Québec Exquis 2016 : Soirée feutrée Chez Boulay

L’événement annuel Québec Exquis est une belle occasion d’apprécier le travail des restaurateurs de la ville de Québec qui offrent pour l’occasion un menu spécial à prix fixe mettant en valeur un producteur agroalimentaire de la région. Pour l’édition 2016, nous avons été conquis par le menu élaboré par le restaurant Chez Boulay, à partir des produits du fumoir Saint-Antoine, de Baie-Saint-Paul.

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Photo : S@QC

La cuisine d’Arnaud Marchand avait été pour nous une belle découverte lors de notre dernière visite en 2013. Dès notre arrivée, nous retrouvons avec plaisir la même salle à manger feutrée que nous avions quitté trois ans plus tôt. Tandis que le soleil s’éteint sur la rue Saint-Jean, nous sirotons un apéritif en discutant des différents menus. Mon Bloody Caesar réinterprété, composé de whisky, jus de légumes, bière noire, sirop d’érable et épices boréales, fait l’envie de ma compagne qui en réclame quelques gorgées. En comparaison, son cocktail, quoique très satisfaisant, ne fait pas le poids à ses yeux.

Notre stratégie pour la suite est la suivante : nous commandons évidemment un menu Québec Exquis, raison pour laquelle nous sommes ici, mais aussi une entrée et un plat de la carte régulière que nous partagerons au cours de la soirée. J’ajoute une bouteille de Viognier d’importation privée pour cette soirée axée sur les produits de la pêche.

Nos entrées arrivent sans trop tarder. Je reçois le premier service du menu Québec Exquis, soit un pavé de saumon fumé mi-cuit, à la texture aussi soyeuse qu’un sashimi, accompagné d’une salade de betterave grillée et pomme et d’un bouillon au sumac vinaigrier qui permet d’y tremper une bouchée à l’occasion. C’est beau et c’est bon! Ma compagne débute ce repas avec une assiette d’esturgeon biologique grillé et mariné au raifort, accompagnée de choux raves crus aux herbes du Bas-du-Fleuve et d’une sauce crémeuse à l’huile de noisette. La fraîcheur du produit est évidemment irréprochable, mais l’ensemble manque à mon avis d’un peu de saveur. On perçoit peu au goût l’aspect grillé et mariné de l’esturgeon.

Je poursuis avec le plat principal du menu Québec Exquis : un pavé d’omble chevalier rôti et laqué au sirop de bouleau et une saucisse d’omble chevalier au sapin baumier, tous deux accompagnés de polenta crémeuse et d’un sauté de champignons. D’abord, le pavé, discrètement laqué, permet d’apprécier le goût délicat de l’omble chevalier qui est rôti à la perfection. Puis, la saucisse révèle une saveur plus soutenue et offre une texture fort différente. Enfin, les champignons agrémentent parfaitement les saveurs de ce plat réussi. Ma compagne n’est pas en reste avec son saumon sur lit d’épinards, saisi en feuilleté et couvert d’une sauce au beurre blanc au Gin Ungava et genièvre, avec pesto de cresson aux graines de tournesol. Ce plat inspiré du patrimoine culinaire régional (les militaires britanniques aimaient la pêche au saumon et le gin) nous a positivement étonné, malgré sa simplicité apparente.

Puisque tout se déroulait aussi bien, nous osons commander chacun un dessert pour profiter encore un peu de la soirée. Le menu comprenait un gâteau au fromage aux pommes caramélisées et au rhum Chic Choc, que j’offre sans remords à ma compagne. C’est que j’ai vu un dessert sur l’autre carte qui m’appelle… une tarte à l’argousier meringuée sur une crème anglaise au nard des pinèdes. Je goûterai finalement aux deux pour conclure qu’ils étaient chacun exceptionnels à leur façon!

Nous quittons l’établissement très satisfaits et heureux du service reçu, ce dernier nous ayant paru plus détendu que lors de notre dernier passage où les plats se succédaient à une cadence un peu trop rapide. On y retournera!

