Prêcher pour sa paroisse : Saint-Charles-Borromée, le coeur de Charlesbourg

En 1665, les Jésuites concèdent vingt-neuf terres de plan radial, au nord de Québec, pour l’établissement de colons. Les terres sont regroupées autour de deux carrés intérieurs, un premier réservé à la construction d’une église, et un second servant de commune pour le pâturage. Il y a 350 ans, donc, naissait la ville de Charlesbourg qui deviendra un arrondissement de la Ville de Québec en 2002.

Trait-Carre Ouest

Dans certaines portions du Trait-Carré, le découpage radial des terres est toujours perceptible. Ici, une rangée de maisons en bordure de la voie publique est doublée, à l’arrière, d’une autre série de résidences implantées sur de grands terrains. L’alignement des maisons suit également la ligne latérale des terrains, particulièrement à l’approche de la courbe de la rue, à l’extrême droite. Photo : S@QC

La paroisse Saint-Charles-Borromée s’enracine en 1693 au coeur du Trait-Carré dans l’espace réservé à cette fin. Ce secteur possède déjà une certaine centralité, plusieurs rangs et petits bourgs étant ouverts aux alentours. La première église, construite en 1697, est remplacée par le bâtiment actuel en 1830. Le Trait-Carré demeure essentiellement agricole et institutionnel durant de nombreuses années. Quelques maisons et commerces sont tout de même construits entre les fermes, dont plusieurs maisons bourgeoises. Au tournant du 20e siècle, on commence à voir certaines portions du territoire actuel de Charlesbourg s’urbaniser légèrement. C’est le cas de Notre-Dame-des-Laurentides, plus au nord, et du Trait-Carré deviendra le village de Charlesbourg en 1914.

eglise Saint-Charles-Borromee

L’église de Saint-Charles-Borromée se situe au milieu du Trait-Carré, à l’intersection de la 1re Avenue et du boulevard Louis-XIV. De l’autre côté de la rue, à l’emplacement du parc du Sacré-Coeur, se trouve le site de la première église. Photo : S@QC

À partir de ce moment, la ville de Québec amorce une nouvelle phase d’expansion entraînée par l’apparition du tramway électrique, puis de l’automobile. Limoilou se développe rapidement et de petits développements apparaissent le long de l’actuelle 1re Avenue jusqu’à Charlesbourg. En 1936, une nouvelle route relie Charlesbourg à Québec. Celle-ci prendra le nom de boulevard Henri-Bourassa en 1953. Le village de Charlesbourg devient alors plus attractif pour l’établissement de nouvelles familles. La construction domiciliaire s’accélère à partir de l’Après-Guerre.

1re Avenue

La 1re Avenue était la rue principale du village de Charlesbourg. Encore aujourd’hui, on y trouve plusieurs commerces implantés dans de belles maisons anciennes. Quelques résidences cossues, de style Second Empire ont notamment été construites le long de la 1re Avenue. C’est le cas de l’édifice où loge Les Chocolats favoris. Les maisons ouvrières reprennent quant à elles ce style architectural avec leurs toits mansardés. Photo : S@QC

En l’espace de quelques décennies, le Trait-Carré sera graduellement entouré de nouveaux quartiers s’arrimant à la trame urbaine peu commune de ce noyau villageois. Ce dernier sera protégé des développements modernes en 1965, en devenant un arrondissement historique. Encore aujourd’hui, on entre dans le Trait-Carré avec une vague impression de quitter la ville. On y trouve de belles maisons d’autrefois. Certaines sont implantées sur le trottoir, d’autres sont sises sur de longs terrains qui rappellent le découpage particulier des terres à cet endroit. Ici et là, de petits commerces attendent les visiteurs. Un aménagement urbain sobre et de qualité met en valeur le site de manière exemplaire. Ne restez pas surpris, il y reste encore quelques bâtiments agricoles.

Trait-Carre Ouest-2

Les rues étroites, la présence d’arbres matures et d’espaces verts, ainsi que l’architecture ancienne confèrent au Trait-Carré un caractère villageois fort plaisant. Photo : S@QC

Le Trait-Carré a conservé son rôle de carrefour. La circulation est constante au coin de la 1re Avenue et du boulevard Louis-XIV. Tout près, le boulevard Henri-Bourassa a pris la relève en découpant Charlesbourg en deux. L’église domine toujours le plateau. Avec le moulin des Jésuites, elle compose l’un des legs du passé de ce secteur. On peut visiter ces deux immeubles. Le Trait-Carré accueille aussi depuis quelques années une bibliothèque qui s’intègre en douceur à son environnement. Un autre lieu rassembleur. Enfin, le terminus Charlesbourg s’y trouve également. Le Trait-Carré est donc un pôle du transport collectif.

Une programmation a été élaborée pour souligner ce 350e anniversaire.

