbains ne se clôturent pas!

Les pelletées de terre – quelques projets (22)

L’été est enfin arrivé et, comme à chaque année, la ville de Québec se transforme en douceur avec la naissance de nouveaux commerces qui espèrent ouvrir à temps pour profiter de l’achalandage estival. La cuvée 2015 s’annonce assez prometteuse, notamment pour les amateurs de bière. Voici quelques nouveautés qui ont attiré notre attention :

– Noctem Artisans Brasseurs : cette brasserie artisanale, qui ouvrira sous peu, dépoussiérera un peu l’ancien local occupé par le restaurant Yuzu de la rue du Parvis. Il s’agira donc de la troisième microbrasserie du quartier Saint-Roch. On peut espérer qu’une jolie terrasse soit aménagée sur le court tronçon de la rue du Parvis réservé aux piétons.

– La bûche : les propriétaires du Savini et du Bello ristorante ont délaissé un instant la cuisine italienne pour se recycler dans la cuisine québécoise. Le restaurant La bûche, situé près du Château Frontenac, mélange des ingrédients de la cabane à sucre traditionnelle et des éléments d’une cuisine du terroir plus contemporaine et urbaine. L’endroit est ouvert à l’année et propose des plats identitaires tels que ragoût, poutine, tarte au sucre… La musique est 100% québécoise et le décor est ponctué de tables à pique-nique. Bref, une belle formule pour les nostalgiques ou les gens de passage.

Griendel : la renaissance de la rue Saint-Vallier Ouest, dans le quartier Saint-Sauveur, se poursuit avec l’ouverture prochaine de la brasserie artisanale Griendel. L’établissement sera situé dans l’édifice de l’ancienne Union commerciale qui subit présentement une importante transformation, notamment par l’ajout d’étages réservés à du logement.

Le Murphy’s : Le Soleil nous apprenait la semaine dernière que l’ancien magasin Archambault de la rue Saint-Jean accueillera un pub irlandais où les bières et la musique traditionnelle du Québec seront à l’honneur (alors, pourquoi parler de pub irlandais?). Une annonce étonnante, si l’on considère que la musique trad s’impose difficilement à Québec comparativement à d’autres régions. Le commerce appartient au même propriétaire que le pub Saint-Alexandre, juste à côté. Une petite salle de spectacle ouvrira quelques mois plus tard dans le même édifice.

Ils en fument du Bon : Une charcuterie de luxe offrant un choix de saucisses aux saveurs inédites, et bientôt des bières de microbrasserie, vient tout juste d’ouvrir ses portes à l’extrémité nord de la 3e Avenue, dans le Vieux-Limoilou. Ils en fument du Bon est une jeune entreprise de Montréal qui tente une percée à Québec en collaboration avec le dépanneur L’Axe du malt de la rue D’Aiguillon. C’est un peu « trash » et d’une virilité assumée, on vous prévient. Goûtée lors de l’ouverture officielle le 22 juin : la saucisse Kraft Dinner qui laissait entrevoir quelques nouilles à travers une viande de porc de qualité. La saucisse au pâté chinois a également attisé notre curiosité, mais notre choix se portera sans doute vers des saveurs plus conventionnelles lors de notre prochaine visite!

Limoilou en musique : cohésion sociale sur la 3e

Limoilou en musique n’est pas encore terminé, mais on peut déjà dire que l’édition 2015 s’est déroulée sous le signe de la continuité. Limoilou en vrac, l’organisme qui nous livre le festival limoulois année après année, a trouvé la formule chimique parfaite pour faire prendre le party : une programmation variée et originale, un accès gratuit, de la bonne bière pas chère et un contrôle discret de la foule. Les Limoulois et leurs voisins de la Basse-Ville leur rendent bien! Un public hétérogène reflétant la composition sociale du quartier s’y présente assidûment pour écouter les artistes qu’on croirait presque pouvoir toucher du bout des doigts, le tout dans une ambiance de franche camaraderie teintée du « vivre et laisser vivre » qui caractérise si bien le quartier.

Ce fut notamment le cas lors de la prestation énergique qu’a livré un Mononc’ Serge (et ses sportifs) visiblement à l’aise devant ses amis limoulois. Malgré quelques lacunes au niveau du son, particulièrement lors des pièces plus musclées où les guitares prennent le pas sur la voix de Mononc’ Serge, la foule dense a écouté avec intérêt cette grande messe en joual à laquelle tous étaient conviés. Pendant près de deux heures, une vulgarité recelant une critique sociale a trouvé écho auprès d’un public varié qui était visiblement là pour s’amuser.

Avec Mononc’ Serge, tous les sujets s’abordent sans retenue, ce qui a sans doute surpris davantage les quelques sexagénaires présents dans la foule que la communauté punk du secteur regroupée devant le bar laitier voisin de la scène. La seule nouvelle pièce de Mononc’ Serge offerte lors de cette soirée a été reçue aussi chaudement que la classique Marijuana. La foule ne s’est pas faite prier pour entonner avec vigueur de multiples « coupe Couillard » à répondre en choeur. Rien de bien étonnant si l’on considère que ce coin de rue est un épicentre du mouvement des casseroles depuis 2012.

