Escapade à Greenville, Maine : aux pays des orignaux – 2e partie

Une timide lumière, qui entrait par les fenêtres de notre chambre, annonçait le début de cette deuxième journée (pour lire la 1ère) dans le Maine. À 6h30, n’en pouvant plus de fixer le plafond, je décide de filer en douce à l’extérieur. À cette heure, l’herbe est encore trempée et la brume s’élève lentement au-dessus du lac Moosehead. Après un court arrêt sur le quai, j’entreprends la tournée de notre quartier à pied où je croise un chevreuil qui me regarde passer avant de s’enfuir dans les bois. Mon appétit me fait signe de rentrer pour profiter d’un petit déjeuner à l’américaine : oeufs brouillés, bacon et saucisses…

La brume matinale recouvrait le lac Moosehead au moment où la plupart des vacanciers dormaient encore. Photo : S@QC

La brume matinale recouvrait le lac Moosehead au moment où la plupart des vacanciers dormaient encore. Photo : S@QC

Nous quittons ensuite en direction de Greenville, puis de Kokadjo, ce dernier village étant plutôt un point sur une carte qu’un endroit habité… La route tourne alors au gravier et de nombreux nids de poule nous forcent à ralentir. Nous comprenons pourquoi 99,5 % de la population de la région semble rouler en 4X4. Se repérer dans le nord du Maine n’a rien de bien simple. En forêt, les panneaux sont une denrée rare. Si on ne connaît pas son chemin, on se fie à des indications sommaires telles que « follow Sias Hill Road for 1.2 miles, then turn left onto Spencer Bay Road for another 7.4 miles ». Heureusement, mon Maine Mountain Guide offre ce genre d’explications.

Après une heure trente de route, nous sommes sur un chemin perdu en forêt avec notre proéminente destination, Little Spencer Mountain, dont les 925 mètres s’élèvent droit devant nous. Soudainement, une barrière métallique bloque notre passage et nous force à abandonner notre véhicule. Nous sommes à 1,5 km du sentier. Après cette courte marche, nous apercevons le panneau, tombé dans le fossé, qui marque l’entrée de la RAM Trail, le sentier conduisant au sommet.

Le mont Little Spencer, séparé d'environ 25 mètres par son jumeau Big Spencer, se situe dans un secteur peu montagneux du Maine. Little et Big Spencer forment ainsi des repères visuels importants qu'on peut voir de nombreux endroits dans la région. Photo : Collaboration spéciale

Le mont Little Spencer, devancé en hauteur d’environ 25 mètres par son jumeau Big Spencer, se situe dans un secteur peu montagneux du Maine. Little et Big Spencer forment ainsi des repères visuels importants qu’on peut voir de nombreux endroits dans la région. Photo : Collaboration spéciale

Celui-ci ne tarde pas à grimper abruptement en traversant d’abord une superbe forêt de pins blancs, puis rejoint le pied d’une parois rocheuse où s’accumulent de gros blocs de pierre. On traverse ainsi plusieurs éboulis offrant une vue dégagée. Après un certain temps, le sentier s’incline davantage jusqu’au pied d’une cheminée (terme issu du monde de l’alpinisme) de 21 mètres qu’on doit alors monter un à un à l’aide d’une corde et de points d’appui. Ver-ti-gi-neux! Le sentier poursuit sa course en longeant les crêtes qui offrent des vues à vol d’oiseau sur la région. Puis, un faux-plat dans une forêt d’épinettes cordées serrées dévoile le véritable sommet, encore un peu plus haut.

Vue de la fameuse cheminée qui donne beaucoup de mal aux randonneurs désireux de gravir Little Spencer. Cette étroite paroi, presque verticale, requiert une certaine agilité et une bonne dose de prudence. Photo : Collaboration spéciale

Vue de la fameuse cheminée qui donne beaucoup de mal aux randonneurs désireux de gravir Little Spencer. Cette étroite paroi, presque verticale, requiert une certaine agilité et une bonne dose de prudence. Photo : S@QC

L’effort mental déployé pour se rendre jusqu’en haut rend sans doute la vue encore plus belle. À perte de vue, les forêts du Maine épousent le contour des lacs. Le lac Moosehead quant à lui s’aperçoit dans toute son immensité. Le sommet de la montagne, encore quelques mètres plus loin, enchante un peu moins puisqu’il est partiellement boisé. On redescend par l’unique sentier cette montagne isolée en se sentant seuls au monde. La cheminée donne à nouveau du fil à retordre. Nous descendons cette section à une vitesse vertigineuse de 40 mètres à l’heure! Enfin, nous terminons cette randonnée fatigués, sales et un peu égratignés, mais fiers d’avoir accompli cette randonnée plutôt technique par moments. À éviter si vous débutez en la matière…