Le Fleuve, encore et toujours…

Quebec de St-Romuald

Les Lévisiens se targuent sans arrêt d’avoir la plus belle vue qui soit. Lorsqu’on longe le littoral par le réseau cyclable qui s’étend de la traverse aux ponts, on ne peut que leur donner raison. Comme ici, à proximité du centre-ville de Saint-Romuald… Photo : S@QC

Est-ce moi où le Fleuve prend de plus en plus d’importance dans nos vies? Je me souviens, il y a dix ans, du temps où le corridor du Littoral finissait en cul-de-sac à la gare Maritime. Il fallait alors rouler prudemment sur le boulevard Champlain jusqu’au pont de Québec. Aujourd’hui, tant Québec que Lévis nous ont redonné accès à ce Fleuve auquel nous avions tourné le dos en même temps que le déclin des activités portuaires.

Le chemin du Foulon et la rue Saint-Laurent sont passés, en l’espace d’une génération, de quartiers invivables à véritables îlots de fraîcheur urbains. La fumée des usines et le bruit infernal des trains a fait place au passage des cyclistes et à une constellation de parcs de détente. Je me surprends même à y trouver un petit air californien… peut-être est-ce cette douceur de vivre en bordure du Saint-Laurent?

10 endroits originaux où compléter son épicerie

Quand on aime bien manger, faire l’épicerie prend parfois les allures d’une quête. Les petits commerces spécialisés offrent souvent de beaux produits qu’on trouve plus difficilement au supermarché. De plus, on y trouve une ambiance agréable qui rappelle l’épicerie du coin de nos grands-mères… Se faire plaisir, tout simplement, est également une bonne raison de fréquenter un commerce plutôt qu’un autre. Voici donc 10 endroits originaux où compléter son épicerie et égayer un peu son alimentation :

JEF poissonnerie
Pour du vrai poisson, JEF est la référence à Québec. Située sur la rue Saint-Joseph Est, cette poissonnerie offre des produits de qualité irréprochable, dont certains plutôt rares (imaginez un poisson, JEF l’a sans doute déjà eu). Les produits arrivent en petites quantités. Il vaut donc mieux arriver tôt pour avoir le produit désiré. Pour préparer sushis et tartares, c’est l’endroit tout indiqué. On peut également casser la croûte sur place en s’assoyant dans la vitrine.

Mes produits favoris : les poissons (évidemment), les crabcakes et autres produits transformés, les amateurs d’huîtres semblent ravis…

Le Crac et La Carotte Joyeuse
Deux commerces en un; cette épicerie bio de la rue Saint-Jean constitue un incontournable les adeptes de végétarisme… et les autres! On y trouve une sélection de fruits et légumes, des fromages, des produits cuisinés sur place, des rayons d’épicerie et une vaste sélection de produits en vrac. C’est d’ailleurs ce qui fait la renommée de l’établissement. On peut y acheter des noix, du riz, des légumineuses, de la farine, du beurre d’arachide, de l’huile, des épices et fines herbes en libre-service, le tout étant facturé au poids. Certains produits en vrac sont même plutôt économiques et valent le détour. On y trouve aussi certains ingrédients peu courants.

Mes produits favoris : les fromages de chèvre de Cassis et Mélisse, la vaste sélection de végépâtés faits sur place, la farine bio en vrac la moins chère en ville, les burger de tofu de la Soyarie, les lentilles et haricots vendus au poids…

La Fournée Bio
Cette boulangerie de la 3e Avenue située au coin de la 13e rue fait à la fois du bon pain et des desserts de qualité. On y trouve aussi une belle sélection de confitures maison, de même qu’une chocolaterie. On peut évidemment manger sur place, notamment sur la ravissante petite terrasse qui permet d’apprécier ce secteur tranquille de la 3e Avenue.

Mes produits favoris : le choix de pains, les croissants, le gâteau au carottes, le mille-feuille et les confitures (dont les originaux mélanges tels que fraises-chocolat ou bleuets-chocolat).

Le Croquembouche
Cette pâtisserie-boulangerie du quartier Saint-Roch, située sur la rue Saint-Joseph Est fait certainement les meilleurs desserts en ville! Le choix de petits gâteaux y est imposant et il varie continuellement. On y trouve également une bonne sélection d’éclairs. En plus, l’établissement fait de bons pains et des viennoiseries décadentes. Et que dire du choix de sandwiches offerts à bon prix qu’on peut consommer sur place ou emporter dans un parc des environs?

Mes produits préférés : les gâteaux, dont les nombreuses variétés au fromage, les sandwiches mettant en valeur le pain fait sur place, les petites mignardises à emporter chez des amis.

La Montagne Dorée
Mon coeur balance entre cette épicerie asiatique du quartier Saint-Sauveur et son concurrent immédiat, l’épicerie Lao-Indochine. La Montagne Dorée offre une vaste sélection de produits asiatiques : des sauces, des nouilles, certains légumes, du riz, etc. La fin de semaine, la clientèle provient d’un peu partout dans la région.