Un peu plus tard, une foule trop peu nombreuse, mais motivée, s’est présentée au pub La Chope pour entendre la jolie voix de Sylvia qui nous a littéralement transportés ailleurs avec sa musique country, un style bien à la mode par les temps qui courent. Sylvia compose ses propres pièces sur des sujets du quotidien ou encore traduit des classiques du répertoire américain. Cette deuxième option peut paraître risquée, mais lui réussit fort bien. Une soirée à La Chope réserve parfois des surprises… Imaginez-vous essayer de chanter devant des amoureux dans un coin, quelques danseurs en style libre, les vieux de la place, un homme éméché à la recherche d’amis et une gang de filles criardes célébrant un enterrement de vie de fille. Soirée digne d’un film!

Puis, le lendemain, une journée sans pluie inattendue a permis de poursuivre la fête. Cette fois, Limoilou célébrait en plein après-midi un énième hommage à Sylvain Lelièvre devant une foule clairsemée, mais attentive. La poésie de Lelièvre semble traverser les modes, portée par l’intelligentsia du quartier. Vous voulez y aller? Suivez le son jusqu’au coin de la Canardière!

Vélo-camping dans les MRC de Bellechasse et Montmagny : un circuit de paysages et de patrimoine

L’occasion était belle. Deux jours de beau temps pour rouler hors de la ville en marge de La Boucle du Grand défi Pierre Lavoie. Deux jours avant le départ, je réserve un emplacement de camping et prépare l’itinéraire en sélectionnant avec soin les plus beaux rangs des MRC de Bellechasse et de Montmagny pour l’occasion. La veille nous complétons l’achat des vivres et la préparation des bagages avant de s’endormir, fébriles.

Samedi matin. Après un déjeuner complet, nous nous rendons à la traverse Québec-Lévis, puis empruntons le parcours des Anses jusqu’à la sortie de Lévis, au bout de la route L’Allemand. À partir de ce point, plus de pistes cyclables, mais d’accueillantes routes secondaires jalonnent notre parcours. Les odeurs sont décuplées en cette journée ensoleillée parfaite pour faire les foins. Nous filons, le vent dans le dos, sur les chemins Saint-Roch et Ville-Marie, puis sur la route de Beaumont en direction de Saint-Charles-de-Bellechasse. À cet endroit, nous redescendons la grande vallée de la rivière Boyer en contemplant d’un seul coup d’oeil un vaste panorama agricole. En remontant l’autre versant, sur le rang de l’Hêtrière Est, nous arrêtons dîner chez un sympathique vigneron, le propriétaire du Domaine Bel-Chas.

La route de Beaumont s'ouvre, à l'approche de Saint-Charles-de-Bellechasse, sur un vaste panorama agricole. Tout autour, plusieurs routes secondaires permettent de pédaler à l'abri de la circulation lourde. Photo : S@QC

La route de Beaumont s’ouvre, à l’approche de Saint-Charles-de-Bellechasse, sur un vaste panorama agricole. Tout autour, plusieurs routes secondaires permettent de pédaler à l’abri de la circulation lourde. Photo : S@QC

Nous discutons quelques instants de viticulture québécoise, de l’excellente récolte de 2012 actuellement sur les tablettes et du début de saison prometteur de l’année en cours. Puis, nous goûtons à un vin blanc fortifié de style porto qui se démarque par sa très faible teneur en sucre. Nous en aurions bien acheté une bouteille si l’espace libre n’était pas déjà réservé à une bouteille de vin rouge destinée à arroser notre soirée au camping. Nous nous empressons de l’acheter avant de déballer notre pique-nique sur la terrasse aménagée devant la boutique. Il y a honnêtement peu de haltes cyclistes aussi intéressantes dans les environs! Avant de quitter, nous marchons un peu en direction des vignes où nous apercevons des boutures en vente dans une serre. Celles de l’an prochain seront bientôt déjà vendues, semble-t-il.

Le Domaine Bel-Chas fait partie de la route des vins de Bellechasse qui regroupe trois producteurs de la Chaudière-Appalaches. Le Domaine Bel-Chas produit actuellement 17 variétés de vignes et élabore des produits d'une grande qualité. Apportez-y un pique-nique et profitez de l'accueil généreux de cette entreprise en plein essor. Photo : S@QC

Le Domaine Bel-Chas fait partie de la route des vins de Bellechasse qui regroupe trois producteurs de la Chaudière-Appalaches. Le Domaine Bel-Chas produit actuellement 17 variétés de vignes et élabore des produits d’une grande qualité. Apportez-y un pique-nique et profitez de l’accueil généreux de cette entreprise en plein essor. Photo : S@QC

Nous remontons ensuite vers le sud jusqu’à Saint-Gervais et son 1er Rang qui nous conduira jusqu’à Saint-Raphaël. La route longe une terrasse marine offrant une vue sur la plaine en contrebas avant de s’engouffrer dans les terres. Nous arrêtons un instant dans un petit hameau regroupé autour d’un ancien moulin. La MRC de Bellechasse est d’une grande beauté. On y trouve encore des fermes à dimension humaine qui permettent le maintien de paysages agricoles traditionnels comprenant des granges et des maisons de ferme anciennes, des alignements d’arbres et d’importantes superficies boisées sur les crans rocheux ou à l’arrière des terres cultivées. On alterne ainsi entre milieux ouverts et milieux fermés dans un décor verdoyant.