L'ascension de Little Spencer se termine par un point de vue en plongée à partir duquel on peut apercevoir toute la région et même les monts Bigelow au loin. Photo : collaboration spéciale

L’ascension de Little Spencer se termine par un point de vue en plongée à partir duquel on peut apercevoir toute la région et même les monts Bigelow au loin. On voit le lac Spencer à l’avant-plan et une partie du lac Moosehead à l’arrière. Photo : collaboration spéciale

La soirée se termine au chalet où nous repassons en détail nos prouesses techniques, la bière du Maine et le vin de Californie amplifiant nos exploits d’heure en heure.

Notre dernier jour s’amorce ensuite. Nous quittons tôt notre quartier général à destination des Maine Wilderness Lodges de l’Appalachian Mountain Club (AMC), véritable paradis des activités de plein air. L’AMC développe des infrastructures de plein air depuis 1876! Notre objectif est d’atteindre le sommet de White Cap Mountain, le plus haut sommet de la région avec ses 1113 mètres. Malheureusement, le chemin qui s’y rend à partir de Greenville a beaucoup souffert du printemps et n’a pas encore été nivelé. Après avoir contourné quelques bons obstacles indiqués par des branches piquées dans la boue, nous calculons qu’il est trop risqué d’aller plus loin en voiture. Il reste encore près de 25 kilomètres à faire sans savoir ce qui nous attend.

La route conduisant aux Maine Wilderness Lodges à partir de Greenville était dans un état tel que nous avons préféré rebrousser chemin. Nous y retournerons sûrement en haute saison lors d'une prochaine visite dans le Maine. Photo : collaboration spéciale.

La route conduisant aux Maine Wilderness Lodges de l’AMC à partir de Greenville était dans un état tel que nous avons préféré rebrousser chemin. Nous y retournerons sûrement en haute saison lors d’une prochaine visite dans le Maine. Photo : collaboration spéciale.

Mon Maine Mountain Guide nous emmène jusqu’à Jackman où nous atteignons l’entrée d’un sentier grimpant Sally Mountain (676 mètres). Ce sentier est surtout conçu pour être abordé par une balade en canot sur le lac Attean, sinon il faut parcourir près de 3 kilomètres sur la voie ferrée de la Montreal Maine & Atlantic pour s’y rendre. Rien de très bucolique, mais lorsque le sentier se met enfin à grimper vers le sommet, on sent tout le potentiel de cette petite montagne. Le sommet composé de caps rocheux et de végétation clairsemée semble avoir été aménagé par une main invisible. La vue sur les lacs avoisinants et les montagnes frontalières toutes proches est superbe.

Le sommet de Sally Mountain est très peu boisé malgré sa faible hauteur. On y trouvait d'ailleurs l'une des multiples tours de gardes-feu de la région. Il n'en reste aujourd'hui que quelques pièces de métal ancrées au sol. Du haut de la montagne, le Québec n'est que de l'autre côté de la vallée, du côté nord. Photo : S@QC

Le sommet de Sally Mountain est très peu boisé malgré sa faible hauteur. On y trouvait d’ailleurs l’une des multiples tours de gardes-feu de la région. Il n’en reste aujourd’hui que quelques pièces de métal ancrées au sol. Du haut de la montagne, le Québec n’est que de l’autre côté de la vallée, du côté nord. Photo : S@QC

Nous rentrons ensuite au Québec, en prenant soin de rapporter quelques bonnes bières du Maine. Un souper à Saint-Georges complète ce court voyage qui nous a fait découvrir une nouvelle région à seulement quelques heures de Québec. Nous y retournerons!

Escapade à Greenville, Maine : aux pays des orignaux – 1ère partie

Les Québécois connaissent le Maine pour ses plages. Moins connue, la région du gigantesque lac Moosehead abrite des contrées encore sauvages où quelques montagnes emblématiques enjolivent un horizon forestier presque sans fin dédié à l’exploitation forestière. On y trouve d’ailleurs trois fois plus d’orignaux que d’humains. Revivez notre plus récente aventure de trois jours dans le ‘Dirt Roads State’!