Mon parcours à obstacles…

Mon propos d’aujourd’hui est purement anecdotique et il n’est pas mon intention d’en faire une question d’enjeu public. Cependant, je ne peux passer sous silence une problématique aussi accablante! J’habite à Québec depuis bientôt quinze ans et jamais je n’ai réussi à m’y habituer. Depuis mon arrivée, il n’y a pas une journée où je ne passe près de foncer dans un piéton à la démarche chaotique. Il me semble que les Québécois ne possèdent pas plus l’art de marcher que celui de faire la file…

En voiture, il est d’usage au Québec de circuler à droite et de dépasser par la gauche. Même si Québec a longtemps été une ville coloniale britannique, il serait raisonnable de croire que la circulation des piétons se fasse selon la même logique. Comme ailleurs au Québec…

Or, il y a certains us et coutumes en notre ville qui défient cette convention toute simple… Le pauvre marcheur ne peut donc progresser sereinement, du côté droit du trottoir, sans surprendre un autre piéton en train de foncer sur lui de plein droit comme si c’était lui qui était dans le tort.

Il y a d’abord les marcheurs apeurés par la circulation automobile qui longent le côté extérieur du trottoir. D’un côté de la route, cette technique est appropriée puisque les marcheurs se trouvent à droite, mais de l’autre côté de la voie publique, ceux-ci se trouvent à circuler à contresens. Ces derniers semblent tellement affolés à l’idée d’être heurtés par une voiture qu’il ne céderont jamais le passage aux passants arrivant en sens inverse. Il vaut donc mieux les contourner que d’entrer en collision et se faire regarder comme un être mal élevé alors qu’on se trouve du bon côté du trottoir.

Puis, il y a ceux qui, empreints de bonne foi, avancent vers vous et souhaitent vous laisser le passage libre en vous apercevant. Toutefois, au moment de vous croiser, ils se rangent à gauche plutôt qu’à droite. Ainsi, il tombent systématiquement face à vous qui étiez sur le point de les croiser sur la droite. S’en suit inévitablement un échange de sourire durant l’inévitable négociation déterminant qui ferait le pas de côté pour laisser passer l’autre.

Enfin, il y a ceux qui pratiquent sans retenue le déplacement en diagonale. À Québec, on pratique tous cette technique au coin des rues pour profiter de la phase exclusive des feux pour piétons. Évidemment, un problème se pose lorsque les marcheurs se croisent au centre de l’intersection. De quel côté doit-on se croiser? La diagonale est également fort utilisée dans les centres commerciaux pour passer d’une boutique à une autre. Il suffit de s’aligner directement sur son prochain arrêt, quitte à couper tous ceux qui osent briser la trajectoire parfaitement droite reliant les deux commerces. Imaginez l’enchevêtrement de piétons lorsque chacun circule ainsi!

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il manque des lignes sur les trottoirs et sur le carrelage des centres commerciaux, mais s’il-vous-plaît, n’oubliez pas de considérer qu’il y a des gens autour de vous qui ne demandent qu’à marcher sans marcher pour les autres…

Le grand marché d’Expocité : quelques facteurs de succès

Le couperet est tombé au sujet du déménagement du marché du Vieux-Port sur le site d’Expocité. Le pavillon du commerce, voisin du centre Vidéotron, sera habilement converti pour accueillir les étals du marché et plusieurs commerces d’alimentation. Plusieurs ont rapidement conspué cette décision et se sont promis de s’opposer à ce déménagement forcé. Cependant, tant l’actuel marché du Vieux-Port que ce nouveau site présentent leurs avantages et leurs inconvénients.

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Voici l’immeuble qui abritera en 2018 le nouveau marché public de Québec. Sa forme semble toute désignée pour accueillir les étals des maraîchers et des petits commerces d’alimentation. Image tirée de Google Street View.