Au milieu de l’après-midi, nous arrivons à Saint-Raphaël, un joli village situé sur un plateau élevé de Bellechasse. Une place publique, voisine de l’église, a fait l’objet d’un traitement soigné et offre la possibilité de se rafraîchir dans une fontaine constituée de jets d’eau. Nous y passons un bon moment avant de nous diriger vers le camping. Ce dernier se situe encore plus haut dans les collines avoisinantes. Nous quittons alors le monde agricole pour entrer dans l’univers agroforestier qui caractérise le sud de la région.

Voici un aperçu du centre-ville de Saint-Raphaël. Ce village-centre regroupe tout de même plusieurs services et de petites industries pour la population environnante. Photo : S@QC

Voici un aperçu du centre-ville de Saint-Raphaël. Ce village-centre regroupe tout de même plusieurs services et de petites industries pour la population environnante. Photo : S@QC

Le camping La Jolie Rochelle est situé dans une vallée étroite, au bord de la splendide rivière du Sud qui coule dans un lit rocailleux jusqu’à Montmagny. C’est un camping typique avec ses longues roulottes, sa piscine chauffée et le va-et-vient incessant des voiturettes de golf, mais les aménagements y sont de bon goût et ne tombent pas dans l’excès!

Les plus beaux terrains sont situés le long de la rivière et ne sont offerts qu’aux petits véhicules ou aux tentes compte tenu du peu d’espace disponible. Par chance, nous avons réussi à y planter notre tente en réservant 48 heures avant notre séjour. L’eau est à nos pieds et le bruit d’un petit rapide dans la rivière produit un effet apaisant. Nos grandes sacoches ne tardent pas à attirer les regards et de belles discussions s’enclenchent avec nos voisins sur le sentiment de liberté que procurent les voyages à vélo. Nous nous couchons tôt, peu après l’arrivée des moustiques, au coucher du soleil.

Vue de la rivière du Sud, prise les deux pieds dans l'eau en face de notre emplacement de camping. Nous y avons également observé plusieurs pêcheurs pratiquant la pêche à la mouche. Photo : S@QC

Vue de la rivière du Sud, prise les deux pieds dans l’eau en face de notre emplacement de camping. Nous y avons également observé plusieurs pêcheurs pratiquant la pêche à la mouche. Photo : S@QC

Le lendemain, nous quittons ce havre de verdure après un petit déjeuner rudimentaire à destination de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, dans la MRC de Montmagny. Pour s’y rendre, nous empruntons le rang du Sault, nommé ainsi à cause de la présence d’une chute sur la rivière du Sud où un moulin a été converti en centrale hydroélectrique. Le hameau alentour se nomme Arthurville. La rivière à cet endroit est tout simplement magnifique. Ce rang tranquille devient ensuite le chemin de la Rivière du Sud. Il s’élève alors quelque peu au-dessus de la grande plaine où repose le village de Saint-François qu’on aperçoit fièrement perché sur sa crête rocheuse. Ce paysage typique de la Côte-du-Sud est ponctué de grosses fermes familiales d’apparence prospères. Sur la route, les voitures se font rares.

Le chemins de campagne près de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud ne manquent pas de charme. Les Laurentides forment la ligne d'horizon sur toute la longueur de la Côte-du-Sud. Photo : S@QC

Le chemins de campagne près de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud ne manquent pas de charme. Les Laurentides forment la ligne d’horizon sur toute la longueur de la Côte-du-Sud. Photo : S@QC

Après un arrêt à Saint-François où nous visitons brièvement son site patrimonial tout en discutant avec les paroissiens sortant de la messe (les sacoches font encore leur effet), nous revenons vers Québec en passant par la Montée de la Station. Nous croisons la voie ferrée où se trouvait la station en question, ou la gare de Saint-Vallier, si vous préférez. Le chemin d’Azur nous conduit à La Durantaye et par la suite, la 281 rejoint Saint-Michel-de-Bellechasse tout en nous offrant le panorama emblématique de la Chaudière-Appalaches qui figure dans maintes publications touristiques.

Une vue plongeante s'offre aux cyclistes qui abordent Saint-Michel-de-Bellechasse par le sud. L'île d'Orléans, juste en face, laisse voir son plateau agricole qui semble être une extension de la Chaudière-Appalaches. Photo : S@QC

Une vue plongeante s’offre aux cyclistes qui abordent Saint-Michel-de-Bellechasse par le sud. L’île d’Orléans, juste en face, laisse voir son plateau agricole qui semble être une extension de la Chaudière-Appalaches. Photo : S@QC

Nous dînons à La babine gourmande, le fameux casse-croûte pour épicuriens qui transforme les frites en or avec sa formule originale! Un incontournable. Enfin, nous rentrons à Lévis par la route 132 avant de regagner Québec. Ce circuit de plus de 140 kilomètres nous aura fait voir de superbes paysages champêtres sur des routes parfaites pour les cyclistes.

Le Détroit de la Chaudière, à Saint-Lambert-de-Lauzon

Nous roulions, un peu perdus, je l’avoue, en direction de Saint-Lambert-de-Lauzon. La journée était si calme qu’on aurait cru qu’Éole faisait une offrande aux cyclistes… Puis, dans un détour de la route 171, assez banale jusqu’alors, un panneau annonçait le parc municipal du Détroit de la Chaudière. Un nom pareil laissait présager une merveille géologique. Sans trop y réfléchir, nous nous sommes précipités vers ce petit havre de verdure.

