Parc Valero Les Écarts : la nature lévisienne

Le parc Valero Les Écarts est un grand boisé urbain situé à Lévis. Ce terrain appartenant à la raffinerie et servant en quelque sorte de zone tampon est également accessible au public. Quelques sentiers y sont aménagés : certains pour la marche et un autre pour le vélo de montagne. On y accède gratuitement à partir de la rue de la Pascaline près de l’autoroute 20.

Ce parc présente un intérêt naturel. Il s’agit d’un boisé représentatif des forêts qui couvraient autrefois la rive-sud de Québec. On y trouve notamment une chênaie rouge considérée comme écosystème forestier exceptionnel, des crans rocheux et de nombreuses espèces d’oiseaux.

DSCF5192

Photo : S@QC

Près de 5 km de sentiers réservés à la marche et à la raquette permettent de parcourir le site. Il faut se rendre jusqu’au bout du réseau, près des rivières à la Scie et des Couture pour découvrir l’ensemble des attraits du parc. Fait rare, près de 4 km de sentiers sont aménagés en parallèle pour la pratique du vélo de montagne. Il s’agit d’ailleurs d’un vrai sentier avec des virages serrés et un fond sur terre battu parsemé de racines et de roches à l’occasion. Il semble apprécié des cyclistes de tous âges!

Nous avons testé le sentier des plaines d’Abraham!

Le sentier des plaines d’Abraham est désormais ouvert aux marcheurs et cyclistes. Ce projet de près de 4 millions de dollars réalisé par la Commission des champs de bataille nationaux s’inscrit dans le cadre du réaménagement de la côte Gilmour. Une planification sans faille a été requise considérant l’instabilité de la falaise du côté du fleuve, la présence d’un boisé urbain d’intérêt et l’importance du dénivelé à franchir.

La côte Gilmour, peu invitante pour les cyclistes, a pratiquement été doublée d’une nouvelle infrastructure en parallèle qui permet de gravir le cap Diamant en site propre. La pente de cette nouvelle piste a également été réduite le plus possible pour le confort des utilisateurs.

DSCF5157

L’aménagement du sentier des plaines d’Abraham a nécessité une intervention lourde pour créer un passage dans la falaise du cap Diamant. Sur la falaise dégarnie de végétation, de petits soldats métalliques rappellent le passage des troupes de Wolfe en 1759 lors de la prise de Québec. Photo : S@QC

Ne reculant devant aucun défi, Survivre à Québec est allé tester cette nouvelle infrastructure en vélo. Du bas de la pente, les imposants murets de gabions donnent un aperçu du parcours à venir. À partir du corridor du littoral, il ne manque que quelques mètres de piste en site propre pour accéder au nouveau sentier. Espérons que cette correction sera faite rapidement puisqu’il est difficile pour le moment d’atteindre le feu pour piéton à vélo du côté sud du boulevard Champlain.

DSCF5160

Une piste en lacets retenue par d’imposants murets grimpe dans la falaise de façon régulière. Ce sentier est donc beaucoup plus facile à gravir que la côté Gilmour voisine, qui est désormais réservée aux véhicules motorisés. Photo : S@QC

Le sentier s’engage dans le cap sans trop tarder. L’inclinaison prononcée à cet endroit a nécessité l’aménagement de plusieurs lacets qui se grimpent sans trop d’efforts. On aperçoit en passant de petits soldats métalliques agrippés aux parois dégarnies de la falaise qui rappellent la prise de Québec de 1759. Puis, le sentier grimpe jusqu’à un faux plat au pied des Jardins Mérici. La piste longe la côte Gilmour à cet endroit jusqu’à une dernière montée, plus raide, qui conduit directement à l’avenue George VI ceinturant l’anneau de course des plaines d’Abraham.

Est-ce difficile à monter? Oui, un peu. Considérant l’importance du dénivelé à franchir, la pente se négocie quand même très bien à vélo. À titre de comparaison, le petit viaduc sur le corridor du Littoral, juste en bas de la côte Gilmour, possède une inclinaison comparable. Ceux pour qui ce viaduc représente un défi n’auront aucun plaisir à monter le nouveau sentier. À pied, la marche est certes plus longue (possiblement 20 à 30 minutes), mais évidement plus facile.

