Sentier du mont Élie : le paradis perdu

La Zec du Lac au Sable, située à proximité de La Malbaie dans Charlevoix aménage depuis peu des sentiers de randonnée pédestre sur son territoire. Le principal secteur en développement se situe près du lac à l’Est, à plus de 30 km de l’accueil de la Zec sur des chemins en gravier. Ceux qui oseront s’y rendre comprendront tout le potentiel de ce territoire public situé tout juste derrière le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

Pour l’instant, un seul sentier accueille les randonneurs dans le secteur du lac à l’Est. Il permet d’accéder au mont Élie culminant à 1038 mètres d’altitude. Ce sentier de 7,5 km (aller seulement), ouvert l’an dernier seulement, s’adresse à des randonneurs expérimentés qui n’ont pas peur de se retrouver seuls en pleine nature, les pieds dans la boue, et qui peuvent s’orienter convenablement en l’absence d’une signalisation régulière. Il y a actuellement un certain « buzz » autour de ce sentier sur les forums de randonneurs, mais peu de gens semblent s’y être aventurés… Toujours intéressés? C’est par ici!

Il est dimanche et nous avons roulé une partie de l’avant-midi jusqu’à ce que la route ne devienne qu’un chemin de terre de la largeur d’un véhicule. L’entrée du sentier est clairement indiquée par un panneau et une carte. Le minuscule stationnement, qui ressemble plutôt à un rond de virage, laisse penser que les foules sont peu nombreuses à cet endroit. Après de brefs préparatifs nous débutons notre randonnée. Le sentier suit d’abord un chemin de VTT sur près de 3 kilomètres (accessible aux randonneurs seulement). Sans attraits particuliers, il grimpe modérément dans une forêt mixte jusqu’à une cache servant à la chasse à l’orignal. D’ailleurs, les traces du célèbre cervidé sont forts nombreuses tout au long du trajet. En route, nous dérangeons brièvement un porc-épic qui se dépêche à monter dans le bouleau le plus proche et nous regarde passer l’air inquiet.

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Il faut marcher quelques kilomètres sur le sentier du mont Élie avant d’atteindre de premiers points de vue sur la Zec du lac au Sable. Notre patience sera par la suite bien récompensée par une multitude d’autres perspectives sur les montagnes environnantes. Photo : S@QC

Le sentier gagne ensuite la forêt boréale. Les vues s’ouvrent en passant sur des caps de roche garnis de bleuets. Nous en profitons pour situer les différents lacs de la ZEC visibles à partir d’un beau point de vue. Une autre longue montée permet d’arriver au sommet d’une petite montagne située à mi-parcours. De là, le sentier longe le tracé d’une ancienne ligne à haute tension qui s’est affaissée vers 1968 et qui a été déplacée à des altitudes plus clémentes par la suite. Une végétation clairsemée y a repris ses droits, tout en offrant des points de vue sur les montagnes environnantes.

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L’empreinte laissée par la ligne à haute tension est encore bien visible dans le paysage comme en témoigne cette photo prise à partir du mont Élie. La végétation à ces altitudes a une croissance plutôt lente. À certains endroits, le sol est carrément érodé jusqu’à la roche. Il en résulte donc un couloir intéressant pour la marche que le sentier tire à profit. Photo : S@QC

Une descente tranquille s’amorce ensuite jusqu’aux lacs Éclair et de la Gironde, à environ 6 km du départ. La cime du mont Élie, qui paraît encore très loin, devient visible en arrière-plan. Occasionnellement, on devine aussi certains sommets du parc national voisin. Il faut être attentif pour suivre cette partie du sentier peu balisé qui parcoure l’ancienne emprise. Ici et là, des vestiges métalliques ou des fragments d’isolateurs en porcelaine rappellent le passé des lieux.

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Le sentier du mont Élie contourne le lac à l’Éclair en passant sur un ancien barrage de castors. Un abri non fermé et une table de pique-nique permettent aux randonneurs d’effectuer un arrêt ou même d’y passer la nuit. Photo : S@QC

Un abri sommaire et une toilette sèche sont aménagés au lac Éclair, où il est également possible de camper (nous n’avons toutefois pas vu de plateforme). Ce site magnifique est situé à 2 km du sommet. Après une courte pause sur  les lieux, nous reprenons notre route en contournant d’abord le lac Éclair, puis le lac de la Gironde, un peu plus imposant que le premier. Nous imaginons, en passant, toute la solitude que doit offrir ce campement la nuit tombée.

Le sentier grimpe ensuite à nouveau, cette fois sur le mont Élie. Une longue montée permet de rejoindre un étang où les traces d’orignal abondent encore une fois. Le sentier n’est alors plus qu’un passage défriché jonché de souches et de branches coupées. Après le petit étang, une seconde montée permet d’atteindre la limite des arbres, à environ 1 km du sommet. Nous nous retrouvons alors en pleine végétation alpine et nous tentons tant bien que mal de suivre le sentier invisible au sol en suivant les petits rubans fixés aléatoirement aux arbrisseaux qui survivent au sommet.

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Dès la limite des arbres franchie, le sentier parcoure un vaste plateau dominant la plupart des sommets voisins. Il ne reste alors d’une colline à grimper pour atteindre les 1038 mètres du mont Élie. La vue sur le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie est époustouflante. Photo : S@QC

Inévitablement, nous posons le pied hors du sentier à quelques reprises en marchant sur des lits de mousses colorées comme si nous étions soudainement rendus dans la toundra arctique, loin de tout. Nous nous sentons seuls au monde et émus par tant de beauté! Cette portion de sentier gagnerait à être mieux balisée pour éviter le piétinement involontaire de cette végétation alpine encore intacte. Les sommets aussi bien préservés sont rares et méritent tout notre respect.