Le sommet de Big Moose Mountain était l'objectif de cette première journée passée dans le Maine. Nous espérions alors gravir plus de 1600 mètres en trois jours. Photo : S@QC

Le sommet de Big Moose Mountain était l’objectif de cette première journée passée dans le Maine. Nous espérions alors gravir plus de 1600 mètres en trois jours. Photo : S@QC

Accompagné de mes fidèles collaborateurs, notre périple printanier débute à peine deux heures après avoir quitté Québec et traversé toute la Beauce jusqu’au bout de l’écoumène francophone. Un passage rapide aux douanes nous conduit alors jusqu’au village de Jackman, véritable porte d’entrée du Maine lorsqu’on arrive de Québec. Nous nous engageons dès lors vers Rockwood et Greenville, deux villages reculés judicieusement localisés en bordure du lac Moosehead. Le voyage, qui ne dure qu’une heure environ, se fait sur une route, jamais droite, qui épouse les contours des lacs et montagnes, et nous laisse entrevoir de vastes forêts exploitées pour la coupe de bois. Le Maine nous offre en route notre premier contact avec la faune locale, un orignal!

Puis, apparaît le fameux lac Moosehead, avec son célèbre mont Kineo qui émerge de la rive opposée. Les chalets, plus nombreux, s’infiltrent partout dans le décor. Les plaques automobiles du Maine portent l’inscription Vacationland. Ce que nous observons reflète assez bien ce surnom : de vieilles cabines en bois rond, des bateaux amarrés à de petits quais privés, des hydravions dans le ciel et quelques boutiques de souvenirs vétustes qui semblent se lasser d’attendre les touristes.

Le mont Kineo se situe sur une péninsule au milieu du lac Moosehead et sépare cette immense étendue d'eau en deux. Sa silhouette particulière rappelle une tête émergeant de l'eau. On peut y faire une courte randonnée jusqu'au sommet en utilisant un traversier. Photo : Wikipédia.

Le mont Kineo se situe sur une péninsule au milieu du lac Moosehead et sépare cette immense étendue d’eau en deux. Sa silhouette particulière rappelle une tête émergeant de l’eau. On peut y faire une courte randonnée jusqu’au sommet en utilisant un traversier. Photo : Wikipédia.

Nous arrivons à l’heure du dîner dans le Little Moose PRL (Public Reserved Land), un petit parc naturel offrant plusieurs sentiers de randonnée pédestre. Fidèles à nous-mêmes, nous abordons le plus haut sommet, Big Moose Mountain, avec ses 974 mètres d’altitude et un dénivelé respectable de 560 mètres. Après une courte marche sur un chemin forestier presque effacé, le sentier grimpe régulièrement dans une érablière jusqu’à un ancien abri réservé aux gardes-feu chargés de surveiller la région à partir d’une tour au sommet de la montagne (la première aux États-Unis).

Vue du sommet de Big Moose Mountain à partir d'un point de vue intermédiaire. Photo : S@QC

Vue en direction du sommet de Big Moose Mountain à partir d’un point de vue intermédiaire. Photo : S@QC

À partir de ce point, le sentier croise un ruisseau et grimpe plus abruptement jusqu’à un point de vue intermédiaire qui permet d’apercevoir Greenville et le sommet arrondi de la montagne. La végétation alpine prend alors le dessus. Une montée plus douce mène jusqu’au sommet où des antennes de télécommunication entaillent la forêt rabougrie. Une superbe vue permet d’y apercevoir toute la région : le lac Moosehead, Greenville, le mont Katahdin (enneigé jusqu’en juin) et les nombreuses autres montagnes environnantes. Un dernier point de vue, incontournable, se trouve un peu plus bas au bout d’un petit sentier. Cette randonnée de 4 heures fait près de 8 km au total.

Le sommet de Big Moose Mountain offre une vue imprenable sur le lac Moosehead et d'autres plans d'eau de moindre envergure. Sur la rive opposée se dressent quelques montagnes facilement identifiables telles que Little et Big Spencer ainsi que le mont Katahdin, la plus haute montagne du Maine avec ses 1600 mètres. Photo : S@QC

Le sommet de Big Moose Mountain offre une vue imprenable sur le lac Moosehead et d’autres plans d’eau de moindre envergure. Sur la rive opposée se dressent quelques montagnes facilement identifiables telles que Little et Big Spencer ainsi que le mont Katahdin, la plus haute montagne du Maine avec ses 1600 mètres. Photo : S@QC

Avant de regagner notre chalet situé non loin de là, nous passons par le village de Greenville avec son architecture typique, sa somptueuse école primaire et son petit centre-ville ponctué de restaurants et boutiques dont le nom honore le célèbre cervidé des lieux. L’épicerie locale, de taille raisonnable, nous rappelle qu’il est plus simple de se procurer une arme que des produits frais, mais nous réserve la bonne surprise d’offrir un choix de bières locales impossible à parcourir entièrement en trois jours. Nous nous servons généreusement.