DSCF5164

Le sentier des plaines d’Abraham longe la côte Gilmour sur toute sa longueur du côté de la falaise. À mi-montée, on atteint un plateau qui permet de respirer un peu avant la dernière pente conduisant aux plaines d’Abraham. Photo : S@QC

Pour ceux qui désireraient le faire à leur rythme, quelques stations sont aménagées de bas en haut de la côte avec des panneaux d’interprétation historique. On y traite bien entendu des différents aspects de la guerre de la Conquête. Ces aménagements sont de qualité, tout comme le mobilier urbain (bancs, lampadaires, garde-fous) sélectionné pour le projet. Seule l’empreinte du projet sur le milieu naturel m’a semblée plus dommageable. Pour aménager ce sentier, beaucoup d’arbres ont été coupés et la falaise a été excavée. Il y a donc de bonnes superficies de terre à nue où la végétation pourrait mettre du temps à repousser. Cette cicatrice a été difficile à maquiller.

DSCF5162

Le sentier comporte de belles stations qui donnent envie de s’arrêter et de prendre connaissance des informations historiques présentées sur les différents panneaux jalonnant le parcours. Photo : S@QC

En somme, nous avons bien aimé le nouveau sentier et nous croyons qu’il favorisera la circulation entre la Haute-Ville et le corridor du Littoral. Pour être pleinement utilitaire, il ne manquerait qu’une connexion avec le vélo-boulevard et la côte de la Pente douce de l’autre côté du cap.

Une piste cyclable à temps partiel?

En ce mois du vélo, les cyclistes de la Capitale ont une raison cette année de fêter. En effet, les bonnes nouvelles se sont succédé dans les derniers mois : inauguration du sentier des plaines d’Abraham, liens cyclables sur la rue du Pont, la 3e Avenue et l’avenue du Colisée, ouverture des pistes 24 heures sur 24 à Lévis, etc. Qu’en est-il toutefois de l’espace réservé aux cyclistes lorsqu’il y a des chantiers de construction?

À Québec, la place accordée à l’automobile est rarement remise en question. Lorsque des travaux provoquent la fermeture d’une piste cyclable, un détour pour cyclistes n’est pas toujours aménagé. Il faut donc se frayer un chemin à travers les automobilistes qui n’apprécient pas cette nouvelle présence dans leur chemin. Et on peut les comprendre. Le réseau routier au centre-ville offre rarement assez d’espace pour qu’un vélo circule en bordure de la chaussée sans entraver la voie de droite. Néanmoins, les cyclistes sont tout à fait autorisés à rouler en bordure de la chaussée, même dans ces circonstances.

Le dernier exemple en date est celui du chantier de la Place des Canotiers, face au musée de la Civilisation. Ces travaux d’aménagement d’un parc urbain provoquent la fermeture complète de la piste cyclable pour l’été. Rappelons que cette piste est fortement achalandée par les cyclistes se rendant vers le boulevard Champlain ou encore vers Lévis, soit par loisir ou de façon utilitaire. Le cadre bâti serré de ce quartier rend la logistique de ce chantier complexe. On l’a vu notamment lorsqu’il a été question de la relocalisation temporaire des espaces de stationnement sur le lieu du chantier.

Dalhousie

Rue Dalhousie, Québec. Photo tirée de Google Street View.

La solution envisagée jusqu’au 24 juin consistera à implanter un corridor cyclable temporaire la fin de semaine. Ce corridor implique la fermeture d’une voie. En semaine, en l’absence de piste cyclable, les automobilistes devront donc partager l’espace avec les cyclistes qui ne choisiront pas de marcher sur le trottoir avec leur vélo, comme la signalisation le suggère. Certains préféreront rouler illégalement sur le trottoir, un choix discutable considérant que les piétons sont relativement nombreux à cet endroit. Dès le 24 juin, la piste cyclable sera disponible en tout temps, enfin! On verra à ce moment les impacts de cette voie en moins sur la circulation. L’été, le Vieux-Port est souvent très achalandé.

La gestion de la circulation dans ce secteur a toujours été problématique. La Ville songe depuis longtemps à inciter les automobilistes à s’y rendre autrement, mais hésite à poser des actions concrètes. Une signalisation de voies réservées a même déjà été installée, mais n’a jamais été réellement utilisée. L’aménagement de la place des Canotiers aurait pu être un bon prétexte pour repenser l’accessibilité de ce secteur enclavé du centre-ville.