Nous songeons quelques instants à s’arrêter avant d’arriver jusqu’en haut, mais notre curiosité nous force à continuer. Encore quelques enjambées à travers des champs de bleuets nains et nous voilà enfin à la pancarte qui marque le point culminant de notre ascension. Le vent hurle dans nos oreilles et abaisse la température d’une dizaine de degrés. Nous nous empressons de mettre des manteaux et de prendre quelques photos avant de dîner à l’abri d’un rocher. Comme toujours dans Charlevoix, le spectacle qui s’offre à nous est enlevant. Tout autour, des montagnes et des lacs nous appellent à de nouvelles aventures et le sommet du mont Élie s’étale comme un immense plateau où logeraient bien quelques caribous.

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Le panorama au sommet s’ouvre sur les lacs environnants, mais également sur le mont des Éboulements, le fleuve Saint-Laurent et même les Appalaches qu’on distingue au loin. Photo : S@QC

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La saison des bleuets battait son plein lors de notre passage. Nous avons pu goûter à une variété alpine qui tapisse littéralement le sol du mont Élie et qu’on ne retrouve que sur les plus hauts sommets de la région.

Avant d’avoir trop froid, nous regagnons le sentier en suivant méticuleusement les rubans jusqu’à ce que la végétation ne reprenne ses droits. Le retour s’effectue par le même sentier. La journée est trop avancée pour faire une pause baignade dans le lac au Sable sur le chemin du retour. Ce sera pour une autre fois!

Comprendre l’archéologie… sans se creuser la tête!

Le mois d’août au Québec célèbre une discipline encore méconnue : l’archéologie. De nombreuses activités sont organisées à travers la province pour faire connaître le travail des archéologues ainsi que les différentes découvertes réalisées dans le cadre de leurs recherches.

La région de Québec renferme un grand nombre de sites archéologiques et un potentiel important en raison de l’ancienneté de son peuplement. En effet, la région est fréquentée par l’humain depuis près de 10 000 ans et la première colonie européenne y a été implantée en 1541. Pas étonnant, donc, qu’on entende de plus en plus parler de cette discipline qui permet de répondre à plusieurs questions d’ordre historique et même de faire avancer nos connaissances scientifiques actuelles.

À quoi sert l’archéologie?

L’archéologie s’intéresse à toute trace d’occupation humaine sous forme de vestige, que ce soit des éléments de conception humaine ou encore des résidus générés par l’action humaine (traces végétales, animales ou minérales). Les artéfacts ou les vestiges dégagés par l’archéologue peuvent témoigner de leur époque et livrer des informations précieuses.

Ces éléments matériels permettent d’étudier l’histoire, tout comme les documents d’archives ou les écrits anciens. Notre connaissance du passé provient généralement de ces sources matérielles. Pour en tirer de l’information, l’archéologue tente de mettre en contexte les éléments qu’il trouve. En d’autres termes, il doit identifier l’élément en question et expliquer sa présence sur le site en le mettant en relation avec l’environnement où il a été trouvé.

On peut également mieux comprendre notre monde actuel par des interventions archéologiques. Par exemple, la découverte de fragments de végétaux cultivés par le passé à un endroit donné pourrait valider certaines hypothèses climatiques et même influencer les modèles utilisés aujourd’hui.

Même si les vestiges archéologiques sont relativement nombreux sur le territoire, il s’agit d’une ressource précieuse et non renouvelable. Lorsque des aménagements sont réalisés sur un terrain, les ressources présentes sont généralement détruites. Tout remaniement de sol détruit également le contexte dans lequel les objets archéologiques sont conservés. Pour ces raisons, les archéologues préfèrent nettement travailler dans un sol intact qui n’a pas été bouleversé.

Pour éviter que des sites intéressants soient endommagés inutilement, sachez qu’il faut obligatoirement être archéologue pour réaliser des recherches ou des fouilles au Québec dans le but de trouver des objets ou des vestiges.

Quel est le travail de l’archéologue?

Les archéologues, comme beaucoup de professionnels, posent des actes spécifiques selon les objectifs à atteindre dans le cadre de leur mandat. Voici différents types d’interventions archéologiques pouvant être réalisés par un archéologue :

– Étude de potentiel archéologique : l’objectif d’une étude de potentiel est de déterminer à l’avance les emplacements les plus susceptibles de renfermer des vestiges archéologiques. L’archéologue consultera les informations disponibles, par exemple les études déjà réalisées, les cartes anciennes et la géographie du territoire visé afin d’identifier le plus précisément possible les sites où des activités humaines auraient pu avoir lieu. On sait, par exemple, que les cours d’eau étaient des voies de circulation prisées des Amérindiens. L’étude de potentiel permet de déterminer où effectuer des recherches sur le terrain ou de guider les promoteurs vers les zones les moins sensibles pour la réalisation de leurs projets.

– Inventaire archéologique : l’inventaire archéologique est souvent réalisé après une étude de potentiel pour valider la présence de sites sur le terrain. L’archéologue procède par sondages à intervalles réguliers et examine le sol à la recherche d’indices. L’inventaire permet d’identifier et de situer des sites archéologiques et d’en tirer des informations sommaires.

– Fouille archéologique : la fouille archéologique est sans doute l’intervention la plus connue du grand public, mais également la moins courante pour les archéologues. Cette intervention, plus ou moins exhaustive, a pour objectif de récolter un maximum d’informations sur un site archéologique dans le but d’accroître la connaissance sur ce dernier. La richesse archéologique d’un site est amoindrie par une fouille puisqu’elle entraîne nécessairement un bouleversement des sols en place. Il faut donc que cette intervention soit produite avec soin. Le plus souvent, les sites sont fouillés lorsqu’ils sont compromis par un projet de construction ou à des fins de recherche sur un sujet précis.