Le Maine compte plus de quarante brasseries, principalement localisées dans les villes du sud de l'État. Toutefois, les épiceries en offrent une bonne sélection. Photo : S@QC

Le Maine compte plus de quarante brasseries, principalement localisées dans les villes du sud de l’État. Toutefois, les épiceries en offrent une bonne sélection. Photo : S@QC

La soirée se termine dans notre rustique, mais confortable, habitation habilement décorée de courtepointes colorées et d’accessoires en forme d’orignal. Une nuit noire nous enveloppe ensuite d’un sommeil légèrement perturbé par une courte averse sur le toit de tôle…

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Notre « cozy cabin » louée pour l’occasion était avantageusement située à Greenville Junction sur une presque île isolée à quelques kilomètres de tous les services. Une faune étonnamment abondante régnait dans les parages. Photo : S@QC

À suivre…

ABC de la location de voitures – 1ère partie

Pour plusieurs citadins, posséder une automobile est souvent un fardeau. En plus de payer sa voiture et l’indispensable essence, il faut prévoir des frais pour le stationnement au bureau, à la maison et sur les rues commerciales, en plus de tous les frais d’entretien et d’immatriculation… Heureusement, on peut s’affranchir de ces obligations grâce à la location de voitures; une bonne façon de combler ses besoins en déplacements occasionnels hors de la ville sans y laisser sa chemise.

Il y a trois types de locateurs de voitures :

les services d’autopartage tels que Communauto qui offrent à leurs abonnés la possibilité de louer librement une voiture stationnée à un endroit prédéfini pour des périodes variant de quelques minutes à plusieurs jours.

les locateurs traditionnels tels que Enterprise et Discount qui offrent principalement des tarifs à la journée pour la location de divers types de véhicules.

les voitures en libre-service tels que Car2go où un usager préalablement abonné n’a qu’à repérer sur Internet une voiture disponible, s’en servir et la laisser où bon lui semble à un endroit autorisé parmi un ensemble de secteurs prédéfinis.

On trouve à Québec des voitures en autopartage et des locateurs traditionnels, mais pas encore de voitures en libre-service (on n’y trouve pas non plus de vélos en libre-service). Vous désirez tenter la location de voitures? Avant de choisir un ou l’autre de ces services, il vaut mieux se renseigner sur leurs avantages et inconvénients (cliquez pour agrandir l’image).

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Quoi choisir?

Ceux qui utiliseront souvent une voiture pour de courts déplacement en ville devraient opter l’autopartage ou le libre-service. Ces services permettent de louer une voiture pour une courte période, généralement disponible près de chez soi et facturent l’utilisation de celle-ci à la minute ou au kilomètre, ce qui en réduit le coût d’utilisation.

Ceux qui comptent utiliser une voiture louée pour aller travailler auront avantage à utiliser l’autopartage. Certains forfaits de Communauto offrent un tarif adapté pour les travailleurs qui font de courtes distances réparties sur plusieurs heures, soit une journée de travail.

L’autopartage ou le libre-service conviennent également mieux aux horaires atypiques, principalement par leur flexibilité d’utilisation. En effet, les locateurs traditionnels exigent que le client se présente à un bureau de location avant de partir avec la voiture. Il faut donc s’y présenter sur les heures d’ouverture.

Pour sortir de la ville sur un ou plusieurs jours, le locateur traditionnel est plus avantageux, surtout lorsqu’on possède d’autres assurances que celles offertes par le locateur. Les locateurs traditionnels offrent des prix concurrentiels les fins de semaine, des programmes de fidélisation de la clientèle offrant des récompenses en argent et un kilométrage illimité (ou presque) dans la plupart des cas.

Dans la 2e partie de cet article, nous aborderons la location de voitures auprès de locateurs traditionnels et l’épineuse question des assurances. À suivre…

Grilled Cheese Festival 2015 : hommage au fromage fondu

Dernier né des festivals culinaires de Québec, le Grilled Cheese Festival avait lieu du 1er au 10 mai. Pour l’occasion, 44 restaurants de Québec, Lac-Beauport et Lévis rendaient hommage au sandwich de fromage fondu en créant pour l’occasion une recette originale offerte à 10$, parfois un peu plus pour obtenir l’assiette complète. Québec semble aimer ce type d’événement puisque la réponse du public semble aussi enthousiaste que lors de la Poutine Week ou du Burger Week.