Route Eager – Kinnear’s Mills

DSCF5146

La route Eager est un petit chemin partiellement carrossable desservant une maison et une érablière. Les paysages agricoles paraissent figés dans le temps et rappellent tout l’effort de colonisation déployée dans cette région vallonnée depuis l’ouverture du chemin Craig en 1810. À quelques pas, le hameau de Kinnear’s Mills se laisse bercer par la rivière Osgood. Photo : S@QC

5 incontournables pour découvrir Thetford Mines

La région de Thetford Mines est l’une des rares régions minières située près des grands centres urbains du sud de la province. L’industrie de l’amiante y a laissé des traces profondes qui marquent les paysages naturels des Appalaches composés de lacs et de montagnes. Aujourd’hui, plusieurs activités permettent de découvrir le caractère unique des villes minières du secteur. On ne peut visiter Thetford Mines sans songer à l’impact des activités humaines sur l’environnement et à la volatilité de l’économie de ces régions dépendantes des ressources naturelles.

À Thetford et dans les environs, les mines sont partout. Pour découvrir l’histoire fascinante de cette région qui a déjà connu une prospérité remarquable, voici quelques incontournables :

Le sentiers des Mineurs (Sacré-Coeur-de-Jésus)
Le sentier des Mineurs est un site historique et naturel rendu accessible au public sous forme de parc. On y pratique la randonnée pédestre, le ski de fond ou la raquette sur un réseau de sentier totalisant près de 8 km. Ce site était autrefois occupé par les mines Carey et Boston dont on peut voir d’importants vestiges. Les sentiers font le tour des puits de mines ou passent carrément sur les imposantes haldes de résidus miniers. Des panneaux d’interprétation permettent de mieux comprendre l’histoire du site. On s’y balade sans trop d’effort sur les anciens chemins privés des compagnies minières. Plusieurs points de vue valent le détour.

DSCF5077

La petite municipalité d’East Broughton, à l’est de Thetford Mines, est entourée de puits de mines et de haldes minières. Les superbes paysages des Appalaches sont entaillés de trous béants et de montagnes artificielles légués du passé minier de la région. L’oeil a donc beaucoup d’éléments à déchiffrer au sommet des nombreuses collines des environs. À l’avant-plan, la mine Boston; derrière l’église le sommet du Grand Morne. Photo : S@QC 

DSCF5100

Le puits de la mine Carey est rempli d’eau de couleur turquoise comme plusieurs mines de la région. Malheureusement, ce lac artificiel était couvert de glace lors de notre passage. En arrière-plan, les résidus de la mine et un ancien bâtiment rappellent l’ampleur de l’exploitation réalisée sur le site. Cette partie du site non-accessible est néanmoins fréquentée par les amateurs de quad des environs qui circulent en file au sommet des haldes minières. Photo : S@QC

DSCF5122

Un sentier fait le tour de la mine Boston et offre de belles perspectives sur les falaises creusées dans le roc. On voit bien les failles dans la roche et les veines qui contiennent de l’amiante. Des panneaux d’interprétation sont installés tout autour de la mine. Ce puits de mine est par ailleurs ensemencé pour la pêche et géré par une association locale. Photo : S@QC

Le musée minéralogique et minier de Thetford Mines (Thetford Mines)
Pour suivre son cours Thetford Mines 101, c’est au musée minéralogique qu’il faut s’arrêter. Le musée présente notamment l’histoire de l’exploitation de l’amiante dans la région dans une exposition permanente de grande qualité. On y découvre entre autres que la population a déjà habité encore plus proche des puits de mines jusqu’à ce qu’on déplace de nombreuses maisons. Pour passer de la théorie à la pratique, le musée offre également des visites minières patrimoniales en été d’une durée de deux heures à travers les vestiges de l’industrie de « l’or blanc ».

Le belvédère du Vieux Black Lake (Thetford Mines, secteur Black Lake)
Pour apercevoir de plus près une mine et ses installations sans vraiment quitter la route, un arrêt au belvédère du Vieux Black Lake s’impose. Celui-ci surplombe la mine British-Canadian fermée en 1997, à quelques jets de pierre du quartier de Black Lake. Au fond du puits, les eaux turquoises de la mine abandonnée contrastent avec la grisaille de la pierre.