Le marché du Vieux-Port est localisé dans le Vieux-Québec, un quartier où l’offre alimentaire se résume désormais à une forte concentration de restaurants. Les résidents du secteur apprécient sans doute sa présence. Cependant, pour la clientèle provenant de l’extérieur, cet emplacement présente de grands désavantages. Le réseau routier est souvent surchargé dans ce quartier enclavé entre le port et la falaise et il ne passe aucun parcours d’autobus d’importance face au marché. Heureusement, ce dernier est bien ancré au réseau cyclable de la ville.

Le marché lui-même est souvent encombré de touristes davantage susceptibles d’acheter une bouteille de cidre ou des produits transformés qu’une caisse de tomates en liquidation. Beaucoup ne semblent d’ailleurs que flâner.

Le grand marché qui sera aménagé près de l’amphithéâtre ne sera malheureusement pas aussi accessible pour la clientèle se déplaçant à pied ou à vélo, mais rejoindra plus facilement la masse d’automobilistes qui passe sur l’autoroute Laurentienne matin et soir. Disons-le franchement, mis à part quelques Limoulois qui auront la chance d’habiter à côté, peu de gens pourront vraiment s’y rendre régulièrement sans voiture. Que les Sociétés de développement commercial et les commerçants de la ville se rassurent, on aura donc encore besoin d’eux pour faire nos achats quotidiens, même sur la 3e Avenue dans Limoilou. Il y aura également encore de la place pour des marchés publics éphémères ou de quartier.

Pour qu’il soit rentable, le nouveau marché devra donc attirer une clientèle de destination tout comme le marché du Vieux-Port le fait actuellement. Le nouveau marché ne pourra toutefois pas autant compter sur l’achalandage touristique. Il faudra donc qu’on y trouve une offre alimentaire qui incitera la population de la grande région de Québec à s’y rendre occasionnellement pour faire le plein de victuailles. Le marché devra offrir des produits en abondance qu’on ne trouve pas ailleurs et à bon prix. Il devra aussi se doter d’une aura de fraîcheur provenant d’un marketing efficace, comme le marché Jean-Talon à Montréal. Il faut que les foodies, les restaurateurs et les médias l’adoptent et en fassent la promotion. Ce qui a été présenté jusqu’à maintenant laisse croire qu’on a compris cet enjeu et qu’on offrira une expérience aux visiteurs du futur marché.

Le grand marché gagnera à être mieux intégré au quartier Limoilou. Aucun parcours piéton ou cyclable intéressant ne s’y rend. L’axe cyclable du parc Lairet mériterait d’être amélioré pour connecter Expocité au parc linéaire de la rivière Saint-Charles. Cet axe permettrait aux cyclistes de toute la ville d’accéder facilement au marché à partir du parc Cartier-Brébeuf. La rue de la Pointe-aux-Lièvres devrait aussi être repensée pour le confort des piétons à partir du futur écoquartier et, si possible, jusqu’au quartier Saint-Roch.

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Une piste cyclable de qualité pourrait être aménagée en direction du grand marché afin de le connecter adéquatement au réseau cyclable de Québec. À proximité du pont enjambant la rivière Lairet dans le parc Cartier-Brébeuf, la piste rejoindrait un tronçon existant qui traverse le parc Lairet jusqu’à l’avenue Eugène-Lamontagne (18e rue). De là, la piste emprunterait la rue Jalobert transformée en rue partagée. Il suffirait de bloquer l’accès nord aux automobiles pour en faire un cul-de-sac et de rendre la rue plus attrayante par des plantations et des aménagements plus soignés. Image tirée de Google Maps.

À plus long terme, le réseau de service rapide par bus (SRB) passera devant le marché. En attendant, le Métrobus 802 et quelques parcours en provenance de Saint-Roch relient le site aux quartiers voisins. Le 802 traverse d’ailleurs plusieurs quartiers défavorisés qui sont moins bien pourvus en produits frais. Il faudrait penser à cette clientèle dans le nouveau marché en offrant des produits abordables.