– Surveillance archéologique : cette intervention effectuée en cours de chantier consiste à superviser des travaux d’excavation. L’archéologue assistera à l’excavation et dirigera l’opération en s’assurant qu’aucun vestige ne soit mis à jour ou détruit par la pelle. Si un site était découvert pendant les travaux, l’archéologue colligerait l’information comme il se doit. Généralement, la surveillance est exercée par précaution et permet de s’assurer qu’aucune information vitale n’est perdue.

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Photo : Page Facebook de Archéo-Québec

Les archéologues sont présents dans plusieurs milieux de travail. Plusieurs firmes privées ont leurs propres équipes pour la réalisation d’études et l’élaboration de projets de développement. L’État en emploie également un certain nombre. Il existe également des consultants privés qui peuvent travailler pour différents types de clients. D’ailleurs, si vous habitez dans un secteur d’intérêt patrimonial, vous aurez peut-être un jour à retenir les services d’un archéologue pour réaliser certains travaux sur votre propriété!

J’ai tenté de vulgariser à ma façon ce domaine passionnant que je connais un peu. Pour en savoir davantage, je vous invite à consulter le site d’Archéo-Québec et à participer à l’une des nombreuses activités prévues dans le cadre du mois de l’archéologie. Vous y découvrirez toute la richesse qui repose sous nos pieds!

Visite du parc national des Monts-Valin au temps des bleuets

Le parc national des Monts-Valin a une certaine valeur sentimentale pour nous. C’est l’endroit où nous nous sommes initiés à la longue randonnée pédestre, en 2014, avec quelques amis et du matériel emprunté ou improvisé. Deux ans plus tard, et des dizaines de dizaines de kilomètres de plus dans le corps, nous sommes retournés faire le même parcours avec une facilité déconcertante. Nous avons donc pleinement mesuré notre progrès lors de cette sortie de deux jours.

Nous sommes partis de Québec le samedi matin pour arriver au pied de la montagne en fin d’avant-midi. Il faisait un soleil radieux à peine voilé par quelques hauts nuages effilochés par le vent. C’était une journée parfaite pour profiter des nombreux points de vue ponctuant cette exigeante randonnée de 11 km et 610 mètres de dénivelé.

Le tronçon que nous avons parcouru fait partie du sentier des Pics qui totalise 22 kilomètres linéaires et qui traverse l’ensemble du parc. Plusieurs points d’accès permettent toutefois de le parcourir en partie seulement sur des distances allant de 1 à 22 km. Notre trajet consistait à se rendre au Pic-de-la-Hutte, puis au refuge Le Pionnier pour la nuit, à partir du Centre de découvertes et de services à l’entrée du parc.

Au départ de l’accueil du parc, le sentier grimpe légèrement sur une surface bien nivelée jusqu’au lac des Pères, un petit lac agrandi par le labeur incessant des castors. Une passerelle de bois nous permet d’inspecter leur barrage de près sans se mouiller. Puis, le sentier monte modérément jusqu’à deux premiers points de vue sur le lac et la vallée de la rivière Valin. Les randonneurs les moins habitués pourront s’arrêter à ce point et rentrer ensuite.

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Le lac des Pères, dans le parc national des Monts-Valin, se situe au pied de la montagne, en arrière-plan. C’est en quelque sorte le point de départ de toute ascension des différents sommets du mont Valin. Photo : S@QC

Les autres poursuivront au moins jusqu’au point de vue suivant : le Pic-de-la-Tête-de-Chien. Un court sentier de 0,6 km à partir du sentier principal permet d’accéder au belvédère de ce sommet intermédiaire qui constitue le terminus de la plupart des randonneurs d’un jour. La vue sur la région et sur les sommets du mont Valin y est fort intéressante et permet de se familiariser avec la végétation alpine, qui sous ces latitudes pousse même à 590 mètres! Nous avons fait l’aller-retour sur ce sentier secondaire et profité de cet endroit pour arrêter dîner. Nous avons ensuite repris notre route vers le sommet.

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Le Pic-de-la-Tête-de-Chien offre une vue sur 360 degrés. D’un côté, on aperçoit toute la région du Saguenay. De l’autre, les sommets un peu plus hauts s’offrent à notre regard. À près de 600 mètres, la végétation se fait déjà plus rare à ces latitudes. Photo : S@QC

Le sentier monte alors graduellement jusqu’à un col où s’entassent de gros blocs rocheux. On s’y fraie un passage tout en profitant de la fraîcheur qui se dégage des petites grottes formées par cet amoncellement. Nous grimpons ensuite dans une longue coulée, puis sur un faux plat jusqu’au Pic-du-Grand-Corbeau, à 820 mètres d’altitude. Une plateforme de deltaplane s’accroche à la falaise et sert de belvédère aux randonneurs. La vue y est magnifique, bien entendu! Le Saguenay commence à se profiler à l’horizon et nous croyons même apercevoir le lac Saint-Jean. Ce point de vue est accessible à partir de l’accueil (environ 12 km aller-retour) ou encore à partir du stationnement Pic-de-la-Hutte, en haut de la montagne (environ 3 km aller-retour).