Les sentiers pédestres des 3 monts (Saint-Joseph-de-Coleraine)
Un important secteur épargné par l’industrie minière possède désormais un statut de réserve écologique. Il est possible d’accéder à cet environnement naturel exceptionnel grâce aux Sentiers pédestres des 3 monts dont j’ai déjà parlé par le passé. Du sommet des monts Caribou et Kerr, la vue sur l’ensemble de la région permet de voir l’étendue des mines environnantes et la beauté des paysages appalachiens. Ces montagnes renferment la précieuse serpentine de Coleraine, une roche de couleur orangée. On peut aussi y croiser des puits de mines artisanales creusées au pic et à la pelle à une époque pas si lointaine… Ce parc est bien géré et constitue un coup de coeur pour tous ceux qui s’y rendent! Vous pourriez faire comme moi et tenter la traversée du site aller-retour sur deux jours

IMG_20150523_112552

Les sentiers pédestres des 3 monts se situent dans un environnement naturel protégé sous forme de réserve écologique. La composition géologique particulière du site entraîne l’apparition d’espèces végétales rares. Les paysages y sont également différents de ceux du reste de la région. Photo : S@QC

IMG_20150523_120039

Le sentier du mont Caribou est un incontournable de la Chaudière-Appalaches. Sis dans un environnement naturel impeccable, il offre toutefois une vue en plongée sur les plus importants sites miniers du sud du Québec. Tout un contraste! Photo : S@QC

Le centre-ville de Thetford Mines
La rue Notre-Dame Ouest concentre plusieurs commerces et restaurants. À la belle époque, c’était la grande rue où se trouvaient les principales institutions de la ville et les banques. Cette rue qui traverse la ville se termine abruptement car la mine King bloque le passage vers l’ouest. Son trou béant est à moins de 700 mètres des terrasses de la rue Notre-Dame et de la Station des arts, une ancienne gare transformée en lieu d’exposition. Tout près, un important chantier est en cours sur le site de l’ancienne mine King. D’anciens bâtiments seront restaurés et un marché public y sera aménagé. Le Centre historique de la mine King offrira une expérience supplémentaire aux visiteurs intéressés par l’histoire régionale.

Une mine d’informations…
Le Répertoire du patrimoine culturel québécois contient un inventaire du patrimoine minier et industriel de la MRC des Appalaches qui permet d’obtenir une foule de renseignements sur les différentes mines et le patrimoine bâti associé à l’industrie minière. Une cinquantaine d’éléments, majoritairement d’anciennes mines, sont répertoriés et illustrés par des photos.

rpcq_bien_191120_206598

Site des anciennes mines King-Beaver. Photo : Musée minéralogique et minier de Thetford Mines

La voiture la moins chère – celle qu’on ne possède pas?

Je ne possède pas de voiture par choix. Je préfère prendre l’autobus, me déplacer à pied ou en vélo pour me rendre au travail, faire mes achats à quelques coins de rue tout en profitant de mes déplacements pour demeurer actif. Ce qui ne m’a pas empêché de parcourir plus de 8000 km en voiture en 2015… pour voir la famille, visiter d’autres régions ou aller faire du ski.

Vous l’aurez deviné, j’ai souvent recours à la location d’automobiles. Vingt-deux fois en 2015 pour être précis. Louer des voitures est plutôt avantageux pour moi. C’est d’abord un choix économique. Pendant plus de 300 jours par année, je n’ai pas à débourser pour un véhicule que je n’utiliserais pas. De plus, j’évite la série de frais qui accompagne la possession d’une automobile : immatriculation, entretien et réparations, pneus d’hiver… Je n’ai pas à payer de stationnement dans mon immeuble, ni sur mon lieu travail.

C’est également un choix pratique. Je loue de grosses voitures qui s’essoufflent moins dans les côtes de Charlevoix et des voitures compactes faciles à garer lorsque je me rends à Montréal. Les voitures sont toujours récentes, bien équipées et je n’ai pas à prendre rendez-vous pour les changements d’huile ou à me rendre au lave-auto en revenant de la montagne.

J’ai donc déboursé en moyenne un peu moins de 140 $ par mois ou encore 31 $ par jour en locations de voitures. Des voitures de toutes sortes allant de la Ford Fiesta au Jeep Grand Cherokee, en passant par la Mazda 3, le Toyota RAV4 et la Hyundai Sonata. La moindre voiture neuve m’aurait facilement coûté 100 $ de plus par mois, sans parler de tous les frais énumérés précédemment.