C’est toutefois l’accessibilité automobile qui demeure le principal enjeu du point de vue du transport si l’on considère que le marché doit attirer une clientèle régionale pour être rentable. Il faudra donc tout mettre en oeuvre pour assurer des espaces de stationnement en quantité suffisante aux utilisateurs du marché, même lors d’événements au centre Vidéotron ou au Centre de foires. Un stationnement avec un accès indépendant devrait être aménagé et celui-ci devrait être réservé aux clients du marché pendant ses heures d’ouverture.

En somme, un grand marché à vocation régionale pensé pour une clientèle de destination et un réseau de petits marchés de quartier permanents ou estivaux pourraient sans doute répondre aux besoins et attentes de chacun. À mon avis, sans être parfait, le scénario retenu n’est pas la catastrophe annoncée par certains…

Le Bistreau d’érable : dépoussiérer la tradition

Mariant habillement la tradition avec un soupçon de modernité, Jérôme Sauvageau et sa conjointe Noémie ont réussi un tour de force cette année en ouvrant Le Bistreau d’érable, une petite cabane à sucre familiale située à Sainte-Lucie-de-Beauregard dans l’arrière-pays de Montmagny. Rien n’est laissé au hasard dans cette entreprise qui pourrait bien redéfinir nos standards en matière d’acériculture. Tirez-vous une bûche, je vous raconte notre expérience…

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Photo : S@QC

D’abord, se rendre au Bistreau d’érable relève presque de l’aventure. De Québec, il faut compter plus d’une heure trente sur des routes de plus en plus secondaires qui ne manquent toutefois pas de charme. La cabane à sucre est nichée sur les flancs du mont Sugarloaf et enclavée dans le superbe parc régional des Appalaches. Les derniers kilomètres se font donc sur un chemin de gravier qui vous transporte en forêt et loin du monde urbain.

La cabane elle-même est un beau bâtiment de bois, d’aspect rustique, mais décoré avec goût. Des chaises au soleil saluent l’arrivée du printemps, tandis que le jambon cuit dans son fumoir à proximité de la cabane. À l’intérieur, une salle à manger accueillant une quarantaine de convives se jouxte à une cuisine ouverte où s’affaire une véritable petite équipe familiale prête à vous faire passer un bon moment. Dans la pièce voisine, le sucrier en chef surveille les équipements dernier cri permettant de produire le précieux sirop.

Nous sommes d’abord accueillis amicalement par nos hôtes qui nous présentent le déroulement de la journée tout en ouvrant la bouteille de vin que nous avions pris soin d’apporter. Le repas sera principalement servi au centre de la table, en cinq services. Avant la tire sur la neige, une visite de la cabane sera également offerte. Notre hôte nous annonce fièrement (et avec raison) que les produits servis sont de la région avoisinante et pour la plupart biologiques. Quelques instants plus tard, la salle est enfin comble et le repas peut commencer.

Évidemment, la soupe au pois compose le premier service. La recette traditionnelle est cependant bonifiée légèrement avec l’addition de filaments de jambon fumé qui nous arrachent un sourire. Des oreilles de crisse bien frites (et salées!), du pain ménage de la boulangerie Boutin, à Saint-Fabien-de-Panet, et des cretons maison accompagnent la soupe. Les plats s’échangent au-dessus des assiettes avec une complicité partagée.

Pour nous donner le temps de souffler un peu, vient ensuite une salade de betteraves et de pommes bios dans un grand saladier. L’acidité de la pomme tranche avec le reste du menu et toute notre table se laisse tenter par une deuxième portion de fruits et légumes.