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À partir du Pic-du-Grand-Corbeau (820 mètres), le Pic-de-la-Tête-de-Chien se fait déjà tout petit. La vue sur la région est encore plus étendue. Ce sommet semble souvent très venteux. Photo : S@QC

Il reste encore près de 100 mètres à monter pour atteindre le sommet le plus élevé de la journée, mais il faut tout d’abord redescendre un peu pour passer dans un col cerné par des parois rocheuses et peuplé de bouleaux blancs rachitiques. Le sentier nous conduit ensuite jusqu’à deux grands étangs travaillés par les castors avant d’aboutir à une intersection. Nous rejoignons alors un sentier aménagé en criblure de pierre qui mène au sommet du Pic-de-la-Hutte. Les familles et randonneurs moins aguerris nous rejoignent par ce sentier qui conduit au stationnement à environ 1 km.

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On croise parfois des environnements forestiers uniques en montagne. Ici, une petite forêt parsemée de bouleaux blancs pousse à l’abri du vent. La végétation au sol est également abondante. Photo : S@QC

Bien que très aménagé, le Pic-de-la-Hutte vaut l’effort consenti. Contrairement à notre dernière visite où la montagne était envahie par le brouillard, cette fois-ci le temps clair nous offre une vue dégagée jusqu’à la Réserve faunique des Laurentides et au lac Saint-Jean. Des trottoirs de bois conduisent à deux belvédères et à un relais où il est possible de casser la croûte en journée.

À notre arrivée, une activité de découverte se terminait au sommet. Un garde-parc offrait de l’information sur les différentes variétés de fruits sauvages typiques de la région et une petite dégustation. Nous avons notamment appris qu’il existe une dizaine de variétés de bleuets dans sur le mont Valin et nous avons goûté à la chicoutai, l’emblème de la Côte-Nord. Comme le refuge n’est qu’à quelques enjambées, nous profitons également de la tranquillité de la fin de journée pour prendre une bière en contemplant le Saguenay.

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Le Pic-de-la-Hutte s’élève au-dessus de la grande vallée du Saguenay qui est en fait un graben, soit un affaissement de la croûte terrestre entre deux failles géologiques. Des panneaux au sommet résument ce phénomène. On aperçoit également la plateforme du Pic-du-Grand-Corbeau, en avant-plan. Photo : S@QC

Le refuge est au pied du Pic-de-la-Hutte, près du lac des Pionniers. Il offre de l’hébergement pour 8 personnes dans deux chambres semi-fermées. À notre arrivée, nous rencontrons nos deux colocataires, deux randonneuses de Québec. Nous prenons notre souper à quatre en discutant de randonnée, puis nous quittons le groupe pour faire un petit feu de camp à l’extérieur vers la tombée du jour. Au moment de se coucher, des visiteurs nocturnes souhaitant nous rendent visite, mais rebroussent rapidement chemin en constatant notre présence. Après leur départ, la nuit s’installe et nous profitons tous de la noirceur de la forêt pour faire le plein d’énergie.

La journée du lendemain s’effectue par le même chemin. Après un bon déjeuner, nous mettons le cap vers la voiture. Le temps gris nous a regagné, laissant même présager des averses, mais le panorama est encore acceptable. Nous profitons du temps qui s’offre à nous pour manger des bleuets en route et nous tentons d’identifier les différentes variétés du parc. Décidément, le parc national des Monts-Valin n’est pas qu’une destination hivernale. La prochaine fois, nous attaquerons l’autre portion du sentier sur les hauts plateaux montagneux.

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Ce petit sommet intermédiaire offrant un point de vue à quelques mètres du sentier principal est également un véritable garde-manger. Nous y avons cueilli une belle portion de bleuets sauvages tout en restant dans le sentier pour éviter de piétiner la végétation fragile. Photo : S@QC

Les Nancy au fourneau : des petits pots à découvrir

J’ai eu l’occasion dans un festival de goûter à différents produits préparés par Les Nancy au fourneau. Cette jeune entreprise de Saint-Marc-des-Carrières dans la région de Portneuf produit des « petits pots de bonheur et de saveurs, entièrement fait maison ». Plusieurs de leurs marmelades, confitures, gelées, caramels et marinades ne sont pas que savoureux; ils ont également un petit quelque chose de différent…

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Photo : Les Nancy au fourneau

Par exemple, le sublime caramel à la bière concocté avec les produits de la microbrasserie À la fût de Saint-Tite ne passera pas beaucoup de temps dans mon garde-manger. On peut bien sûr le tartiner ou encore le servir avec des fromages… oui, oui! Son goût juste assez sucré, mais pas trop, en fait selon moi un coup de coeur. Les vrais amateurs de caramel peuvent aussi se tourner vers le caramel fleur de sel ou le caramel dulce de leche.

Les Nancy au fourneau préparent aussi des confitures à la camerise, un petit fruit méconnu cultivé par une autre entreprise de Portneuf. Elles s’apparentent un peu à la confiture de bleuet, mais avec un goût un peu plus acidulé qui rappelle la framboise. À essayer!

Je pourrais parler de tous les produits, mais je limiterai cet article à un dernier petit délice : une salsa de maïs à servir avec des burgers, dans des nachos ou sur un petit canapé aux crevettes et à la coriandre. Cette salsa transformera vos prochains soupers sur la terrasse! Je rêve déjà à mes prochains burgers…

Bonne nouvelle, on trouve maintenant ces produits un peu partout. Le nombre de points de vente entre Trois-Rivières et Charlevoix ne cesse de s’allonger. On peut entre autres acheter ces produits directement dans les nombreux marchés publics ou événements de la région. Un nombre grandissant de commerces accueillent aussi ces petits pots sur leurs étalages. À Québec, on m’a dit que la Tabagie de la place, coin Saint-Joseph Est et du Pont, avait une belle sélection. La Baconnerie et la Réserve à Limoilou en ont également. Pour voir la liste complète, cliquez ici.