Pour moi, ne pas être propriétaire d’une voiture est synonyme de qualité de vie. J’habite un quartier dense bien pourvu en services et en espaces verts, je marche à tous les jours et je n’ai pas à me soucier des heures de pointe, de la réglementation de stationnement où du nombre de consommations que je commande au restaurant…

Il y a bien quelques inconvénients. Il faut prévoir le temps requis pour aller chercher la voiture et pour la retourner chez le locateur, les contrats des agences de location sont ardus à comprendre et il est préférable de planifier ses déplacements un peu d’avance. Malgré tout, je ne regrette aucunement ce choix.

Québec Exquis 2016 : Soirée feutrée Chez Boulay

L’événement annuel Québec Exquis est une belle occasion d’apprécier le travail des restaurateurs de la ville de Québec qui offrent pour l’occasion un menu spécial à prix fixe mettant en valeur un producteur agroalimentaire de la région. Pour l’édition 2016, nous avons été conquis par le menu élaboré par le restaurant Chez Boulay, à partir des produits du fumoir Saint-Antoine, de Baie-Saint-Paul.

IMG_20160423_222603

Photo : S@QC

La cuisine d’Arnaud Marchand avait été pour nous une belle découverte lors de notre dernière visite en 2013. Dès notre arrivée, nous retrouvons avec plaisir la même salle à manger feutrée que nous avions quitté trois ans plus tôt. Tandis que le soleil s’éteint sur la rue Saint-Jean, nous sirotons un apéritif en discutant des différents menus. Mon Bloody Caesar réinterprété, composé de whisky, jus de légumes, bière noire, sirop d’érable et épices boréales, fait l’envie de ma compagne qui en réclame quelques gorgées. En comparaison, son cocktail, quoique très satisfaisant, ne fait pas le poids à ses yeux.

Notre stratégie pour la suite est la suivante : nous commandons évidemment un menu Québec Exquis, raison pour laquelle nous sommes ici, mais aussi une entrée et un plat de la carte régulière que nous partagerons au cours de la soirée. J’ajoute une bouteille de Viognier d’importation privée pour cette soirée axée sur les produits de la pêche.

Nos entrées arrivent sans trop tarder. Je reçois le premier service du menu Québec Exquis, soit un pavé de saumon fumé mi-cuit, à la texture aussi soyeuse qu’un sashimi, accompagné d’une salade de betterave grillée et pomme et d’un bouillon au sumac vinaigrier qui permet d’y tremper une bouchée à l’occasion. C’est beau et c’est bon! Ma compagne débute ce repas avec une assiette d’esturgeon biologique grillé et mariné au raifort, accompagnée de choux raves crus aux herbes du Bas-du-Fleuve et d’une sauce crémeuse à l’huile de noisette. La fraîcheur du produit est évidemment irréprochable, mais l’ensemble manque à mon avis d’un peu de saveur. On perçoit peu au goût l’aspect grillé et mariné de l’esturgeon.

Je poursuis avec le plat principal du menu Québec Exquis : un pavé d’omble chevalier rôti et laqué au sirop de bouleau et une saucisse d’omble chevalier au sapin baumier, tous deux accompagnés de polenta crémeuse et d’un sauté de champignons. D’abord, le pavé, discrètement laqué, permet d’apprécier le goût délicat de l’omble chevalier qui est rôti à la perfection. Puis, la saucisse révèle une saveur plus soutenue et offre une texture fort différente. Enfin, les champignons agrémentent parfaitement les saveurs de ce plat réussi. Ma compagne n’est pas en reste avec son saumon sur lit d’épinards, saisi en feuilleté et couvert d’une sauce au beurre blanc au Gin Ungava et genièvre, avec pesto de cresson aux graines de tournesol. Ce plat inspiré du patrimoine culinaire régional (les militaires britanniques aimaient la pêche au saumon et le gin) nous a positivement étonné, malgré sa simplicité apparente.

Puisque tout se déroulait aussi bien, nous osons commander chacun un dessert pour profiter encore un peu de la soirée. Le menu comprenait un gâteau au fromage aux pommes caramélisées et au rhum Chic Choc, que j’offre sans remords à ma compagne. C’est que j’ai vu un dessert sur l’autre carte qui m’appelle… une tarte à l’argousier meringuée sur une crème anglaise au nard des pinèdes. Je goûterai finalement aux deux pour conclure qu’ils étaient chacun exceptionnels à leur façon!

Nous quittons l’établissement très satisfaits et heureux du service reçu, ce dernier nous ayant paru plus détendu que lors de notre dernier passage où les plats se succédaient à une cadence un peu trop rapide. On y retournera!