Mes produits préférés : les rouleaux impériaux faits sur place vendus à prix d’entrepôt!

Ils en fument du bon
La saucisse existait avant l’arrivée récente de cette charcuterie de luxe à Québec, mais pas sous cette forme. Dans les boyaux, de gros morceaux de porc bien élevé côtoient des ingrédients tous un peu plus fous les uns que les autres. On aime ou on n’aime pas… Les plus sages éviteront de commencer par la saucisse Pâté chinois. L’endroit vendra également des bières prochainement. Vous cherchez le Pimp de la saucisse à Québec? C’est sur la 3e Avenue, au coin de la 15e rue.

Boucherie Le Croc Mignon
Cette petite boucherie de la 3e Avenue fait honneur aux viandes québécoises. On y trouve principalement du boeuf et du veau, mais également quelques autres viandes, saucisses et cretons. N’hésitez pas à demander certains produits plus rares, tout n’étant pas nécessairement dans le comptoir. Il est parfois sage de réserver sa portion avant de s’y présenter. Service attentif et impeccable…

Mes produits préférés : les pièces de boeuf à griller sur le BBQ.

Boucherie Eumatimi
Cette ferme tenant boutique sur la rue Saint-Joseph Est est désormais un classique. Outre leur excellent boeuf, on y trouve également d’autres viandes fraîches ou surgelées ainsi que des produits de charcuterie. L’endroit est populaire et les belles découpes s’envolent tôt. Il vaut parfois mieux réserver son morceau!

Mes produits préférés : les pièces de boeuf pour tartare coupées par le personnel sur place, les cretons et le boudin noir.

Épicerie fine La Réserve
Une autre bonne adresse de la 3e Avenue dont l’ouverture est encore relativement récente. La Réserve est en quelque sorte le Morena de la Basse-Ville, à l’exception près qu’on ne peut manger sur place. Vous l’aurez deviné, les produits italiens sont à l’honneur, mais cette épicerie déborde au-delà de cette thématique pour nous offrir une sélection de charcuterie et de fromages, en plus des pâtes, sauces, condiments, plats et desserts cuisinés sur place. On y trouve des produits pour toutes les bourses.

Mes produits préférés : les tomates italiennes en conserve, les charcuteries vendues au poids, les saucisses et lardons, les desserts irréprochables!

Mlle Cupcake
La mode est peut-être passée, mais Mlle Cupcake continue de produire les meilleurs petits gâteaux du genre à Québec. Située sur la rue de Bergerville dans le quartier Sillery, cette pâtisserie concentre ses efforts sur la production de cupcakes et de quelques autres bouchées sucrées. C’est si bon, qu’il faut cacher la boîte en ma présence! Trois formats sont disponibles : cupcake, mini cupcake et cupcake géant.

Mes produits préférés : les minis cupcakes au chocolat, à l’érable ou au caramel…

Et vous, quelles sont vos adresses préférées?

Les sentiers pédestres de Baie-Sainte-Catherine : de nature étonnante!

Baie-Sainte-Catherine est le dernier village à l’est de la région de la Capitale-Nationale. On y trouve 204 habitants répartis le long de la route 138. Outre les croisières d’observation de baleines, le principal attrait de la municipalité constitue son réseau de sentiers de randonnée. Au total, près de 17 kilomètres de sentiers gratuits s’entrecroisent dans une forêt tranquille où points de vue, chutes, lacs et autres cours d’eau se succèdent pour notre plus grand plaisir.

L’accès aux sentiers se fait par le chemin des Loisirs, près de l’église. La première entrée se situe tout juste derrière le village, tandis que deux autres points d’accès sont aménagés sur le chemin des Loisirs, à quelques kilomètres. Attention, après le premier stationnement, le chemin est étroit et en gravier.

La qualité des sentiers et la présence d’attraits étant variable, voici trois propositions de parcours, de différentes longueurs, qui vous permettront de voir les principaux points d’intérêts :

La grande boucle – environ 12 km
Après avoir stationné votre véhicule au premier stationnement voisin du centre des loisirs, empruntez le sentier de la Chute en direction du lac Roger. Ce sentier est assez large pour un VTT et est utilisé par le ranch des environs pour des sorties équestres. Il traverse également des terres à bois en exploitation. Les premiers kilomètres sont donc moins intéressants, mais conduisent à une spectaculaire chute qui apparaît subitement sur notre gauche. À mi-chemin, une grotte, accessible par un court détour sur le sentier des Pins (juste un peu plus haut se trouve un beau point de vue sur le fleuve) mériterait également qu’on s’y arrête un instant. Malheureusement, nous ne l’avons pas visitée lors de notre passage.