Survivre en forêt – 10 conseils pour bien planifier une randonnée

Passer du temps en forêt n’est pas dangereux en soi, mais on peut facilement se mettre dans une situation précaire sans une préparation adéquate. Après avoir passé un nombre incalculable d’heures en forêt et avoir collaboré cet été au sauvetage d’une dame perdue en forêt dans l’arrière-pays de Charlevoix, je vous propose quelques mesures de sécurité simples à prendre pour éviter les accidents les plus courants. Pour une rare fois sur ce blogue, il sera réellement question de survie!

1 Planifier son trajet
Le meilleur moyen d’éviter de se perdre en forêt est de connaître son chemin. Une bonne planification avant le départ et un suivi rigoureux une fois sur place permettront de se localiser facilement. Une carte des sentiers est fort utile pour se repérer. N’hésitez pas à l’étudier à fond avant de partir et de noter les attraits que vous croiserez en route. Il peut être très utile de prendre la carte à l’entrée des sentiers en photo si vous n’avez pas de copie papier dans les poches une fois sur place.

Si vous avez un appareil mobile, ajouter une application qui vous permet de mesurer votre trajet est également une bonne idée. Vous pourrez facilement suivre votre progression et montrer vos prouesses à vos amis au retour. Assurez-vous d’avoir rechargé la pile avant le départ et apportez un chargeur pour les sorties de plus d’un jour. Bien entendu, ne comptez pas uniquement sur la technologie pour vous guider.

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Sur une carte, repérez les éléments du paysage facilement perceptibles comme les ruisseaux, les reliefs, les points de vue ou les intersections avec d’autres sentiers ou des routes. Ils vous aideront à vous localiser rapidement. En progressant ainsi d’un repère à l’autre, il est plus facile de mesurer le chemin parcouru. Photo : S@QC

Ne vous fiez pas uniquement sur la signalisation pour vous repérer. Même les sentiers bien balisés peuvent parfois nous induire en erreur. Parfois, la signalisation est absente à certaines intersections ou dans certaines directions. Ailleurs, les panneaux installés par des gens pleins de bonnes intentions, mais avec peu de moyens, sont parfois difficiles à décoder.

Nous avons rencontré un petit groupe en raquette cet hiver qui avait réservé un refuge à 500 mètres du nôtre. Ceux-ci semblaient moins habitués que nous à ce genre d’activité. Après avoir pris une longue pause sur une table extérieure face à notre refuge, ils ont repris leur chemin pendant que nous étions à nous installer pour la soirée. Ils sont revenus beaucoup plus tard, au coucher du soleil, découragés et fatigués car ils n’avaient pas réussi à trouver leur refuge.

Après avoir discuté avec un membre du groupe qui venait nous vérifier si nous occupions leur refuge, nous avons constaté qu’ils n’ont jamais remarqué l’immense carte des sentiers derrière la table où ils ont fait leur pause, qu’ils n’ont pas pris soin de valider la direction à prendre à l’intersection suivante et qu’ils ont marché près de 2 kilomètres dans la mauvaise direction avant de rebrousser chemin. Nous leur avons donc indiqué le chemin à prendre.

2 Respecter son rythme
Pour éviter de se retrouver coincé en forêt à la tombée de la nuit, il vaut mieux apprendre à connaître sa vitesse de déplacement. Et on ne progresse pas toujours à la même vitesse selon la nature des sentiers ou la saison. En planifiant sa sortie, on peut ainsi facilement estimer le temps requis pour parcourir le trajet projeté et valider si l’on dispose du temps nécessaire pour le faire de façon sécuritaire. À titre indicatif, voici les vitesses de déplacement que j’utilise généralement (qui peuvent évidemment varier d’une personne à l’autre) :

  • Randonnée pédestre d’un jour sur sentier intermédiaire ou difficile : 3 km / heure
  • Longue randonnée pédestre avec sac à dos : 2 km / heure
  • Randonnée en raquette : 1,5-2 km / heure selon l’enneigement et le poids transporté

Il est important de tenir compte de la durée du jour au moment où la sortie est planifiée et de prévoir un peu de temps supplémentaire en cas de retard.

Il y a quelques années, j’ai mal estimé le temps requis pour se rendre à un refuge situé à environ 14 km de notre point de départ. En fait, nous avons été surpris en arrivant sur place par une épaisse couche de neige tombée la veille, en automne. Notre progression a donc été plus lente que prévue et la nuit est tombée à quelques kilomètres du refuge, en forêt. Heureusement que nous avions des lampes frontales car la nuit était noire malgré la neige au sol. Comme personne n’était passé avant nous, seules les balises aux arbres permettaient de se guider. Elles n’étaient pas toutes faciles à repérer, ce qui nous ralentissait davantage.

Enfin, nous sommes arrivés à un point de vue près du sommet de la montagne en question où j’ai demandé de prendre une pause. Mes amis, restés derrière m’attendaient. Lorsque je me suis retourné pour leur parler, j’ai alors aperçu un panneau indiquant notre refuge. Nous étions sans le savoir à une intersection qu’il ne fallait pas manquer. Cet heureux hasard nous a permis d’éviter de poursuivre dans la mauvaise direction.

3 Confier son itinéraire
Il est toujours préférable d’aviser un proche de son itinéraire avant de partir, surtout sur les sentiers libres d’accès comme le Sentier national. Assurez-vous qu’on remarque votre absence rapidement si un ennui survient en indiquant le moment où vous prévoyez revenir. Au retour, signalez que vous êtes bel et bien rentrés.

4 Apporter plus que le nécessaire
On ne pense pas nécessairement à apporter beaucoup de choses lors de courtes sorties. Pourtant, certains objets peuvent devenir bien utiles si l’on rencontre un problème en route : lampe frontale; briquet/allumettes, couteau de poche, vêtements supplémentaires, trousse de premiers soins, pastilles pour traiter l’eau, quelques barres tendres, etc.