Puis, le plat principal arrive en pièces détachées. Le jambon fumé de Buckland, cette fois servi en tranches, arrive en premier, suivi des oeufs soufflés dans une poêle de fonte et d’un grand bol de patates jaunes en petits cubes, cuites dans l’oignon caramélisé. Les plats passent de convives en convives et l’équipe en salle s’assure que tout le monde ait a juste part. On nous apporte également une portion individuelle de bines dont la recette s’apparente au cassoulet en version sucrée. C’est drôlement bon, local et bio en plus…

Le meilleur reste toutefois à venir. Au quatrième service, de fines crêpes encore fumantes sont servies dans une longue assiette. Quelle épice donne ce goût unique à la pâte? On arrose généreusement de sirop avant de rouler les yeux de bonheur! Pour terminer ce repas sur une note différente, nous concluons avec une verrine composée de gelée d’érable, de crumble à l’érable et d’une meringue à l’érable. Je trouve le mélange étonnamment léger malgré tout ce que nous venons de manger. Le sucre d’érable granulé de la verrine nous convainc de passer à la boutique en quittant la table.

Après le repas, nous visitons bien entendu la cabane à sucre en compagnie de France Sauvageau qui connaît très bien le monde acéricole pour y avoir oeuvré de nombreuses années. La courte visite est bien instructive. Et finalement, la tire sur la neige nous attend dans la cour avant.

Après quelques palettes, nous quittons le ventre plein et nous profitons du temps restant pour visiter la région de Montmagny : le parc régional des Appalaches où nous faisons un arrêt à la Chute-à-Dupuis, à Sainte-Appolline-de-Patton, à Montmagny et à Berthier-sur-Mer. Bon à savoir : L’an prochain, un sentier de randonnée devrait être aménagé dans l’érablière et se connectera au réseau du parc régional.

Prêcher pour sa paroisse : Saint-Paul-Apôtre, la haute-ville de Limoilou

On l’appelle le quartier des maisons. L’ancienne paroisse de Saint-Paul-Apôtre détonne dans le paysage tissé serré de Limoilou. Dès la 18e Rue franchie, le monde de la ville laisse place momentanément à celui de la banlieue des années 1940-1950. Un havre de paix.

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Entre la 18e Rue et la 24e Rue, la 4e Avenue affiche des airs distingués avec ses grandes maisons aux styles indémodables. Ces constructions rappellent les développements apparus durant la même période dans le quartier Saint-Sacrement. Photo : S@QC

Les rues les plus anciennes renferment de beaux cottages rappelant les villes américaines. Les maisons aux formes variées, grandes et bien construites, sont tapies sous une dense végétation mature. Ces hauts arbres jettent de l’ombre sur de belles cours arrière offrant un espace privé où s’extirper de l’agitation de la ville à quelques coins de rue. Des professionnels travaillant dans les environs y ont élu domicile. Plusieurs y ont d’ailleurs passé toute leur vie.

S’en est suivi une vague de construction de plus petites maisons sur des lotissements destinés à la classe moyenne émergeant dans l’après-guerre. La banlieue se démocratise et pour la rendre accessible le même modèle de maison est répété d’un bout à l’autre d’une même rue. Ces maisons sont un peu exiguës, mais certainement plus confortables que les vieux immeubles du centre-ville.

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Cette rue bordée de maisons identiques a été entièrement construite en 1950. La guerre est alors terminée et l’on érige des quartiers en vitesse pour y loger les familles selon les nouveaux standards de l’époque associés à la banlieue et l’automobile. Photo : S@QC

Dans les années 1950 et 1960, les nouveaux développements voient apparaître des bungalows à la fenestration généreuse entremêlés de petits immeubles à appartements de trois étages. Saint-Paul-Apôtre est érigée en paroisse avec la construction d’une église moderne. L’école complète le noyau institutionnel. Le quartier demeure essentiellement résidentiel, mais il se densifie progressivement par la construction d’immeubles locatifs de plus en plus imposants qui viennent compléter le développement urbain du secteur.

Aujourd’hui, Saint-Paul-Apôtre a deux visages : le très désirable secteur des maisons que les locataires des environs admirent parfois avec envie et le secteur des « walk-up », ces immeubles d’appartements avec un escalier central et de petites galeries en façade pour y prendre un peu de soleil.