rivière aux Canards

Le sentier de la Chute conduit à la rivière au Canards où se dresse cette imposante cascade. Le sentier, pour s’y rendre directement, est large, emprunté par des chevaux (ne pas oublier de regarder au sol!) et présente peu d’intérêt. Un ancien escalier menant à la chute est presque complètement détruit, ce qui rend l’accès à la rivière plutôt hasardeux. Photo : S@QC

Après la chute, on suit le même sentier jusqu’à un pont qu’on traverse avant de bifurquer sur un véritable sentier de randonnée qui longe une petite rivière qui constitue l’émissaire du lac Roger. La partie de plaisir commence! Le sentier grimpe continuellement le long de cette rivière qui coule en cascades. Il est parfois si sauvage qu’il est envahi de fougères et de hautes herbes. De beaux panoramas sur les montagnes environnantes et sur les marais environnants se dessinent. Puis, le sentier passe par une jolie chute qu’on se plaît à admirer un instant.

sentier de la Chute

En direction du lac Roger, le sentier de la Chute grimpe en terrasses en longeant un gros ruisseau provenant du lac. En haut des différents escarpements, se trouvent des points de vue sur les montagnes environnantes. Photo : S@QC

Le sentier regagne ensuite le lac Roger en traversant d’abord un secteur peuplé de conifères où le sol est recouvert de mousse vert fluo. Les castors y sculptent les contours du ruisseau qui se transforme parfois en grands marais. Enfin, après avoir grimpé continuellement jusqu’au lac, le sentier le longe ensuite sur toute sa longueur à quelques mètres de la rive. On aura donc de beaux points de vue sur ce lac libre de toute construction.

lac Roger

Le lac Roger est d’une longueur d’environ un kilomètre. Il est parsemé d’îles et entouré de douces collines. On peut l’observer à différents endroits, le sentier passant tout près. Photo : S@QC

Près d’un barrage de castors, il faut ensuite emprunter le sentier des Colons, sur la droite, qui nous ramène vers le stationnement principal. Ce sentier longe encore le lac et offre de beaux points de vue. Au bout du lac, une autre intersection permet de grimper le sentier du lac Roger, un incontournable, où quatre points de vue attendent les randonneurs. On peut y apercevoir le fleuve, le petit village de Baie-Sainte-Catherine et les sommets voisins. Ce sentier, d’environ 1 km, se termine en cul-de-sac par un splendide point de vue sur le lac Roger où il faut impérativement s’arrêter manger.

sentier du lac Roger

Le sentier du lac Roger offre quatre points de vue concentrés sur une courte distance. À son extrémité, un grand cap rocheux permet d’admirer le lac Roger et les nombreuses couches de montagnes de Charlevoix qui s’accumulent en arrière-plan. Photo : S@QC

On revient ensuite sur nos pas jusqu’au sentier des Colons qu’on emprunte en direction du stationnement. Ce sentier traverse principalement des environnements forestiers denses où les points de vue sont rares. Vers la fin, on aperçoit à nouveau le fleuve, avant de regagner l’entrée.

La courte sortie – environ 2 km
Les petites familles ou les gens pressés ont tout avantage à se rendre au deuxième stationnement situé sur le chemin des Loisirs. De là, il est possible d’effectuer une randonnée d’environ 2 km en empruntant directement le sentier du lac Roger. Une courte ascension permet d’accéder aux plus beaux points de vue et d’initier les enfants à la randonnée en montagne. On s’arrêtera au point de vue sur le lac avant de redescendre à la voiture.

Baie-Ste-Catherine

On peut apercevoir le fleuve et le village à quelques reprises à partir du sentier du lac Roger. Face à Baie-Sainte-Catherine, des îlots de sable se forment à marée basse à cause de la rencontre du fjord du Saguenay avec le Saint-Laurent. Photo : S@QC

Lac et montagnes – approximativement 5-6 km
On peut allonger la courte sortie en laissant son véhicule au troisième stationnement. De là, il suffit d’emprunter le sentier de la Chute jusqu’au lac Roger, puis d’emprunter le sentier des Colons jusqu’au sentier du lac Roger et de grimper jusqu’aux différents points de vue. Le retour s’effectue par le même chemin.

Bouffe de rue… sur la terrasse du Moine échanson!

La terrasse du restaurant Le Moine échanson, sur la rue Saint-Jean, n’est certes pas très grande, ni même très élaborée. De gros barils déposés sur le trottoir, entourés de tabourets de bois, attendent les épicuriens en quête d’une soirée riche en surprises et en interactions avec les passants qui arpentent la rue principale du faubourg Saint-Jean-Baptiste.

C’est ce qui nous attendait par un beau soir de Festival d’été rendant la rue Saint-Jean particulièrement grouillante. Dès notre arrivée, un petit espace sur la jolie terrasse nous faisait de l’oeil, nous invitant à délaisser la salle que l’on connaît bien au profit de la vie extérieure. Notre serveuse, qui contourne habilement les badauds sur le trottoir, nous apporte alors le menu sur un petit tableau et procède à l’habituelle description des plats offerts.