Grilled cheese du pub Le Corsaire dans le cadre du Grilled Cheese Festival 2015. Photo tirée du site web du Grilled Cheese Festival

Grilled cheese du pub Le Corsaire dans le cadre du Grilled Cheese Festival 2015. Photo tirée du site web du Grilled Cheese Festival

Je n’ai pas eu de difficulté à obtenir l’adhésion de mes accompagnatrices lorsque j’ai proposé un dîner au pub Le Corsaire, à Lévis. La microbrasserie lévisienne a obtenu une belle visibilité avec son grilled cheese au canard confit, duxelle de champignon à l’huile de Truffe, tombée de poireau au piment d’espellette et fromage au cumin. En effet, les restaurants participants se livrent une compétition amicale par l’entremise des votes du public et Le Corsaire tire bien son épingle du jeu.

Leur grilled cheese était plutôt généreux et grillé à point. La portion de canard était plus que satisfaisante, ce qui toutefois masquait un peu le goût des autres ingrédients dont la présence était plus timide. Par ailleurs, le fromage créait un bel effet liant à ce sandwich au canard, mais n’était pas mis en valeur autant qu’il se doit dans un grilled cheese. Un recalibrage des ingrédients ou le choix d’un fromage plus fort réglerait sans doute ce détail.  Pour 15$, l’établissement offrait une assiette complète avec des frites impeccablement croustillantes et une portion de salade verte. À ce prix, la plupart des restaurants offrent la soupe et le café le midi. Aurions-nous pu manger plus par contre?

La bonne nouvelle? Si vous avez manqué le Grilled Cheese Festival, Le Corsaire nous a annoncé que son grilled cheese au canard figurerait à son menu estival qui sera offert dans quelques semaines.

Ras L’Bock – artisans brasseurs – jette l’ancre à Saint-Jean-Port-Joli

Assister à la naissance d’une microbrasserie est un acte particulièrement touchant pour Survivre à Québec et ses collaborateurs. C’est précisément ce que nous avons fait dimanche dernier en nous rendant chez Ras L’Bock, artisans brasseurs, un pub décontracté dans le sympathique village de Saint-Jean-Port-Joli.

Ouvert depuis le 1er mai 2015, l’établissement offre déjà quelques bières de son cru, en plus de quelques bons fûts issus d’autres brasseries du Québec. Lors de notre passage, Ras L’Bock avait sur les pompes une excellente weizen, la blanche d’Haberville, sans les notes prononcées de banane qui agacent parfois les papilles. Et que dire de La Solution, une IPA américaine à l’amertume franche et bien calibrée.

L’endroit était bondé lors de notre passage. Il faut dire que le pub occupe un emplacement stratégique, à l’étage de l’incontournable bistro OK (prononcer au quai) situé face au quai de Saint-Jean-Port-Joli. Ce lieu animé par les locaux et les touristes offre un accès et une vue imprenable sur le fleuve et les montagnes. Le pub devait donc être esthétiquement parfait pour concurrencer ce décor. Les propriétaires ont réussi avec brio à faire d’une construction neuve un local avec une âme. On adore les immenses poutres de bois courbées qui servent de structure et la généreuse fenestration.

Le pub Ras L'Bock à Saint-Jean-Port-Joli est situé face au quai dans un secteur prisé par les locaux et les touristes.  La vue à partir de la salle ou encore sur la terrasse nous donne le sentiment d'être en vacances. La brasserie se situe quant à elle à quelques rues, à l'intérieur du village. Photo : Page facebook du commerce.

Le pub Ras L’Bock à Saint-Jean-Port-Joli est situé face au quai dans un secteur prisé par les locaux et les touristes. La vue à partir de la salle ou encore sur la terrasse nous donne le sentiment d’être en vacances. La brasserie se situe quant à elle à quelques rues, à l’intérieur du village. Photo : Page facebook du commerce.

Décidément, si vous n’êtes pas allés dans cette région depuis un moment, hâtez-vous d’y faire un tour. Vous y trouverez un milieu jeune, à l’ambiance bohème et grouillant de vie culturelle. À vélo, à pied, pour visiter le musée Maritime du Québec ou la Seigneurie des Aulnaies… il y a beaucoup à faire, à voir… et maintenant à boire!