Ce parc de dimension assez modeste semble être une ancienne halte routière et se divise en deux secteurs : un plateau où un chemin d’asphalte en demi-cercle traverse un sous-bois de pins matures et l’escarpement boisé de la rivière Chaudière où se dressent d’immenses rochers inclinés qui permettent d’observer d’imposant remous de cet affluent beauceron. La rivière à cet endroit devient très étroite puisqu’elle s’encaisse entre différents effleurements rocheux. Il s’agit d’un paysage assez singulier qui rappelle les Rapides du diable de Beauceville.

Parc du détroit de la Chaudière à Saint-Lambert-de-Lauzon. Au bout de ce parc, il est possible de descendre à la rivière Chaudière pour observer ce qu'on surnomme ici le détroit, soit un passage encaissé du cours d'eau entre deux parois rocheuses. La rivière tourne brusquement sur la gauche, tandis qu'un bassin sur la droite se crée lors des crues. Photo : S@QC

Parc du Détroit de la Chaudière à Saint-Lambert-de-Lauzon. Au bout de ce parc, il est possible de descendre à la rivière Chaudière pour observer ce qu’on surnomme ici le détroit, soit un passage encaissé du cours d’eau entre deux parois rocheuses. La rivière tourne brusquement sur la gauche, tandis qu’un bassin sur la droite se crée lors des crues. Photo : S@QC

L’endroit semble assez connu des amateurs de pêche et des jeunes du coin. Il subsiste par ailleurs très peu d’aménagements, à peine quelques poubelles et peut-être une table à pique-nique, mais on peut aisément imaginer qu’à une certaine époque le lieu était davantage fréquenté lors d’excursions du dimanche en voiture, par exemple. Voici le lien Google pour localiser l’endroit : https://goo.gl/maps/LtHFj

2 jours au coeur des 3 monts de Coleraine : 48 heures de pur dépaysement

Le territoire protégé dans lequel se déploient les sentiers pédestres des 3 monts n’est peut-être pas très grand, mais dès qu’on y entre la nature reprend ses droits de façon marquée. Nous avons découvert cet ensemble géologique et naturel unique en 2013 (et je n’exagère pas en insistant sur l’unicité des lieux). Deux visites plus tard, il nous restait encore à découvrir la moitié sud de ce terrain de jeu formidable situé près de Thetford Mines. Retour sur cette troisième fois : deux jours de longue randonnée dans un îlot encore sauvage oublié par l’industrie minière.

Le mont Caribou, accessible par les sentiers pédestres des 3 monts se démarque par sa couleur orangée provenant des ophiolites qui le compose. Son sommet dégarni peut être atteint en moins de 30 minutes, mais on peut poursuivre sa route et marcher d'une crête à l'autre pendant toute une journée. Photo : S@QC

Le mont Caribou, accessible par les sentiers pédestres des 3 monts se démarque par sa couleur orangée provenant des ophiolites qui le compose. Son sommet dégarni peut être atteint en moins de 30 minutes, mais on peut poursuivre sa route et marcher d’une crête à l’autre pendant toute une journée. Photo : S@QC

D’abord, notez qu’il y a deux points d’accès aux 3 monts : le plus près de Québec, dans le petit hameau de Vimy Ridge, au pied du mont Caribou, ainsi que l’accueil principal plus au sud, à proximité de Saint-Joseph-de-Coleraine, soit à quelques enjambées des monts Oak et Kerr. Entre ces deux entrées, on trouve 20 kilomètres de sentiers effectuant différentes boucles qui permettent d’ajuster la longueur de sa sortie. On peut également traverser la réserve d’un accès à l’autre, ce qui équivaut à environ 13 kilomètres de marche. De l’hébergement est également offert sur le site, soit un camping rustique du côté de Saint-Joseph-de-Coleraine, puis un chalet et deux yourtes du côté de Vimy Ridge. Tout est donc en place pour accueillir les amateurs de longue randonnée!

Pour tester l’ensemble de notre équipement et débuter la saison 2015, nous avons donc choisi de faire le parcours du nord au sud avec une nuit en camping et de revenir par les sentiers non parcourus le lendemain.

Le premier jour, nous avons donc grimpé le mont Caribou qui nous avait tant impressionné en 2013. Le sentier du même nom, d’une longueur de 4 km, passe d’une crête rocheuse à l’autre à travers de rares forêts de pins rouges. Les nombreux points de vue sur le secteur de Black Lake et ses mines d’amiante abandonnées est totalement dépaysant. Nous avons ensuite longé le lac Johnston sur 0,7 kilomètre, un court tronçon qui offre une vue directe sur ce petit plan d’eau isolé subissant de manière régulière l’assaut des castors. Ceux-ci ont presque déboisé le versant est du lac avec leurs dents effilées!

On peut longer le lac Johnston et admirer celui-ci à partir de la rive déboisée par les castors, comme sur la photo. Il ne serait pas étonnant d'en apercevoir un à certaines heures du jour. Photo : S@QC

On peut longer le lac Johnston et admirer celui-ci à partir de la rive déboisée par les castors, comme sur la photo. Il ne serait pas étonnant d’en apercevoir un à certaines heures du jour. Photo : S@QC

On rejoint ensuite un ancien chemin forestier qui, sur 2 km, fait la jonction entre les secteurs nord et sud. Cette portion de sentier circule dans une vallée au coeur du parc. Son principal intérêt réside en la présence d’une mine abandonnée, la Woosley Chrome, à l’intérieur de laquelle il est même possible d’entrer un peu… Elle n’est pas très loin du lac Johnston.