Le menu d’été du Moine est fort intéressant cette année. Il emprunte à différentes traditions culinaires d’Europe (Espagne, Grèce, France) les plats tendances des dernières années, et en recèle d’autres, un peu plus inusités. Notre serveuse valide nos choix et propose de procéder en trois services de plats à partager. Nous acquiesçons avec plaisir et demandons un verre de vin adapté à chacun des services, pour profiter de la vaste sélection offerte par l’établissement.

Cette chaude soirée débute donc avec un Saganaki flambé à l’Ouzo accompagné d’une petite salade de roquette. Comme toujours, on nous apporte deux vins à goûter qui se marient à notre plat au préalable. On discute un peu des vins présentés, puis on fait son choix. Les vins sont naturels, d’importation privée et donc peu communs. J’opte alors pour un vin blanc, non filtré, qui me rappelle vaguement le cidre, et qui parle le même langage que l’Ouzo flambé. Quant à lui, le fromage est ferme et bien chaud et enrobé d’une panure un peu épaisse, mais très bonne et croquante.

Saganaki

Saganaki flambé à l’Ouzo. La terrasse du Moine échanson, située directement sur le trottoir, attire le regard des passants. Il s’agit sans doute du meilleur endroit pour profiter de l’ambiance estivale du Faubourg. Photo : S@QC

On nous offre ensuite deux vins pour accompagner le service suivant. J’opte cette fois-ci pour un choix plus conservateur provenant du vignoble Les Pervenches en Estrie. Ce vin, parmi mes préférés au Québec, accompagne donc une salade de pieuvre grillée et ses légumes marinés, contenant notamment de l’aubergine, ainsi qu’un généreux bol d’acras de morue… Leur panure est similaire à celle du Saganaki et la salade de pieuvre apporte la touche de fraîcheur qui nous donne le l’illusion de manger santé.

Pieuvre

Salade de pieuvre et légumes marinés. Photo : S@QC

Enfin, nous prenons un plat principal à partager nous ayant été fortement suggéré, de même qu’un vin orange qui l’accompagne à merveille. Il s’agit d’une pièce de pigeonneau et d’un rouleau croustillant, également au pigeonneau, sur un lit de couscous et pois chiches rehaussé d’épices aux saveurs maghrébines. Ce plat n’est malheureusement servi qu’occasionnellement. Il faut donc être chanceux… car c’est vraiment très bon!

Pigeonneau

L’assiette de pigeonneau, servie au moment où la lumière du jour commence à se faire plus rare. Le Moine échanson ne sert du pigeonneau qu’occasionnellement. Photo : S@QC

Cette soirée mémorable, entrecoupée d’échanges avec nos voisins de table et quelques passants, s’est évidemment poursuivie le temps d’un dessert : une crème catalane et des churros accompagnés d’un caramel et d’une purée aux abricots qu’on hésite à partager! Encore une fois, le Moine échanson a réussi à nous dépayser un peu. Étonnant que ce restaurant qui roule sa bosse depuis de nombreuses années fasse si peu parler de lui. À découvrir, pour les papilles blasées comme pour les plus curieuses…

La cycloroute de Bellechasse : remonter le temps en pédalant

La Cycloroute de Bellechasse semble avoir gagné en popularité depuis notre dernière visite, en 2012. Il faut dire qu’elle a tout pour plaire : 74 km de piste asphaltée, de beaux panoramas, des sections tranquilles où s’élancer en famille et une relative proximité de Québec. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette piste, voici un petit cours 101…

La piste
La cycloroute de Bellechasse est une piste cyclable de 74 km empruntant deux anciens tronçons ferroviaires qui traversent l’ouest et le sud de la MRC de Bellechasse près de Lévis. Entièrement asphaltée, elle relie Saint-Henri à Armagh, en passant par Saint-Anselme, Sainte-Claire, Saint-Malachie et Saint-Damien-de-Buckland. La piste monte légèrement du nord vers le sud.

La cycloroute de Bellechasse traverse plusieurs fermes qui permettent d'admirer la vie rurale de près : tracteurs, troupeaux bovins, balles de foin et odeurs variées se succèdent incessamment jusqu'à ce que la piste entre dans les bois. Photo : S@QC

La cycloroute de Bellechasse traverse plusieurs fermes qui permettent d’admirer la vie rurale de près : tracteurs, troupeaux bovins, balles de foin et odeurs variées se succèdent incessamment jusqu’à ce que la piste entre dans les bois. Photo : S@QC

Les accès
On peut accéder à la cycloroute par une autre piste cyclable, le parcours Harlaka, qui relie Saint-Henri et Lévis. Le parcours Harlaka est lui-même connecté au parcours des Anses à son extrémité est. Sinon, des stationnements sont aménagés tout au long du parcours de la cycloroute. Saint-Henri et Sainte-Claire sont des points de départs très populaires.