Randonnée pédestre à Sainte-Louise : sentiers avec vue !

La municipalité de Sainte-Louise dans la MRC de L’Islet n’est qu’à 4 kilomètres de l’autoroute 20, mais la vie semble y être d’une quiétude presque monastique. Particulièrement lorsqu’on prend d’assaut les nombreuses crêtes rocheuses qui dominent le village. Retour sur une belle randonnée d’un jour aux portes du Bas-Saint-Laurent.

Il faut être chanceux ou être informé par un initié pour connaître les Sentiers de ski de fond et de randonnée pédestre de la municipalité de Sainte-Louise. Ce paisible village se situe à l’arrière de Saint-Roch-des-Aulnaies, à un peu plus d’une heure des ponts de Québec, dans l’étroite plaine agricole longeant le Saint-Laurent à cet endroit. Tout juste après le village, on aborde les collines qui découpent l’horizon par la route Gaspard, un petit rang en gravier bordé de maisons ancestrales, de champs en friche et d’érablières. L’entrée des sentiers se trouve un peu plus loin sur le rang Bonnet.

Les Sentiers pédestres de Sainte-Louise offrent plusieurs points de vue sur le fleuve et les montagnes de Charlevoix. Accessibles par le sentier des Champignons et du belvédère, des points de vue comme celui-ci se trouvent à 500 mètres du stationnement! Photo : S@QC

Les Sentiers pédestres de Sainte-Louise offrent plusieurs points de vue sur le fleuve et les montagnes de Charlevoix. Accessibles par le sentier des Champignons et du belvédère, des points de vue comme celui-ci se trouvent à 500 mètres du stationnement! Photo : S@QC

Trois sentiers de randonnée s’offrent aux marcheurs. Tous sont gratuits et peu aménagés. Le sentier des Champignons et du belvédère permettent de faire une courte boucle d’environ 1 km où de superbes points de vue sur la plaine et le fleuve attendent les familles ou les pique-niqueurs à la recherche d’un cap rocheux ensoleillé. Ceux qui voudront poursuivre leur promenade pourront tenter le sentier du lac, une boucle de 2,6 km conduisant au lac de la Haute-Ville. Enfin, les marcheurs plus aguerris peuvent aborder le sentier du Coteau blanc totalisant 8,2 km aller-retour ou encore faire deux ou trois des sentiers et découvrir l’ensemble du secteur.

Pour accéder au sentier du Coteau blanc, il faut emprunter un court segment du sentier des Champignons puis traverser le rang Bonnet. De là, on circule un temps sur des chemins forestiers privés grimpant doucement dans les collines environnantes. Le premier segment traverse un creux de relief où s’emprisonne l’eau de ruissellement. Il s’agit d’une ancienne terre bordée par un muret de pierres extraites de ce sol rocailleux. C’est plutôt boueux et il vaut mieux être bien chaussé. On grimpe ensuite sur de petites crêtes rocheuses habitées d’érablières. Là encore, certains tronçons sont un peu humides. Le premier kilomètre n’est donc pas particulièrement attractif et mériterait d’être repensé.

Heureusement, la situation s’améliore dès qu’on aperçoit le Coteau blanc au bout du chemin. Dès lors, le sentier devient plus sauvage et commence à grimper plus modérément. En quelques minutes, on atteint un premier point de vue en direction de Québec où il est possible d’apercevoir le Massif de Petite-Rivière-Saint-François et le mont Sainte-Anne près de Québec.

Un premier point de vue permet d'admirer la région en direction ouest. On aperçoit les centres de ski de la rive nord dans les montagnes et on devine même la ville de Québec derrière l'écran de brume généré par le fleuve au petit matin. Photo : S@QC

Un premier point de vue permet d’admirer la région en direction ouest. On aperçoit les centres de ski de la rive nord et on devine même la ville de Québec derrière l’écran de brume généré par le fleuve au petit matin. Photo : S@QC

Le sentier grimpe ensuite jusqu’au sommet de la colline, à 360 mètres d’altitude. On aura ainsi franchi un dénivelé de près de 200 mètres. Le coteau Blanc est peuplé de conifères, notamment de beaux pins rouges sculptés par le vent. Au sommet se succèdent divers points de vue vers le sud et vers le fleuve, au nord. Le roc effleure la surface à plusieurs endroits et la végétation s’y fait plus rare. Les versants nord et sud sont également très escarpés et vertigineux.