Mon parcours à obstacles…

Mon propos d’aujourd’hui est purement anecdotique et il n’est pas mon intention d’en faire une question d’enjeu public. Cependant, je ne peux passer sous silence une problématique aussi accablante! J’habite à Québec depuis bientôt quinze ans et jamais je n’ai réussi à m’y habituer. Depuis mon arrivée, il n’y a pas une journée où je ne passe près de foncer dans un piéton à la démarche chaotique. Il me semble que les Québécois ne possèdent pas plus l’art de marcher que celui de faire la file…

En voiture, il est d’usage au Québec de circuler à droite et de dépasser par la gauche. Même si Québec a longtemps été une ville coloniale britannique, il serait raisonnable de croire que la circulation des piétons se fasse selon la même logique. Comme ailleurs au Québec…

Or, il y a certains us et coutumes en notre ville qui défient cette convention toute simple… Le pauvre marcheur ne peut donc progresser sereinement, du côté droit du trottoir, sans surprendre un autre piéton en train de foncer sur lui de plein droit comme si c’était lui qui était dans le tort.

Il y a d’abord les marcheurs apeurés par la circulation automobile qui longent le côté extérieur du trottoir. D’un côté de la route, cette technique est appropriée puisque les marcheurs se trouvent à droite, mais de l’autre côté de la voie publique, ceux-ci se trouvent à circuler à contresens. Ces derniers semblent tellement affolés à l’idée d’être heurtés par une voiture qu’il ne céderont jamais le passage aux passants arrivant en sens inverse. Il vaut donc mieux les contourner que d’entrer en collision et se faire regarder comme un être mal élevé alors qu’on se trouve du bon côté du trottoir.

Puis, il y a ceux qui, empreints de bonne foi, avancent vers vous et souhaitent vous laisser le passage libre en vous apercevant. Toutefois, au moment de vous croiser, ils se rangent à gauche plutôt qu’à droite. Ainsi, il tombent systématiquement face à vous qui étiez sur le point de les croiser sur la droite. S’en suit inévitablement un échange de sourire durant l’inévitable négociation déterminant qui ferait le pas de côté pour laisser passer l’autre.

Enfin, il y a ceux qui pratiquent sans retenue le déplacement en diagonale. À Québec, on pratique tous cette technique au coin des rues pour profiter de la phase exclusive des feux pour piétons. Évidemment, un problème se pose lorsque les marcheurs se croisent au centre de l’intersection. De quel côté doit-on se croiser? La diagonale est également fort utilisée dans les centres commerciaux pour passer d’une boutique à une autre. Il suffit de s’aligner directement sur son prochain arrêt, quitte à couper tous ceux qui osent briser la trajectoire parfaitement droite reliant les deux commerces. Imaginez l’enchevêtrement de piétons lorsque chacun circule ainsi!

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il manque des lignes sur les trottoirs et sur le carrelage des centres commerciaux, mais s’il-vous-plaît, n’oubliez pas de considérer qu’il y a des gens autour de vous qui ne demandent qu’à marcher sans marcher pour les autres…

Le grand marché d’Expocité : quelques facteurs de succès

Le couperet est tombé au sujet du déménagement du marché du Vieux-Port sur le site d’Expocité. Le pavillon du commerce, voisin du centre Vidéotron, sera habilement converti pour accueillir les étals du marché et plusieurs commerces d’alimentation. Plusieurs ont rapidement conspué cette décision et se sont promis de s’opposer à ce déménagement forcé. Cependant, tant l’actuel marché du Vieux-Port que ce nouveau site présentent leurs avantages et leurs inconvénients.

PavillonCommerce

Voici l’immeuble qui abritera en 2018 le nouveau marché public de Québec. Sa forme semble toute désignée pour accueillir les étals des maraîchers et des petits commerces d’alimentation. Image tirée de Google Street View.

Le marché du Vieux-Port est localisé dans le Vieux-Québec, un quartier où l’offre alimentaire se résume désormais à une forte concentration de restaurants. Les résidents du secteur apprécient sans doute sa présence. Cependant, pour la clientèle provenant de l’extérieur, cet emplacement présente de grands désavantages. Le réseau routier est souvent surchargé dans ce quartier enclavé entre le port et la falaise et il ne passe aucun parcours d’autobus d’importance face au marché. Heureusement, ce dernier est bien ancré au réseau cyclable de la ville.