Il ne manque qu'un pont au-dessus de l'autoroute 20 pour relier directement le parcours Harlaka et le parcours des Anses à Lévis. En attendant, un détour est officiellement aménagé dans un rang tranquille. Le pont promis devrait être construit dans les prochaines années, ce qui permettra alors à tous de s'approprier les paysages agricoles du secteur Pintendre, à Lévis. Photo : S@QC

Il ne manque qu’un pont au-dessus de l’autoroute 20 pour relier directement le parcours Harlaka et le parcours des Anses à Lévis. En attendant, un détour est officiellement aménagé dans un rang tranquille. Le pont promis devrait être construit dans les prochaines années, ce qui permettra alors à tous de s’approprier les paysages agricoles du secteur Pintendre, à Lévis. Photo : S@QC

Les attraits
De Saint-Henri à Saint-Anselme, la piste traverse différents environnements agricoles dans un relief de plaine ondulée. Érablières et champs en culture se succèdent sur plusieurs kilomètres. On peut notamment y apercevoir la montagne de Saint-Anselme, une basse colline surmontée d’une croix qui découpe le paysage.

Cette basse colline qui découpe la plaine à l'approche de Saint-Anselme est surnommée "la montagne". On y trouve d'ailleurs une croix qui veille sur le village, comme dans plusieurs municipalités du Québec. Photo : S@QC

Cette basse colline qui découpe la plaine à l’approche de Saint-Anselme est surnommée « la montagne ». On y trouve d’ailleurs une croix qui veille sur le village, comme dans plusieurs municipalités du Québec. Photo : S@QC

À la sortie de Saint-Anselme, on aperçoit de près les eaux de la rivière Etchemin qu’on traverse sur un pont de métal. La piste grimpe ensuite doucement vers le plateau agricole surplombant la rivière. Un étrange mur de vélos y attend les visiteurs. À l’approche de Sainte-Claire, la vue sur la le village est intéressante. La piste redescend alors en direction de cette petite agglomération blottie au creux de la vallée.

La section de Sainte-Claire à Saint-Malachie est la plus belle. La piste traverse des champs en culture s’accrochant aux collines prononcées du piedmont appalachien. Le village haut perché de Saint-Malachie se laisse apprécier sur sa colline verdoyante. Au loin, l’ancien centre de ski La Crapaudière rappelle le caractère montagneux des lieux. Heureusement, l’ancienne emprise ferroviaire adoucit le relief!

De Sainte-Claire à Saint-Malachie, les points de vue se multiplient. Le relief montagneux du sud de Bellechasse se profile et on anticipe la fin de la zone agricole en observant les vastes étendues boisées entourant Saint-Malachie. Photo : S@QC

De Sainte-Claire à Saint-Malachie, les points de vue se multiplient. Le relief montagneux du sud de Bellechasse se profile et on anticipe la fin de la zone agricole en observant les vastes étendues boisées entourant Saint-Malachie. Photo : S@QC

Après Saint-Malachie, quelques belles éclaircies sur la vallée opposée de la rivière Etchemin s’offrent aux promeneurs. Ensuite, la piste entre dans les bois. On y aperçoit quelques collines au loin et de beaux ponts de bois laissent couler des rivières en cascades encore sauvages. Cette section, plus monotone pour certains, est ponctuée de quelques belles découvertes, dont un gros moulin près de Saint-Damien-de-Buckland. La piste prend fin au parc des chutes d’Armagh qu’on peut visiter.

Le moulin Goulet, érigé dans les années 1930, fut en service jusqu'en 1958. Ce moulin à scie exportait facilement sa production grâce au chemin de fer. Sa présence, dans un secteur isolé du 8e rang à Saint-Damien-de-Buckland, surprend aujourd'hui les cyclistes qui croient rouler en pleine forêt. Photo : S@QC

Le moulin Goulet, érigé dans les années 1930, fut en service jusqu’en 1958. Ce moulin à scie exportait facilement sa production grâce au chemin de fer. Sa présence, dans un secteur isolé du 8e rang à Saint-Damien-de-Buckland, surprend aujourd’hui les cyclistes qui croient rouler en pleine forêt. Photo : S@QC

Les panneaux d’interprétation
Votre prochaine sortie sur la cycloroute de Bellechasse risque également d’être éducative, puisqu’on y a installé de nombreux panneaux d’interprétation qui racontent la construction de ces voies ferrées, de même que l’histoire des villages traversés par la cycloroute. Ils sont aussi abondamment illustrés de photos d’archives qui rappellent tout le courage qui fut nécessaire pour ouvrir au peuplement cette région difficile d’accès. Vous y découvrirez peut-être même un abri anti-nucléaire.