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Lorsque le soleil se couche sur la paroisse de Saint-Paul-Apôtre, l’animation se transporte au rez-de-chaussée des maisons, dans les cuisines et au salon. Ces résidences, toutes différentes les unes des autres, s’illuminent alors laissant paraître le spectacle de la vie quotidienne par les fenêtres ouvertes sur la ville. Photo : S@QC

Jour et nuit, les rues demeurent calmes sous les grands arbres de ce quartier apprécié des écureuils.

Les Sales Gosses : le souci du détail

Au mois d’août dernier, nous découvrions avec un grand plaisir la cuisine légèrement décalée du restaurant Les Sales Gosses. Nous nous étions promis d’y revenir et d’y emmener des amis. C’est maintenant chose faite!

Après un accueil courtois, malgré l’arrivée d’un groupe imposant au même moment, nous entamons immédiatement la lecture du menu, entièrement renouvelé depuis notre passage l’été dernier. La faim nous tenaillait après une journée passée dans la neige, au grand air. C’était parfait, puisque le menu hivernal des Sales Gosses fait la belle part aux viandes rouges et aux légumes racines.

Nous commandons différents plats pour avoir un portrait exhaustif du talent de l’équipe en cuisine, puis notre serveur nous conseille habillement à travers une carte des vins bien garnie et offrant une sélection intéressante de bouteilles entre 40 et 60 $. Je suis également heureux de constater la présence d’un vin du Domaine Bel-Chas, produit dans la région, que nous avions apprécié l’été dernier après avoir visité le vignoble. Un produit qui gagnerait à être plus connu.

De premiers plats nous arrivent rapidement, tout juste après le service du vin. Les filles ont choisi de partager l’antipasto pour deux, un choix qui me paraissait banal, mais qui finalement s’est avéré judicieux. L’assiette garnie de victuailles (terrine, proscuitto, fromages du Québec, saumon mariné) est plutôt attrayante et ne ressemble en rien à l’assiette traditionnelle que j’avais en tête… Le tartare de bison garni de bacon de sanglier, de moutarde de Meaux, de vinaigre de Xérès et de boutons de marguerites réussit toutefois à éclipser toute concurrence. Dans cet amalgame de saveurs bien équilibré, on ne perd pas le goût prononcé du bison. Enfin, les gosses de veau, spécialité de la maison, sont cette fois-ci apprêtées un peu comme des escargots : pochées au beurre à l’ail et notamment garnies de lardons effilés et gratinées de Migneron de Charlevoix. Ces sales gosses que plusieurs redoutent sont encore une fois très accessibles et plairont même aux plus sceptiques.

Les plaisirs de la table se poursuivent avec l’arrivée d’une seconde vague de plats tous plus appétissants les uns que les autres. Ma côte courte de veau, discrètement imprégnée d’une sauce B.B.Q. au bourbon, s’accompagne à merveille d’un gratin de patates douces et d’un écrasé de brocoli au beurre noisette et amande. Le goût de cette superbe pièce braisée est habilement rehaussé par la sauce B.B.Q. légèrement  sucrée et raffinée. Le brocoli émietté se mangerait quand à lui à la cuillère! Mes convives m’offrent sans hésiter une bouchée de leur plat en me promettant d’en faire mention dans cet article. J’ai goûté à un succulent poulet de Cornouaille qui me réconcilie avec la volaille, la cuisse étant insérée dans des raviolis et la poitrine grillée servie à part. Le ris de veau poêlé m’a conquis de la même façon. Et enfin, le râble de lapin de Saint-Tite farci aux morilles de feu et servi avec des gnocchis aux herbes salées et des chips de carottes n’a pas manqué de m’enthousiasmer. Ce plat servi dans un jus de cuisson à la moutarde rappelle un peu la cuisine de nos grands-mères. Le lapin (viande que je connais peu) est très tendre, ce qui contraste de belle façon avec le croquant des chips de carottes.