La végétation au sommet du Coteau blanc est rabougrie et clairsemée. Certains pins ont une forme poétique tandis que d'autres réussissent à atteindre une taille honorable. Photo : S@QC

La végétation au sommet du Coteau blanc est rabougrie et clairsemée. Certains pins ont une forme poétique tandis que d’autres réussissent à atteindre une taille honorable. Photo : S@QC

Puis, le sentier redescend légèrement jusqu’à un autre point vue superbe où l’on entrevoit l’île aux Coudres, le mont des Éboulements, La Pocatière et les monadnocks de la MRC de Kamouraska. Le  Bas-Saint-Laurent paraît tout près. Les curieux n’auront que quelques mètres à franchir pour se rendre à un gros abri sous roche situé au bout du sentier. Le retour s’effectue par le même trajet qu’à l’aller.

La vue vers le nord-est permet d'entrevoir la région de Kamouraska. Les alternances dans la végétation dénotent l'ondulation du relief. Photo : S@QC

La vue vers le nord-est permet d’entrevoir la région de Kamouraska. Les alternances dans la végétation dénotent l’ondulation du relief. Photo : S@QC

Encore une fois, nous avons croisé plus d’oiseaux de proie lors de cette sortie que d’humains malgré un temps superbe. Il faut dire que l’endroit demeure peu connu. Le faible piétinement des sentiers le confirme. Avant de quitter, nous avons complété le sentier des Champignons et avons regardé passer un train et son immense convoi dans la plaine en contrebas… chose peu commune en randonnée pédestre!

Québec de A à Z : av. Cartier, la vieille bourgeoise en quête d’identité

Elle se donne des airs, cette chère avenue Cartier! Elle regarde Saint-Roch de haut avec ses terrasses ensoleillées, ses larges trottoirs où se bousculent touristes et bobos en quête d’un journal, ses mendiants qu’on croiraient presque endimanchés. C’est que le soleil brille toujours plus fort ici, voyez?

Provisions

Épicerie sur l’avenue Cartier à Québec. En saison, on y trouve un des (trop) rares étals de fruits et légumes sur rue à Québec. Photo : S@QC

Mais au fond, elle est aussi fragile cette bonne vieille avenue Cartier. Son caractère distinctif, ses petits commerces inusités côtoient de plus en plus de grands joueurs mercantiles. Des vendeurs de café, restaurateurs minute et autres chaînes occupent des pieds carrés cédés aux plus offrants.

Manque-t-elle de style, cette vieille bourgeoise? C’est du moins ce que semblent croire ceux qui l’anime. Être une rue de quartier ne suffit plus, il lui faut maintenant une signature, une thématique. D’où ces immenses abats-jours qui la déguise un peu… pardon… qui la dégrise un peu. Les cannes sont plus nombreuses que les bécanes, ici. Il faut bien renverser la vapeur.

Cartier

Sortir l’art du musée. Voilà l’objectif derrière l’installation de ces immenses abat-jour qui remplissent l’espace avec leurs coloris vibrants. Photo : S@QC

Espérons que ses conseillers en image sauront revenir à l’essentiel. Après tout, ce sont de petites choses qui ont fait la renommée de ce bout de pavé : quelques amateurs d’expresso attablés au soleil, un étal de fleurs fraîchement coupées et quelques effluves de cuisine indienne. Sans oublier ses halles et ses épiceries qui font le bonheur des locaux. Chère avenue Cartier, ne change pas trop!

Fleuriste

Petit étal devant un fleuriste sur l’avenue Cartier. Plusieurs résidents des environs y ramassent quelques fleurs occasionnellement. Photo : S@QC

Rouge Papilles : de bons vins, sans prétention!

Boire du vin est avant tout un acte social, un geste ludique. Toutefois, lorsqu’on a l’occasion d’avoir à portée de main un vaste choix de produits à déguster et à comparer, on ajoute une profondeur intéressante à cette activité qui éveille nos sens. L’événement Rouge Papilles dont je parlais dans mon article précédent permet tout cela.

L’événement qui se tient du 23 au 26 avril 2015 dans le terminal de croisières du Vieux-Port, en même temps que la Braderie de mode québécoise – tiens, tiens! – donne la possibilité de déguster plusieurs vins, cidres et whiskys dans une jolie salle offrant une vue splendide sur Lévis, pour un prix très acceptable. La majorité des vins sélectionnés proviennent de l’agence de vin Sélection Caviste, et les autres, par exemple les vins québécois, sont disponibles en SAQ.