Où suis-je? Le parc des Voiliers

Le parc des Voiliers situé près de l'église Saint-Michel de Sillery est un petit espace gazonné équipé de quelques tables à pique-nique. La vue y est superbe. Par temps clair, on y voit la ville de Lévis, les édifices de la colline parlementaire, les Laurentides jusqu'aux portes de Charlevoix, la pointe de l'île d'Orléans, les Appalaches et même les éoliennes du parc régional du Massif du Sud à environ 65 km! Photo : S@QC

Le parc des Voiliers situé près de l’église Saint-Michel de Sillery est un petit espace gazonné doté de quelques tables à pique-nique. La vue y est superbe. Par temps clair, on y voit la ville de Lévis, les édifices de la colline parlementaire, les Laurentides jusqu’aux portes de Charlevoix, la pointe de l’île d’Orléans, les Appalaches et même les éoliennes du parc régional du Massif du Sud à environ 65 km! Photo : S@QC

Baie de Beauport : privatisation de la plage?

J’ai appris la nouvelle tardivement car, pour différentes raisons, je ne m’étais pas encore rendu à la baie de Beauport cette année. Puis, cet article dans Le Soleil paraît : l’accès à la baie de Beauport coûte désormais 2$ par personne. La privatisation de l’espace public gagnerait-elle encore du terrain? Sous la gouverne de Gestev, la baie de Beauport ne devient rien de moins qu’un centre commercial sur plage… un lieu surveillé et administré par un organisme à la recherche de profit.

La baie de Beauport. On y allait à l'origine pour y chasser la sauvagine. Aujourd'hui, se sont les huards dans vos poches qui sont pris pour cible... Photo : S@QC

Baie de Beauport. Photo : S@QC

L’histoire de ce lieu était pourtant toute autre jusqu’à récemment. Avant que le gouvernement fédéral n’y fasse pleuvoir des millions pour les festivités du 400e anniversaire de Québec, cette pointe ensablée, créée par la construction des quais du port, était un îlot de campagne au coeur de la ville. On y faisait même des feux sur la grève, la nuit tombée! Rien de bien chic, j’en conviens, mais cet espace servait à une forme libre de socialisation qui existe de moins en moins. Pour certains citadins qui passent l’été coincés en ville, c’était la seule plage qu’ils pouvaient s’offrir. Quand on n’a pas de voiture, une journée au lac Saint-Joseph devient rapidement hors de prix…

Les aménagements lourds qui ont suivi ont eu pour effet de structurer davantage ce site ouvert au public. Certains aménagements sont plutôt réussis, par exemple, les immenses tables à pique-nique en pierre qui permettent les regroupements tout en étant indestructibles. Cependant, pour aller à la plage, on n’a pas nécessairement besoin de se faire pointer un banc pour s’asseoir. On devrait pouvoir le faire librement où bon nous semble.

La tarification instaurée cette année aura pour effet de privatiser davantage cet espace public et de forcer les usagers de ce parc à participer davantage aux activités organisées par Gestev qui se promettent de plus en plus nombreuses. Les flâneurs qui venaient y faire demi-tour et qui utilisaient la salle de bain avant de repartir devront aller ailleurs. Cet organisme a fait le choix facile de facturer tout le monde au lieu de convaincre le public à participer aux activités offertes. Heureusement pour nous, tous les parcs urbains ne se clôturent pas!

Les pelletées de terre – quelques projets (22)

L’été est enfin arrivé et, comme à chaque année, la ville de Québec se transforme en douceur avec la naissance de nouveaux commerces qui espèrent ouvrir à temps pour profiter de l’achalandage estival. La cuvée 2015 s’annonce assez prometteuse, notamment pour les amateurs de bière. Voici quelques nouveautés qui ont attiré notre attention :

– Noctem Artisans Brasseurs : cette brasserie artisanale, qui ouvrira sous peu, dépoussiérera un peu l’ancien local occupé par le restaurant Yuzu de la rue du Parvis. Il s’agira donc de la troisième microbrasserie du quartier Saint-Roch. On peut espérer qu’une jolie terrasse soit aménagée sur le court tronçon de la rue du Parvis réservé aux piétons.

– La bûche : les propriétaires du Savini et du Bello ristorante ont délaissé un instant la cuisine italienne pour se recycler dans la cuisine québécoise. Le restaurant La bûche, situé près du Château Frontenac, mélange des ingrédients de la cabane à sucre traditionnelle et des éléments d’une cuisine du terroir plus contemporaine et urbaine. L’endroit est ouvert à l’année et propose des plats identitaires tels que ragoût, poutine, tarte au sucre… La musique est 100% québécoise et le décor est ponctué de tables à pique-nique. Bref, une belle formule pour les nostalgiques ou les gens de passage.