Quand une soirée débute si bien, il serait indécent de ne pas poursuivre au dessert. Nous couronnons ce repas avec le Chocolat et café et le Fruit de la passion. Le premier comprend une ganache espresso, une glace dulce de leche, une éponge au café et un crumble de chocolat et noisette. Le plat est servi déstructuré. On se plaît donc à y picorer son dû. Le second plat se compose de macarons, de chocolat blanc, d’un crumble à la lavande et au citron ainsi qu’une panna cotta à la fève tonka et d’une glace aux amandes. On le devinera, c’est frais et légèrement sucré…

Les Sales Gosses ont gagné de nouveaux adeptes, encore une fois. Nous étions heureux de constater lors de notre passage que ce restaurant fait salle comble. C’est franchement mérité!

Densité en baisse à Québec…

Selon une récente étude publiée par Statistique Canada, la densité de population a diminué de 5 % dans la région métropolitaine de Québec entre 2001 et 2011. En d’autres termes, on occupe relativement plus d’espace par personne, alors que nos politiques publiques en aménagement du territoire visent le contraire. Les autres régions métropolitaine québécoises ont connu le même phénomène, tandis que la tendance était inverse dans le reste du Canada.

Pendant que la zone bâtie s’agrandissait de 14 % entre 2001 et 2011, la population de la région métropolitaine de Québec n’augmentait que de 11 %. Pourtant, selon les données statistiques de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), depuis 2004 environ, les mises en chantier de logements (copropriétés et locatifs) sont maintenant aussi nombreuses que les mises en chantier de maisons unifamiliales à l’échelle de la région métropolitaine. Comment expliquer cette baisse de densité si l’on considère l’augmentation de la construction d’immeubles multifamiliaux?

Etalement

Image tirée de Google Maps

Quelques hypothèses seraient à valider :

La taille des ménages. Depuis de nombreuses années, la taille des ménages tend à diminuer. Il n’y aurait donc pas que l’augmentation de la population qui explique la croissance du parc immobilier, mais aussi la division de ménages existants (par exemple, des enfants qui quittent la maison familiale). Si la taille des ménages diminue significativement, la taille de la ville pourrait croître sans que la population totale n’augmente.

L’utilisation du sol. Est-ce la fonction résidentielle qui a occupé la majorité des nouveaux espaces dans la région? L’étalement urbain est-il également attribuable à d’autres fonctions urbaines comme le commerce, l’industrie ou le réseau routier?

Le développement périurbain. Dans la dernière décennie, les municipalités des MRC voisines et la Ville de Lévis ont connu une explosion démographique caractérisée par la construction résidentielle de faible densité. Ces nouveaux quartiers, situés à Shannon, à Stoneham ou à Saint-Lambert-de-Lauzon, sont moins denses que les nouveaux quartiers de la Ville de Québec. Ces municipalités, en offrant des terrains plus grands à moindre coût, annulent-ils les efforts de densification faits dans la ville centre?

Peu importe la cause de l’étalement urbain, les données rendues publiques par Statistique Canada sont préoccupantes. Malgré les mesures mises en place pour contrôler la croissance des villes québécoises, l’envahissement des terres agricoles et des milieux naturels semble se poursuivre sans relâche. Sans compter les coûts engendrés par l’étalement urbain et la banalisation de nos paysages… Allons-nous enfin rattraper ce retard gênant?

À lire également : article dans LaPresse+

Centre Plein Air Castor : des sentiers impeccables

Nous n’étions jamais allés au Centre Plein Air Castor. C’était une erreur. Ce centre de plein air, situé directement sur la base militaire de Valcartier, a pourtant beaucoup à offrir. On peut y pratiquer la raquette et le fatbike. Toutefois, c’est surtout pour le ski de fond qu’on s’y rend, avec raison.

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Centre Plein Air Castor. Photo : S@QC

D’abord, les amateurs de pas de patin seront conquis, car l’ensemble des pistes est damé spécialement pour eux. Les skieurs classiques y trouveront aussi leur compte puisque les pistes sont aussi tracées sur un côté. Le ski classique semble d’ailleurs nettement moins pratiqué à cet endroit que le pas de patin, ce qui permet d’avancer à son rythme sans nuire au passage rapide des skieurs en entraînement.