Le marché lui-même est souvent encombré de touristes davantage susceptibles d’acheter une bouteille de cidre ou des produits transformés qu’une caisse de tomates en liquidation. Beaucoup ne semblent d’ailleurs que flâner.

Le grand marché qui sera aménagé près de l’amphithéâtre ne sera malheureusement pas aussi accessible pour la clientèle se déplaçant à pied ou à vélo, mais rejoindra plus facilement la masse d’automobilistes qui passe sur l’autoroute Laurentienne matin et soir. Disons-le franchement, mis à part quelques Limoulois qui auront la chance d’habiter à côté, peu de gens pourront vraiment s’y rendre régulièrement sans voiture. Que les Sociétés de développement commercial et les commerçants de la ville se rassurent, on aura donc encore besoin d’eux pour faire nos achats quotidiens, même sur la 3e Avenue dans Limoilou. Il y aura également encore de la place pour des marchés publics éphémères ou de quartier.

Pour qu’il soit rentable, le nouveau marché devra donc attirer une clientèle de destination tout comme le marché du Vieux-Port le fait actuellement. Le nouveau marché ne pourra toutefois pas autant compter sur l’achalandage touristique. Il faudra donc qu’on y trouve une offre alimentaire qui incitera la population de la grande région de Québec à s’y rendre occasionnellement pour faire le plein de victuailles. Le marché devra offrir des produits en abondance qu’on ne trouve pas ailleurs et à bon prix. Il devra aussi se doter d’une aura de fraîcheur provenant d’un marketing efficace, comme le marché Jean-Talon à Montréal. Il faut que les foodies, les restaurateurs et les médias l’adoptent et en fassent la promotion. Ce qui a été présenté jusqu’à maintenant laisse croire qu’on a compris cet enjeu et qu’on offrira une expérience aux visiteurs du futur marché.

Le grand marché gagnera à être mieux intégré au quartier Limoilou. Aucun parcours piéton ou cyclable intéressant ne s’y rend. L’axe cyclable du parc Lairet mériterait d’être amélioré pour connecter Expocité au parc linéaire de la rivière Saint-Charles. Cet axe permettrait aux cyclistes de toute la ville d’accéder facilement au marché à partir du parc Cartier-Brébeuf. La rue de la Pointe-aux-Lièvres devrait aussi être repensée pour le confort des piétons à partir du futur écoquartier et, si possible, jusqu’au quartier Saint-Roch.

PisteLairet

Une piste cyclable de qualité pourrait être aménagée en direction du grand marché afin de le connecter adéquatement au réseau cyclable de Québec. À proximité du pont enjambant la rivière Lairet dans le parc Cartier-Brébeuf, la piste rejoindrait un tronçon existant qui traverse le parc Lairet jusqu’à l’avenue Eugène-Lamontagne (18e rue). De là, la piste emprunterait la rue Jalobert transformée en rue partagée. Il suffirait de bloquer l’accès nord aux automobiles pour en faire un cul-de-sac et de rendre la rue plus attrayante par des plantations et des aménagements plus soignés. Image tirée de Google Maps.

À plus long terme, le réseau de service rapide par bus (SRB) passera devant le marché. En attendant, le Métrobus 802 et quelques parcours en provenance de Saint-Roch relient le site aux quartiers voisins. Le 802 traverse d’ailleurs plusieurs quartiers défavorisés qui sont moins bien pourvus en produits frais. Il faudrait penser à cette clientèle dans le nouveau marché en offrant des produits abordables.

C’est toutefois l’accessibilité automobile qui demeure le principal enjeu du point de vue du transport si l’on considère que le marché doit attirer une clientèle régionale pour être rentable. Il faudra donc tout mettre en oeuvre pour assurer des espaces de stationnement en quantité suffisante aux utilisateurs du marché, même lors d’événements au centre Vidéotron ou au Centre de foires. Un stationnement avec un accès indépendant devrait être aménagé et celui-ci devrait être réservé aux clients du marché pendant ses heures d’ouverture.