Griendel : la renaissance de la rue Saint-Vallier Ouest, dans le quartier Saint-Sauveur, se poursuit avec l’ouverture prochaine de la brasserie artisanale Griendel. L’établissement sera situé dans l’édifice de l’ancienne Union commerciale qui subit présentement une importante transformation, notamment par l’ajout d’étages réservés à du logement.

Le Murphy’s : Le Soleil nous apprenait la semaine dernière que l’ancien magasin Archambault de la rue Saint-Jean accueillera un pub irlandais où les bières et la musique traditionnelle du Québec seront à l’honneur (alors, pourquoi parler de pub irlandais?). Une annonce étonnante, si l’on considère que la musique trad s’impose difficilement à Québec comparativement à d’autres régions. Le commerce appartient au même propriétaire que le pub Saint-Alexandre, juste à côté. Une petite salle de spectacle ouvrira quelques mois plus tard dans le même édifice.

Ils en fument du Bon : Une charcuterie de luxe offrant un choix de saucisses aux saveurs inédites, et bientôt des bières de microbrasserie, vient tout juste d’ouvrir ses portes à l’extrémité nord de la 3e Avenue, dans le Vieux-Limoilou. Ils en fument du Bon est une jeune entreprise de Montréal qui tente une percée à Québec en collaboration avec le dépanneur L’Axe du malt de la rue D’Aiguillon. C’est un peu « trash » et d’une virilité assumée, on vous prévient. Goûtée lors de l’ouverture officielle le 22 juin : la saucisse Kraft Dinner qui laissait entrevoir quelques nouilles à travers une viande de porc de qualité. La saucisse au pâté chinois a également attisé notre curiosité, mais notre choix se portera sans doute vers des saveurs plus conventionnelles lors de notre prochaine visite!

Limoilou en musique : cohésion sociale sur la 3e

Limoilou en musique n’est pas encore terminé, mais on peut déjà dire que l’édition 2015 s’est déroulée sous le signe de la continuité. Limoilou en vrac, l’organisme qui nous livre le festival limoulois année après année, a trouvé la formule chimique parfaite pour faire prendre le party : une programmation variée et originale, un accès gratuit, de la bonne bière pas chère et un contrôle discret de la foule. Les Limoulois et leurs voisins de la Basse-Ville leur rendent bien! Un public hétérogène reflétant la composition sociale du quartier s’y présente assidûment pour écouter les artistes qu’on croirait presque pouvoir toucher du bout des doigts, le tout dans une ambiance de franche camaraderie teintée du « vivre et laisser vivre » qui caractérise si bien le quartier.

Ce fut notamment le cas lors de la prestation énergique qu’a livré un Mononc’ Serge (et ses sportifs) visiblement à l’aise devant ses amis limoulois. Malgré quelques lacunes au niveau du son, particulièrement lors des pièces plus musclées où les guitares prennent le pas sur la voix de Mononc’ Serge, la foule dense a écouté avec intérêt cette grande messe en joual à laquelle tous étaient conviés. Pendant près de deux heures, une vulgarité recelant une critique sociale a trouvé écho auprès d’un public varié qui était visiblement là pour s’amuser.

Avec Mononc’ Serge, tous les sujets s’abordent sans retenue, ce qui a sans doute surpris davantage les quelques sexagénaires présents dans la foule que la communauté punk du secteur regroupée devant le bar laitier voisin de la scène. La seule nouvelle pièce de Mononc’ Serge offerte lors de cette soirée a été reçue aussi chaudement que la classique Marijuana. La foule ne s’est pas faite prier pour entonner avec vigueur de multiples « coupe Couillard » à répondre en choeur. Rien de bien étonnant si l’on considère que ce coin de rue est un épicentre du mouvement des casseroles depuis 2012.

Un peu plus tard, une foule trop peu nombreuse, mais motivée, s’est présentée au pub La Chope pour entendre la jolie voix de Sylvia qui nous a littéralement transportés ailleurs avec sa musique country, un style bien à la mode par les temps qui courent. Sylvia compose ses propres pièces sur des sujets du quotidien ou encore traduit des classiques du répertoire américain. Cette deuxième option peut paraître risquée, mais lui réussit fort bien. Une soirée à La Chope réserve parfois des surprises… Imaginez-vous essayer de chanter devant des amoureux dans un coin, quelques danseurs en style libre, les vieux de la place, un homme éméché à la recherche d’amis et une gang de filles criardes célébrant un enterrement de vie de fille. Soirée digne d’un film!

Puis, le lendemain, une journée sans pluie inattendue a permis de poursuivre la fête. Cette fois, Limoilou célébrait en plein après-midi un énième hommage à Sylvain Lelièvre devant une foule clairsemée, mais attentive. La poésie de Lelièvre semble traverser les modes, portée par l’intelligentsia du quartier. Vous voulez y aller? Suivez le son jusqu’au coin de la Canardière!