On peut encore entrer dans le puits d'accès de la mine de la Woosley Chrome, une petite compagnie créée durant la Première guerre mondiale qui a été en opération trois ans seulement. Inutile de mentionner que la nature a depuis longtemps repris le dessus à cet endroit. Photo : S@QC

On peut encore entrer dans le puits d’accès de la mine de la Woosley Chrome, une petite compagnie créée durant la Première guerre mondiale qui a été en opération trois ans seulement. Inutile de mentionner que la nature a depuis longtemps repris le dessus à cet endroit. Photo : S@QC

Puis, nous avons grimpé lentement, mais de manière continue, les flancs du mont Oak jusqu’au sommet de cette colline où un petit point de vue permet d’entrevoir les environs de Saint-Joseph-de-Coleraine. Rien de spectaculaire, mais un bel endroit pour s’arrêter quelques instants. Enfin, nous nous sommes rendus à l’accueil avant de regagner notre emplacement de camping situé à environ 800 mètres dans les bois. Le camping, très rustique, offre quatre emplacements seulement avec tables à pique-nique, ronds de paillis où planter sa tente et un petit foyer avec bois fourni. Après un bon repas lyophilisé et une bouteille de vin, une longue nuit de neuf heures nous attendait, les montagnes russes de la journée nous ayant bien honnêtement épuisés.

Le lendemain, nous sommes passés au pied du mont Oak pour nous rendre directement au sommet du mont Kerr, le sommet le plus populaire des 3 monts à en juger par la qualité du sentier et le nombre de marcheurs rencontrés la veille en sa direction. De l’accueil jusqu’au sommet, le sentier est aménagé de façon impeccable, à la manière de la SEPAQ. Ce dernier grimpe longtemps, mais tout en douceur puisqu’il s’enroule littéralement autour de la montagne. Arrivés au sommet, le même environnement que le mont Caribou attend les randonneurs, mais offre des points de vue différents sur les environs. Nous restons un temps pour apprécier les lieux avant de retourner sur nos pas jusqu’au lac Johnston.

Le mont Kerr fait près de 600 mètres d'altitude. Il offre à son sommet arrondi un point de vue dans différentes directions, notamment vers Thetford Mines et vers Saint-Joseph-de-Coleraine. Photo : S@QC

Le mont Kerr fait près de 600 mètres d’altitude. Il offre à son sommet arrondi un point de vue dans différentes directions, notamment vers Thetford Mines et vers Saint-Joseph-de-Coleraine. L’aller-retour jusqu’au mont Kerr constitue une belle sortie accessible en famille. Photo : S@QC

Du lac jusqu’au sommet du mont Caribou, nous empruntons alors le sentier de 1,7 km qui passe derrière le sommet dans une longue coulée érodée par la pluie. Ce sentier, qui permet de faire une boucle lorsqu’on fait le tour du mont Caribou, est dans un état lamentable et ressemble par moments à un ruisseau, même par beau temps. Il y aurait sans doute tout avantage à le déplacer quelques mètres plus haut pour permettre à l’eau de ruissellement de descendre à l’emplacement du sentier actuel…

Enfin, du mont Caribou, il ne restait ensuite qu’à redescendre au stationnement de Vimy Ridge où notre voiture nous attendait paisiblement. Après ces quelques 24 kilomètres sur deux jours, nous rêvions alors d’un sentier reliant le mont Kerr à l’étang Dry pour notre prochaine visite!

À différents endroits, on peut apercevoir la nature bouleversée de la région de Thetford Mines, siège d'intenses activités minières jusqu'à tout récemment. La réserve écologique où se situent les sentiers donne une idée de l'apparence du secteur avant l'arrivée des chercheurs d'or blanc. Photo : S@QC

À différents endroits, on peut apercevoir la nature bouleversée de la région de Thetford Mines, siège d’intenses activités minières jusqu’à tout récemment. La réserve écologique où se situent les sentiers donne une idée de l’apparence du secteur avant l’arrivée des chercheurs d’or blanc. Photo : S@QC

Nos coups de coeur :
– le mont Caribou et le mont Kerr;
– le lac Johnston;
– les mines abandonnées et les superbes points de vue sur la région;
– l’hébergement disponible sur place.

La pêche à Québec : une tradition qui se perpétue

Peut-on réellement pêcher dans la grande ville de Québec et attraper quelque chose? Pour souligner la Fête de la pêche qui se tient cette année du 5 au 7 juin 2015, Survivre à Québec a décidé de faire un bref portrait de cette activité séculaire pratiquée un peu partout dans la Vieille-Capitale.

D’abord, un peu d’histoire…
La pêche fait évidemment partie des premières activités pratiquées à Québec. Tant les Premières Nations que les premiers colons de la Nouvelle-France ont tiré leur subsistance de la pêche pour leurs besoins en alimentation. La pêche à l’anguille a également été fort présente dans la région jusqu’au cours du 20e siècle, notamment à Lévis, à Saint-Nicolas et à l’Île d’Orléans. Les rivières Saint-Charles, Etchemin et Jacques-Cartier ont pour leur part fourni de nombreux saumons aux pêcheurs, ces rivières étant entre autres très prisées des « sportmen » anglophones au 19e siècle. Bref, cette activité a contribué à forger la ville et la région que nous connaissons aujourd’hui.