En somme, un grand marché à vocation régionale pensé pour une clientèle de destination et un réseau de petits marchés de quartier permanents ou estivaux pourraient sans doute répondre aux besoins et attentes de chacun. À mon avis, sans être parfait, le scénario retenu n’est pas la catastrophe annoncée par certains…

Le Bistreau d’érable : dépoussiérer la tradition

Mariant habillement la tradition avec un soupçon de modernité, Jérôme Sauvageau et sa conjointe Noémie ont réussi un tour de force cette année en ouvrant Le Bistreau d’érable, une petite cabane à sucre familiale située à Sainte-Lucie-de-Beauregard dans l’arrière-pays de Montmagny. Rien n’est laissé au hasard dans cette entreprise qui pourrait bien redéfinir nos standards en matière d’acériculture. Tirez-vous une bûche, je vous raconte notre expérience…

IMG_20160410_104606 (2)

Photo : S@QC

D’abord, se rendre au Bistreau d’érable relève presque de l’aventure. De Québec, il faut compter plus d’une heure trente sur des routes de plus en plus secondaires qui ne manquent toutefois pas de charme. La cabane à sucre est nichée sur les flancs du mont Sugarloaf et enclavée dans le superbe parc régional des Appalaches. Les derniers kilomètres se font donc sur un chemin de gravier qui vous transporte en forêt et loin du monde urbain.

La cabane elle-même est un beau bâtiment de bois, d’aspect rustique, mais décoré avec goût. Des chaises au soleil saluent l’arrivée du printemps, tandis que le jambon cuit dans son fumoir à proximité de la cabane. À l’intérieur, une salle à manger accueillant une quarantaine de convives se jouxte à une cuisine ouverte où s’affaire une véritable petite équipe familiale prête à vous faire passer un bon moment. Dans la pièce voisine, le sucrier en chef surveille les équipements dernier cri permettant de produire le précieux sirop.

Nous sommes d’abord accueillis amicalement par nos hôtes qui nous présentent le déroulement de la journée tout en ouvrant la bouteille de vin que nous avions pris soin d’apporter. Le repas sera principalement servi au centre de la table, en cinq services. Avant la tire sur la neige, une visite de la cabane sera également offerte. Notre hôte nous annonce fièrement (et avec raison) que les produits servis sont de la région avoisinante et pour la plupart biologiques. Quelques instants plus tard, la salle est enfin comble et le repas peut commencer.

Évidemment, la soupe au pois compose le premier service. La recette traditionnelle est cependant bonifiée légèrement avec l’addition de filaments de jambon fumé qui nous arrachent un sourire. Des oreilles de crisse bien frites (et salées!), du pain ménage de la boulangerie Boutin, à Saint-Fabien-de-Panet, et des cretons maison accompagnent la soupe. Les plats s’échangent au-dessus des assiettes avec une complicité partagée.

Pour nous donner le temps de souffler un peu, vient ensuite une salade de betteraves et de pommes bios dans un grand saladier. L’acidité de la pomme tranche avec le reste du menu et toute notre table se laisse tenter par une deuxième portion de fruits et légumes.

Puis, le plat principal arrive en pièces détachées. Le jambon fumé de Buckland, cette fois servi en tranches, arrive en premier, suivi des oeufs soufflés dans une poêle de fonte et d’un grand bol de patates jaunes en petits cubes, cuites dans l’oignon caramélisé. Les plats passent de convives en convives et l’équipe en salle s’assure que tout le monde ait a juste part. On nous apporte également une portion individuelle de bines dont la recette s’apparente au cassoulet en version sucrée. C’est drôlement bon, local et bio en plus…

Le meilleur reste toutefois à venir. Au quatrième service, de fines crêpes encore fumantes sont servies dans une longue assiette. Quelle épice donne ce goût unique à la pâte? On arrose généreusement de sirop avant de rouler les yeux de bonheur! Pour terminer ce repas sur une note différente, nous concluons avec une verrine composée de gelée d’érable, de crumble à l’érable et d’une meringue à l’érable. Je trouve le mélange étonnamment léger malgré tout ce que nous venons de manger. Le sucre d’érable granulé de la verrine nous convainc de passer à la boutique en quittant la table.

Après le repas, nous visitons bien entendu la cabane à sucre en compagnie de France Sauvageau qui connaît très bien le monde acéricole pour y avoir oeuvré de nombreuses années. La courte visite est bien instructive. Et finalement, la tire sur la neige nous attend dans la cour avant.

Après quelques palettes, nous quittons le ventre plein et nous profitons du temps restant pour visiter la région de Montmagny : le parc régional des Appalaches où nous faisons un arrêt à la Chute-à-Dupuis, à Sainte-Appolline-de-Patton, à Montmagny et à Berthier-sur-Mer. Bon à savoir : L’an prochain, un sentier de randonnée devrait être aménagé dans l’érablière et se connectera au réseau du parc régional.