Même de courtes randonnées près de la ville peuvent engendrer un sauvetage de plusieurs heures en cas de blessure notamment. Il vaut donc mieux prévoir cette éventualité en préparant un petit kit qu’on glisse dans son sac à dos.

À titre d’exemple, les sentiers du mont Wright à Stoneham ont engendré leur lot de blessures dans les dernières années. Cette petite montagne très fréquentée située à 30 km de Québec présente certains risques, notamment en raison de ses parois d’escalade. En avril dernier, un sauvetage sur cette montagne aura nécessité plusieurs heures d’attente durant une nuit d’avril. Gageons que les personnes concernées s’en souviendront longtemps.

5 À boire aubergiste!
L’hydratation est essentielle lorsqu’on pratique une activité physique. Il est imprudent de partir sans eau en forêt, même en hiver. Une bouteille de 500 ml n’étanchera sans doute pas votre soif pour toute une journée. N’ayez donc pas peur d’avoir deux bouteilles sous la main et d’apporter des pastilles ou un filtre pour traiter l’eau puisée en route. En passant, faire fondre de la neige sur un poêle à bois demande beaucoup d’énergie pour peu de résultats…

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Il ne faut pas compter sur la présence d’eau dans les sentiers, surtout en montagne. Sur les sommets, les sources d’eau fiables sont rares, voire absentes. Renseignez-vous avant de partir sur les points d’eau connus sur votre trajet et tentez d’évaluer sur la carte où sont les cours d’eau les plus susceptibles d’être propices. Pour les randonnées d’un jour, il est plus simple de prévoir suffisamment de liquide pour la journée.

6 Être bien chaussé
En forêt, le risque de blessure aux jambes, entre autres aux chevilles, est évidemment plus élevé. Plus les sentiers sont accidentés, plus il est important de porter des chaussures adaptées pour la marche. Les cailloux, les feuilles au sol, l’eau, la boue et la neige nécessitent également des précautions particulières. En montagne ou sur des sentiers peu aménagés, rien ne vaut une bonne paire de bottes de marche qui protégeront vos chevilles d’un faux pas. Les chaussures de randonnée ont également des semelles rigides qui sont plus confortables en terrain rocailleux et moins glissantes sur des surfaces mouillées.

À éviter : les sandales, les gougounes, les espadrilles de course, les baskets et les souliers de skate.

7 Rester groupés
La randonnée est un sport qui se pratique bien à deux ou en petits groupes. Il est évidemment plus sécuritaire et plus motivant de partir à plusieurs. Si un ennui survient, un membre du groupe pourra aller chercher de l’aide ou soutenir la personne concernée. Il faut le plus possible éviter de se séparer et de laisser quelqu’un seul en forêt. Les randonneurs en solo ne devraient pas emprunter les sentiers peu fréquentés et les sentiers techniques où le risque de chute est plus grand.

Dans un même ordre d’idées, il est préférable de marcher à la vitesse du plus lent du groupe que de se séparer. Cette personne est peut-être plus fatiguée ou moins habituée, et donc plus à risque de rencontrer un problème. Il vaut donc mieux ne pas l’abandonner derrière.

Fait à noter : marcher à plusieurs permet aussi d’avoir une conversation qui vous fera entendre dans les sentiers et d’avertir la faune de votre présence.

8 Conserver jalousement sa nourriture
Pour des raisons de sécurité, il est primordial d’éviter de partager son repas du soir avec la faune locale. En longue randonnée, il est préférable de ne pas manger dans sa tente et de ne pas laisser traîner des restes de nourriture autour de son campement. De même, il est plus prudent de suspendre sa nourriture dans un arbre la nuit tombée. Les randonneurs d’un jour peuvent aussi faire leur part en évitant de disperser des déchets sur le sentier. Dans certains secteurs les ours noirs sont assez communs et pourraient être tentés par nos provisions s’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent en forêt ou s’ils sont habitués à la présence humaine…

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Il existe plusieurs techniques pour suspendre un sac à une branche d’arbre. En hissant un sac à plus de trois mètres du sol et plus d’un mètre du tronc de l’arbre, vos provisions passeront une aussi bonne nuit que vous et seront à l’abri des rongeurs ou de plus gros visiteurs… Photo : S@QC

9 Redescendre avec retenue
En montagne, les accidents surviennent surtout en descente car le risque de chute augmente et comme la descente s’effectue normalement au retour, nous sommes plus fatigués. Il faut donc redoubler de vigilance en descendant et s’assurer à chaque pas que le pied qui reste au sol est stable et ne glissera pas. Il faut être particulièrement attentif en descente, même dans les sections qui paraissent plus facile. C’est souvent à ce moment qu’une chute survient. Pour cette raison, il est préférable d’éviter de courir (à moins d’être entraîné pour le faire) même si la gravité nous pousse vers le bas. Comme on le fait en montant, il est souhaitable de prendre des pauses en descendant même si l’effort est moins soutenu. En évitant l’alcool au sommet, on augmente aussi ses chances de se rendre au 5 à 7 plutôt qu’à l’hôpital!

10 Se servir de son jugement
Cette liste ne se veut pas exhaustive et ne s’adresse pas aux randonneurs à la conquête du Grand Nord québécois. Toutefois, avec un peu de jugement et ces quelques conseils, il est possible de profiter de cette grande nature qui nous entoure sans mettre sa survie en péril. Bonne randonnée!