La rivière Saint-Charles a attiré de nombreux sportifs et même des artistes à l'époque où Loretteville n'était encore qu'un village. Elle a quelque peu retrouvé sa vocation d'antan depuis l'inauguration du parc linéaire qui la parcoure du nord au sud. Le tronçon situé dans le parc Chauveau est très prisé des pêcheurs urbains souhaitant s'évader de la ville pour quelques heures. Photo : S@QC

La rivière Saint-Charles a attiré de nombreux sportifs et même des artistes à l’époque où Loretteville n’était encore qu’un village. Elle a quelque peu retrouvé sa vocation d’antan depuis l’inauguration du parc linéaire qui la parcoure du nord au sud. Le tronçon situé dans le parc Chauveau est très prisé des pêcheurs urbains souhaitant s’évader de la ville pour quelques heures. Photo : S@QC

La pratique actuelle de la pêche à Québec
On pratique d’ailleurs toujours la pêche dans la région de Québec, essentiellement de façon récréative. Comme à l’époque, il n’est pas rare d’apercevoir des pêcheurs s’entasser le long des quais bordant le fleuve Saint-Laurent qui sont accessibles au public ou encore s’installer sur le bord des rivières qui traversent les banlieues entourant la capitale.

La région de Québec compte une grande variété d’espèces de poissons puisqu’on y trouve une grande diversité de milieux aquatiques. Le fleuve Saint-Laurent contiendrait à lui seul plus d’une trentaine d’espèces (37 dans le tronçon Grondine – Saint-Nicolas). On y pêche principalement le doré, l’esturgeon et la barbotte, mais on y fait aussi de nombreuses autres prises telles que l’achigan, la perchaude, le brochet, l’anguille, la carpe, le maskinongé, etc. On fait le même genre de prise à l’embouchure des rivières Etchemin et Chaudière.

La rivière Saint-Charles est peu intéressante dans sa portion urbaine puisque l’eau y est de qualité moindre, mais à partir du secteur Les Saules jusqu’à Loretteville l’omble de fontaine (truite mouchetée) y est ensemencée chaque année. Plus en amont, vers le lac Saint-Charles, la rivière est propice à l’établissement du brochet que plusieurs pêcheurs apprécient pour sa combativité. De petits cours d’eau comme les rivières Beauport et des Commissaires sont également propices à la capture d’ombles de fontaine.

Comment et où pratiquer la pêche à Québec?
Avant de se rendre sur un site de pêche avec son équipement, il faut d’abord détenir un permis de pêche sportive délivré par le gouvernement du Québec et vérifier les dates d’ouverture ainsi que les limites de capture pour chaque espèce.

Il existe de nombreux sites propices à la pêche dans la région de Québec. Voici quelques-uns des endroits les plus populaires :

Quai Chouinard, Vieux-Québec
Le quai Chouinard, soit le quai où s’amarre le Louis-Jolliet, constitue un incontournable pour tout amateur de pêche qui aime socialiser. Les lignes s’élancent du haut de ce quai situé à l’ombre du château Frontenac.

Embouchure de la rivière Saint-Charles, port de Québec
En bordure de la piste cyclable reliant la rivière Saint-Charles avec le Vieux-Port de Québec, de nombreux pêcheurs tentent leur chance au pied du barrage Samson, aménagé pour empêcher la marée de remonter la rivière. De l’autre côté, la papetière White Birch crache sa fumée sans ménagement. Une longue descente en pavé permet d’accéder à la rive et de pêcher à l’abri des regards au coeur du centre-ville. On vient toutefois d’interdire la pêche à cet endroit.

Quai des Cageux, promenade Samuel-de-Champlain
Le quai des Cageux constitue le terminus actuel de la promenade Samuel-de-Champlain. Nombreux sont les cyclistes et les marcheurs s’y arrêtant. Les pêcheurs y passent également du bon temps. Il n’est pas rare d’en apercevoir plusieurs pêchant en même temps, ce qui augmente les risques d’emmêler les lignes ensemble à cause du fort courant à cet endroit.

Parc Chauveau, rivière Saint-Charles
Le parc Chauveau est une vaste étendue boisée traversée par la rivière Saint-Charles. Ce parc se situe à proximité des quartiers Lebourgneuf, Neufchâtel et Les Saules. La rivière à cet endroit est demeurée naturelle et d’une grande beauté. Comme il s’agit d’un point d’ensemencement, les pêcheurs y abondent autant que les truites. Assurément l’endroit le plus sauvage en ville…

Rivière Beauport, Vieux-Beauport
La rivière Beauport coule à travers les quartiers résidentiels au nord de la rue Clémenceau et se jette dans le fleuve à l’est du quartier Giffard. Au sud de l’autoroute de la Capitale, elle chute de plusieurs mètres avant de s’engouffrer dans un petit canyon préservé de tout développement, le parc linéaire de la rivière Beauport. C’est à cet endroit qu’on l’ensemence pour le plaisir des pêcheurs qui y trouvent quelques sections plus profondes où taquiner la truite.

Quai de la Pointe Benson, quartier Saint-Romuald
Les lévisiens pêchent souvent à partir de ce quai bétonné situé dans le secteur de Saint-Romuald. Ce dernier se trouve sur une pointe qui s’avance dans le fleuve et, à son pied, des herbages recouverts d’eau à marée haute attirent sans aucun doute les poissons en quête de nourriture.