Événement Rouge Papilles. Photo : S@QC

Événement Rouge Papilles. Photo : S@QC

J’y suis allé avec ma compagne peu après l’ouverture de la salle, jeudi soir. D’abord, la salle était fort bien aménagée. Une station était identifiée pour chacun des pays représentés et de jolis présentoirs fabriqués à partir de palettes de bois permettaient de voir les bouteilles. Aux comptoirs de service, un personnel attentionné nous aidait à finaliser notre choix. Les serveurs présents semblaient cependant avoir une connaissance inégale de leurs produits, certains offrant plus de détails que d’autres. Des tables et quelques fauteuils étaient disposés ça et là. Les participants présents, pour la plupart assez jeunes, s’y regroupaient pour discuter. Fait à noter, la foule était peu nombreuse lors de notre passage et nous étions loin de nous bousculer! L’expérience a donc été très agréable sur ce point.

Les vins offerts se vendent généralement entre 15$ et 20$ l’unité. Il s’agit donc de vins d’entrée de gamme du point de vue de la dégustation, ce qui rend l’expérience à la fois plaisante et accessible. À ce titre, le forfait à 20$ offrant le verre officiel de l’événement, 5 coupons de dégustation et le vestiaire (non annoncé sur le site de l’événement!) est à mon sens une valeur sûre. La plupart des dégustations requièrent un seul coupon à 3$, mais certains vins demandent le sacrifice de 2 coupons. Question de transparence, nous aurions aimé le savoir avant d’arriver. De plus, on ne nous sert pas les dégustations de 125ml annoncées par les organisateurs… Heureusement, car la moitié de cette quantité suffit amplement! Malgré tout ce qui précède, je dois tout de même mentionner que le rapport qualité-prix de cette soirée était très satisfaisant et je vous invite à tenter l’expérience.

Événement Rouge Papilles. Photo : S@QC

Événement Rouge Papilles. Photo : S@QC

Ma compagne et moi avons particulièrement apprécié comparer des vins en prenant chacun un verre différent. Un vin mousseux pour débuter où nous avons confronté un cava et un prosecco, puis un combat sans merci entre un chardonnay de Bourgogne et un sauvignon du Languedoc. Nous avons ensuite répété l’expérience avec des vins rouges. L’expérience a comme toujours été fort instructive et nous permet de bien sentir les différences entre chacun des produits. Et comme nous avons conservé notre verre officiel, nous pourrions bien y retourner… Nous aurions par ailleurs aimé rencontrer un représentant de Sélection Caviste, mais personne de cette agence ne semblait présent sur place.

N.B. : Merci à Relèvénement qui nous a invité et qui a défrayé pour nous le coût d’entrée.

Rouges Papilles 2015 : une 2e édition prometteuse

707_tnAlors que l’événement Québec Exquis bat son plein, une seconde édition de l’événement Rouge Papilles aura lieu cette semaine, du 23 au 26 avril 2015, dans une formule renouvelée plus démocratique que jamais! À mi-chemin entre un festival et un salon, cet événement viticole offrira pour un prix modeste la possibilité de goûter de nombreux produits et même des whiskys, bières, cidres et cafés alcoolisés. Des bouchées préparées par le resto-pub Q de Sac seront aussi au menu.

Décidément, l’édition de cette année empruntera plusieurs attributs propres aux festivals, ce qui plaira sans doute à une clientèle jeune avide de découvertes. En effet, Rouge Papilles se veut sans prétention et accessible à tous. Les tarifs le confirment : 5$ pour accéder à l’événement, puis 3$ par dégustation de 125ml. Les organisateurs et partenaires associés ont réellement fait un effort pour promouvoir leurs produits. Espérons qu’ils auront la réponse souhaitée du public!

Côté vin, quatre pays seront représentés pour cette édition, soit la France, l’Espagne, l’Italie et le Canada où une belle sélection de vins québécois sera notamment offerte. Fait intéressant, plusieurs vins offerts sont disponibles en SAQ et d’autres proviendront le l’agence d’importation privée Sélection Caviste, partenaire de l’événement. On peut préparer sa visite en consultant les produits offerts sur le site de l’événement.

Rouge Papilles se déroulera à nouveau au terminal de croisières du Vieux-Port, un site fort agréable pour un tel événement. Ceux qui voudront s’offrir la totale pourront débuter la soirée à Rouge Papilles et la terminer dans un restaurant du secteur participant à Québec Exquis…