Montagne de la Croix… le Mont-Royal de Clermont (Charlevoix)

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La montagne de la Croix de Clermont domine le paysage de cette petite ville industrielle voisine de La Malbaie, dans la région de Charlevoix. Accessible en voiture jusqu’au sommet, on y trouve un court sentier de marche jusqu’à trois belvédère offrant une vue dans différentes directions. L’endroit est tout désigné pour un pique-nique ou un arrêt en route. Photo : S@QC

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Montagne de la Croix, à Clermont (Charlevoix). Photo : S@QC

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En direction nord, la vue suit le cours de la rivière Malbaie jusqu’au fameux parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie où des sommets avoisinant 1000 mètres d’altitude bloquent l’horizon. Photo : S@QC

La fontaine qui transformera le Vieux-Lévis

On n’avait pas vu un tel engouement à Québec depuis l’inauguration de la promenade Samuel-de-Champlain, en 2008. Cette fois, c’est sur la Rive-Sud, du côté de Lévis, que convergent jour après jour des centaines de passants venus admirer la plus grosse fontaine au Canada et la vue sur Québec depuis le quai Paquet.

L’aménagement de cet espace public s’inscrit dans la foulée de la revitalisation du secteur de la traverse de Lévis. L’an dernier, une nouvelle gare fluviale a été inaugurée et le terminus d’autobus de la traverse a été complètement repensé. L’aménagement du quai Paquet vient compléter l’aménagement de la bordure fluviale de Lévis déjà bien accessible grâce à la piste cyclable Le parcours des Anses. La réfection de la rue Saint-Laurent viendra clore le réaménagement de la bordure fluviale.

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Le quai Paquet à Lévis était un espace industriel en friches jusqu’à ce qu’il soit transformé en parc à l’été 2016. En plus d’offrir une vue rapprochée sur Québec, ce nouvel espace vert abrite une fontaine de près de 200 jets d’eau programmés selon diverses séquences. De nombreuses personnes s’y rafraîchissent durant les journées chaudes. Photo : S@QC

Avec ces nouveaux aménagements, Lévis s’est dotée d’un produit d’appel qui incitera davantage la population et les touristes à franchir le fleuve. Il ne faut pas oublier que la traverse Québec-Lévis est une porte d’entrée importante vers la Rive-Sud, particulièrement pour les touristes. En améliorant l’aspect de ce secteur, gageons que l’ensemble du Vieux-Lévis profitera d’un rayonnement accru. En effet, une fois à Lévis il devient tentant de monter les différents escaliers pour découvrir la vieille voisine méconnue qu’est la ville de Lévis.

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En continuité avec le quai Paquet, la traverse Québec-Lévis a elle aussi subi d’importants travaux de réaménagement. Une nouvelle gare fluviale a notamment été construite. Photo : S@QC

C’est toutefois la nuit tombée que le quai Paquet se révèle réellement. La fontaine s’illumine alors et offre un spectacle lumineux qu’on ne se lasse pas d’admirer. Juste en face, Québec fait de même et brille de mille feux. À preuve, cette vidéo tournée lors de l’inauguration de la fontaine. Notez qu’il n’y a pas de trame sonore en temps normal…

Excursion sur les sommets de la Chaudière-Appalaches au parc régional du Massif du Sud

Le parc régional du Massif du Sud est situé à une heure de Québec et donne accès aux plus hauts sommets de la région de la Chaudière-Appalaches. En été, on y pratique le vélo de montagne, la randonnée pédestre ou l’équitation dans l’une des plus vastes forêts de la région. Le parc offre aussi plusieurs formules d’hébergement comprenant camping, refuges et yourtes. À cette offre bien garnie se sont ajoutés plus récemment deux emplacements de camping rustique en montagne pour les amateurs de longue randonnée. Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre!

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Photo : S@QC

Nous avons donc profité de notre fin de semaine pour faire une version légèrement modifiée de l’une des deux longues randonnées proposées par le parc régional. Après s’être levé tôt le samedi matin et avoir complété l’épicerie en route, nous abandonnons sans tarder notre voiture près de l’accueil. Nous empruntons d’abord un petit chemin de gravier conduisant aux différents sites de camping dissimulés dans la forêt. Plusieurs familles profitent de ces emplacements forts intéressants. Puis, nous nous engageons sur le sentier de la Vieille forêt qui débute au croisement d’une petite rivière que l’on suivra quelques instants.

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Photo : S@QC

Nous entrons alors dans une forêt ancienne où trônent d’imposants bouleaux jaunes. Le sentier grimpe légèrement jusqu’au croisement du sentier des Ravages que nous empruntons. Ce sentier n’est pas clairement indiqué puisqu’il est généralement fréquenté dans l’autre sens. Nous souhaitions toutefois parcourir ce segment qui promettait deux beaux points de vue. Le sentier grimpe de façon continue, en lacets, jusqu’à un plateau où se trouve une forêt ouverte composée de conifères et de vastes parcelles de fougères. Un premier point de vue se dévoile à nous. Nous apercevons le fleuve, les villages de Bellechasse et les Laurentides au loin. En regardant bien, on voit également très bien la silhouette de la ville de Québec à plus ou moins 60 km. En poursuivant un peu, nous arrivons au second point de vue agrémenté par la présence d’un banc et d’une table à pique-nique. Nous faisons donc une pause en regardant les montagnes environnantes, incluant les pistes de ski du Massif du Sud de l’autre côté du parc.

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Photo : S@QC

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Photo : S@QC

Le sentier des Ravages grimpe ensuite plus doucement dans une forêt de conifères de plus en plus dense. Après quelques temps, nous arrivons à une intersection. Nous quittons alors le sentier des Ravages qui retourne vers l’accueil pour emprunter le sentier des Géants jusqu’au sommet du mont Saint-Magloire. Nous devons être à plus de 700 mètres d’altitude puisque nous sommes alors dans la forêt boréale jusqu’au sommet. Au sol, de belles mousses vert tendre tapissent le sol. Près de 7 km depuis notre départ, nous atteignons enfin le sommet de la région, le mont Saint-Magloire, qui culmine à 917 mètres.