Avec un guide, sur le fleuve?
Quelques entreprises de la région offrent également des excursions de pêche sur le fleuve Saint-Laurent, notamment autour de l’Île d’Orléans ou dans le secteur de Neuville. Il faut compter près de 150$ par personne pour une excursion guidée d’une journée.

Bonne pêche!

Les Frères de la côte : le bistro de la rue Saint-Jean

La rue Saint-Jean est animée comme il y a 15 ans, à l’heure où les bars ouvraient leurs portes en soirée. Un peu plus vieux et sages qu’à cette époque, nous nous dirigeons alors vers le restaurant Les Frères de la Côte où j’étais allé dîner il y a quelques mois. Un souper nous permettrait de mieux évaluer la qualité de cet établissement où un menu simple, mais alléchant, est offert à prix concurrentiel.

Nous sommes en milieu de soirée et la jolie salle de ce restaurant, déménagé en 2014, est pratiquement bondée. Un accueil attentionné nous est réservé, et une table bien située nous attend malgré cette effervescence accentuée par le Carrefour international de théâtre tout près. On nous tend le menu, puis nous sommes un peu laissés à nous-même au profit des clients déjà en place. Après un quart d’heure, notre serveuse arrive pour prendre notre commande! Nous répondons alors poliment que nous souhaitons d’abord prendre un apéritif en cette belle soirée estivale. Kir et sangria nous rejoignent quelques instants plus tard, dans leur plus simple expression.

Profitant de la présence de notre serveuse, nous demandons de voir le menu du moment inscrit sur un gros tableau et déposé de table en table. J’aurais aimé qu’on nous le propose. Par ailleurs, on ne m’a toujours pas remis la carte des vins que je demande au serveur qui veille aux bons soins de nos voisins d’un soir. Nous commandons nos plats quelques minutes plus tard, tandis que je regarde la liste des vins offerts, pour la plupart d’importation privée.

Le vendredi soir, les ris de veau sont à l'honneur aux Frères de la Côte. Photo : S@QC

Le vendredi soir, les ris de veau sont à l’honneur aux Frères de la Côte. Photo : S@QC

Un beau bol de calmars frits à partager se présente à nous avant que je puisse commander la bouteille de vin. Les calmars sont encore très chauds et leur panure est bien croustillante, mince comme il se doit et assaisonnée de quelques épices. La sauce à la lime et au cumin qui l’accompagne est bonne à s’en lécher les doigts. On nous sert enfin notre Domaine Le Garrigon 2012, un vin issu de l’agriculture biologique, assemblage de syrah et de grenache d’une belle fraîcheur. Un excellent choix auquel je m’attribue le mérite.

Domaine Le Garrigon 2012. Photo : S@QC

Domaine Le Garrigon 2012. Photo : S@QC

Nos plats nous sont apportés sans trop attendre. J’ai opté pour l’assiette de ris de veau offerte sur le menu du moment servie en sauce avec un gratin de pommes de terre et quelques légumes d’accompagnement. Ma compagne voulait quant à elle satisfaire son envie de boudin servi de manière classique, poêlé avec des accompagnements similaires à mon plat. C’est bien exécuté, la cuisson est juste et les saveurs sont harmonieuses. La sauce qui nappe nos plats pourrait toutefois gagner un peu en personnalité avec quelque ajout bien pensé. Bref, la cuisine des Frères de la côte, quoique assez simple, gagne le pari de nous faire passer un bon moment à prix décent. Le genre d’endroit où on viendrait avec toute sa famille.

Assiette de boudin noir. Photo : S@QC

Assiette de boudin noir. Photo : S@QC

Alors que le restaurant se vide lentement de ses clients, j’entends l’appel de ma dent sucrée qui me commande d’essayer la tarte à la lime en verrine qui fait la fierté de ce restaurant. Elle arrive donc, cette verrine à la couleur vert tendre, remplie d’un appareil de tarte à la lime d’une texture semblable à un gâteau au fromage et couverte de graham émietté. C’est une portion qui demande d’être partagée comme en fait foi la deuxième cuillère qui nous est donnée d’office.

ABC de la location de voitures – 2e partie

La scène est typique : un jeune couple trouve une aubaine sur Internet et loue une voiture en croyant faire une bonne affaire. Une fois au comptoir de location, la formidable aubaine vient de doubler de prix. Le commis ajoute le coût des assurances, la réduction de franchise, etc. Nos voyageurs se sentent floués.

L’univers des locateurs d’automobiles est parfois déroutant. On ne peut pas vraiment compter sur les commis au comptoir pour nous aider à départager les dépenses superflues de celles essentielles. Ceux-ci sont avant tout des vendeurs au service de leur employeur. Avec le temps, on réussit toutefois à y frayer son chemin et la location de voitures devient alors toute simple. Survivre à Québec tentera de lever le voile sur certaines idées préconçues et de vous donner quelques trucs pour vos prochaines locations…

Louer des voitures coûte cher.
Oui et non. La location de voitures est sans aucun doute plus coûteuse à l’utilisation que le coût journalier d’une voiture qu’on possède. Cependant, on ne paie pas lorsqu’on ne s’en sert pas. En utilisant l’automobile de façon modérée (ce qui implique parfois de modifier des habitudes de vie), on peut économiser beaucoup en frais de toutes sortes liés à la possession d’un véhicule.

Les services d’autopartage sont plus avantageux pour les gens sans voiture.
Pas nécessairement. Comme nous l’avons vu dans la 1ère partie de cet article, la location de voitures auprès de locateurs traditionnels peut être plus pratique selon ses besoins. Par exemple, un ménage qui effectue tous ses déplacements courants à pied ou en transport en commun et qui n’a besoin d’une voiture que pour les loisirs ou des sorties sur de longues distances préférera sans doute les avantages des locateurs traditionnels à ceux des services d’autopartage.

Il est préférable de demander plusieurs soumissions avant de louer.
Oui. Il faut être vigilant lorsqu’on recherche des véhicules car les différences de prix sont souvent majeures entre les différentes entreprises de location, et même entre différentes succursales. Par exemple, pour une location de trois jours la fin de semaine, les prix peuvent varier de 86$ à 144$ (recherche faite pour le 5 au 8 juin 2015). Une variation de prix importante pour le même service. Les succursales hébergées à l’aéroport international Jean-Lesage sont souvent les plus chères. La succursale offrant le meilleur rapport qualité-prix n’est pas toujours la même.

Les prix sont les mêmes à tous moments de l’année.
Non. Les prix fluctuent tout au long de l’année. De façon générale, les tarifs de locations sont plus élevés en semaine (lundi au vendredi) et lors des fins de semaine avec congé férié. De plus, le tarif quotidien peut varier selon la durée de la location projetée. Des tarifs avantageux s’appliquent souvent pour une location d’une fin de semaine (du vendredi matin au lundi matin) ou pour une semaine complète (par exemple, du samedi matin au samedi matin suivant). Il peut être préférable de réserver un véhicule pour une période de pointe à l’avance pour bénéficier d’un prix « basse saison ».

Les assurances collisions/dommages coûtent aussi cher que le prix de la location.
Oui. Généralement les assurances collisions/dommages offertes par le locateur coûtent environ 30$ par jour, soit l’équivalent du prix d’une journée de location la fin de semaine. Le client n’est toutefois pas obligé d’acheter ces assurances. Il est effectivement préférable de vérifier si l’on n’est pas déjà couvert par une police d’assurance, soit en tant que conducteur d’une automobile (la sienne ou celle d’un parent par exemple), soit par les avantages associés à une carte de crédit. Dans les deux cas, il vaut mieux se renseigner convenablement pour éviter de mauvaises surprises lors d’une éventuelle réclamation. Cette petite recherche peut toutefois vous faire économiser beaucoup!

Quitter le Québec avec une voiture de location coûte plus cher.
Oui. Les entreprises de location au Québec sont tenues par la loi d’inclure dans leurs tarifs l’assurance de responsabilité civile pour les locations faites au Québec. Cette obligation légale découle du système québécois que l’on appelle le no-fault. Si, par exemple, vous endommagez une propriété avec le véhicule, c’est la compagnie de location qui est couverte et qui sera remboursée. Toutefois, ailleurs au Canada et aux États-Unis, vous devez défrayez des coûts supplémentaires pour obtenir cette assurance. Il en coûte généralement de 5 à 10$ par jour. Certains locateurs limitent également le kilométrage en fonction du nombre de jours de location lorsqu’on quitte la Belle Province. Un tarif s’applique alors pour les kilomètres excédentaires.

L’inspection du véhicule doit être faite minutieusement.
Oui. On se demande tous à quel point il faut être pointilleux lorsque le commis fait le tour du véhicule et note les dommages existants avant de nous remettre les clés. Il vaut sans doute mieux faire noter le plus de détails possible afin d’éviter les mauvaises surprises. Cependant, les locateurs semblent tolérer de légères égratignures et n’iront pas embêter les clients pour ces dommages résultant d’un usage normal du véhicule. Soyez toutefois aussi prudents avec une voiture de location qu’avec la voiture neuve du beau-frère!

Les voitures sont-elles parfois toutes louées?
Rarement. À moins de vouloir un camion de déménagement à quelques jours du 1er juillet, les locateurs possèdent généralement un parc automobile suffisamment important pour répondre à la demande. La plupart du temps, on trouve une voiture au meilleur tarif disponible, même la veille du départ ou lors de longs congés. Ceci dit, il est préférable de réserver à l’avance, quitte à annuler ou modifier sa réservation en respectant les politiques à cet égard.

Quelques conseils supplémentaires…

– Plusieurs compagnies ont un bureau au centre-ville de Québec : Discount dans Limoilou, Enterprise et Budget sur la Colline Parlementaire et Hertz dans le Vieux-Québec. Cependant, les succursales en banlieue offrent parfois les meilleurs prix.

– Les heures d’ouverture des succursales diffèrent sensiblement d’une à l’autre, surtout la fin de semaine. L’entreprise doit être ouverte pour récupérer le véhicule, mais vous pouvez laisser la voiture et les clés au retour hors des heures d’ouverture. Lorsque vous faites une recherche sur Internet, faites attention à l’heure que vous indiquez si vous êtes flexible sur votre heure de départ. Vous pourriez perdre des offres intéressantes si un locateur est fermé à l’heure choisie.

– Pour accélérer votre recherche, vous pouvez utiliser des sites comme expedia.ca qui permettent d’obtenir plusieurs soumissions d’un seul coup. Notez toutefois que certaines entreprises peuvent être exclues de ces sites web.