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Photo : S@QC

Le mont Saint-Magloire, comme l’ensemble des sommets du parc, est recouvert de forêt. Toutefois, une tour de bois permet d’observer la région et même d’apercevoir des sommets situés à près de 200 km. On peut y voir les montagnes de Charlevoix d’un côté, les monts Katahdin, Bigelow et Mégantic de l’autre. Nous profitons du vent frais au sommet de la tour pour nous rafraîchir en dînant.

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Photo : S@QC

Le sentier des Géants se poursuit ensuite sur un chemin multifonctionnel sur 2 km. Ce sentier est notamment accessible aux cyclistes. Nous descendons jusqu’à un étang créé par les castors en profitant de quelques belles vues sur les éoliennes du parc, situées du côté sud de la montagne. Puis, le sentier grimpe à nouveau et entre dans la forêt. S’en suit un tronçon boisé de 4 km qui offre peu d’attraits, ni d’endroits où s’arrêter. Nous faisons une courte pause à mi-chemin sur un petit ponceau de bois, puis le sentier redescend ensuite une partie de la montagne jusqu’à notre emplacement de camping. Nous repassons alors les strates de végétations observées plus tôt dans la journée. Le sentier se termine au croisement du ruisseau Beaudoin. On trouve à cet endroit un très beau site avec des tables et de petits bassins d’eau où se tremper les pieds (attention, eau fraîche!). Les deux sites du camping du Versant sont situés 300 mètres en amont, en bordure du ruisseau.

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Photo : S@QC

Nous arrivons donc quelques instants plus tard à notre emplacement pour la nuit. Les deux sites sont composés d’une plateforme de bois où poser sa tente, d’une table à pique-nique et d’un accès au ruisseau où coule une eau limpide. Une toilette sèche et un vieux refuge sur un sentier multifonctionnel sont également tout près. L’accueil est à environ 5 km par ce chemin. Après un bon repas lyophilisé, nous y passerons la nuit, seuls et bercés par le bruit de l’eau coulant en cascades.

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Photo : S@QC

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Photo : S@QC

Le lendemain, nous reprenons notre chemin sur le sentier des Sources qui longe quelque peu le ruisseau avant de remonter la montagne. En route, nous retrouvons cette même forêt ouverte peuplée de bouleaux jaunes centenaires. Le sentier croise quelques sources avant de remonter en altitude dans la forêt boréale. Un court segment, plus ouvert, offre quelques percées visuelles sur la vallée du parc, puis le sentier attaque de front le mont du Midi (915 mètres), deuxième sommet de la région.

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Photo : S@QC

Outre notre satisfaction de franchir une deuxième fois la barre des 900 mètres, le sommet de la montagne est boisé et le haut des pentes de ski n’offre pas de vue remarquable. Nous restons donc sur notre appétit. Il semble y avoir des tours d’observation dans ce secteur, mais il faut compter environ 1 km de marche supplémentaire pour les atteindre et notre carte ne les indique pas clairement, sans doute en raison d’un litige sur l’utilisation des sentiers entre la station de ski et le parc régional. Une certaine confusion règne donc au sommet du mont du Midi. Des sentiers qui faisaient autrefois partie du parc régional ne semblent plus accessibles sans défrayer un droit d’accès à la station de ski.

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Photo : S@QC

Après une pause au sommet, nous revenons sur nos pas sur une distance de 800 mètres pour poursuivre sur le sentier des Dryades. Ce sentier à flanc de montagne redescend une bonne partie de l’élévation gagnée durant l’avant-midi. Essentiellement en milieu boisé, il rejoint un secteur où des escarpements rocheux offrent des abris sous roche. On y trouve également un petit point de vue sur les montagnes environnantes. Ce sentier aboutit finalement dans une érablière naturelle au pied du mont Chocolat.

De là, il suffit de remonter cette petite montagne de 717 mètres pour atteindre trois points de vue au sommet. La montée est plutôt douce et s’adresse à des randonneurs moins aguerris. Un belvédère permet d’apercevoir les pentes de ski et le développement immobilier face à la montagne. Les autres points de vue sont plutôt dirigés vers la vallée au coeur du parc régional. Malheureusement, lors de notre passage, un orage s’est levé à notre arrivée au sommet. Nous sommes donc redescendus dans le sentier transformé en torrent par la pluie… une rivière d’eau brun chocolat dévalant la pente!

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Photo : S@QC

Après un bref arrêt pour dîner au refuge du Milieu, situé au pied du mont Chocolat, la pluie a cessé. Il ne restait plus que 2 km à parcourir pour se rendre à la voiture. Nous devions emprunter le sentier des Passerelles qui suit le cours de la rivière du Milieu au fond d’une profonde vallée. Ce sentier semble splendide. Cependant, nous avons préféré emprunter un sentier multifonctionnel car les sentiers de randonnée étaient détrempés après toute cette pluie.

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Photo : S@QC

De retour à la voiture, nous regardons une dernière fois ce massif montagneux qui nous aura bien étiré quelques muscles au passage. Nous avons eu une préférence pour le sentier des Ravages et le mont Saint-Magloire qui se parcourent tous les deux sur une journée (environ 13 km). Le mont Chocolat et le sentier des Passerelles sont également de bons choix. À notre avis, on va surtout au parc régional du Massif du Sud pour découvrir des écosystèmes rares dans la région.