Les skieurs disposent d’un réseau assez étendu pour faire une vingtaine de kilomètres sans trop tourner en rond et choisir différents trajets d’une fois à l’autre. De plus, les sentiers circulent en forêt à travers les érablières et les sapinières en alternance. Le réseau grimpe également quelques collines qui offrent un beau défi sportif.

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Centre Plein Air Castor. Photo : S@QC

C’est toutefois la qualité des installations et des pistes qui a retenu notre attention. En effet, l’entretien des sentiers est effectué avec une discipline militaire. Le centre dispose sans doute d’une bonne dameuse. Même constat pour la salle de fartage à l’accueil et le refuge situé à mi-sentier qui sont très propres et fonctionnels. Pour toutes ces raisons, je recommande sans hésiter ce centre de plein air.

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Refuge situé à mi-réseau, Centre de Plein Air Castor. Photo : S@QC

Le Centre Plein Air Castor est ouvert à tous. L’accès se fait à partir du boulevard Valcartier, en direction de Saint-Gabriel-de-Valcartier. Le centre-ville est à 20 minutes…

 

Sentiers des Caps de Charlevoix : en toutes saisons

Il y a près de trois ans, Survivre à Québec redécouvrait les Sentiers des Caps de Charlevoix lors d’une belle randonnée automnale qui nous a conduit à de superbes panoramas sur le fleuve. Les Sentiers des Caps relient Cap-Tourmente, près du Mont-Sainte-Anne, à Petite-Rivière-Saint-François. On peut y faire des sorties d’un jour à partir des différents points d’accès ou encore de la longue randonnée avec nuitées en refuge ou en camping.

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Les familles ou les randonneurs moins aguerris peuvent accéder sans trop d’efforts à des panoramas hors du commun à partir de Saint-Tite-des-Caps. Trois points de vue situés à proximité l’un de l’autre permettent de contempler le fleuve Saint-Laurent de la pointe de l’île d’Orléans jusqu’aux environs de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent. On y voit également les Appalaches, le Mont-Sainte-Anne et les îles de Montmagny. Photo : S@QC

Nous y sommes retournés, en hiver cette fois, en compagnie d’un couple d’amis en visite dans la région. Nous avons refait sensiblement le même parcours qu’en 2013 et nous n’avons pas été déçus. Les Sentiers des Caps en hiver sont probablement encore plus spectaculaires qu’en été puisque les percées visuelles sur le fleuve sont encore plus nombreuses en l’absence de feuilles dans les arbres. Le Saint-Laurent, parsemé de glaces, offre quand à lui un spectacle unique.

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Alors que la plupart des randonneurs qui arrivent du stationnement de Saint-Tite-des-Caps se rendent aux points de vue les plus hauts dans la montagne. Pourtant, la vue à partir des points d’observation plus bas est tout aussi intéressante puisqu’elle permet un contact plus direct avec le fleuve et ses îles. Le sentier de la Chute, qui redescend à mi-montagne, offre une toute autre perspective. On y voit plus nettement des phares, l’Isle-aux-Grues et la ville de Montmagny.

Ce territoire mériterait sans aucun doute le statut de parc régional, et même de parc national. D’ailleurs, ces options ont déjà été envisagées. Le secteur n’a d’ailleurs rien à envier au célèbre parc national de la Jacques-Cartier où les touristes visitant Québec affluent en grand nombre. Peu de forêts de cette taille tombent directement dans le fleuve. À 40 minutes de Québec, c’est un véritable trésor à préserver… L’endroit est déjà passablement connu si l’on se fie à l’achalandage observé lors de notre passage. Cependant, les premiers kilomètres de sentiers fortement fréquentés deviennent rapidement plus sauvages et la neige moins durcie par les raquetteurs.

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L’hiver, le stationnement accessible habituellement à partir de Saint-Tite-des-Caps n’est pas déneigé. Il faut donc prévoir partir d’un second stationnement, ce qui ajoute près de 4 km aller-retour. Un petit sentier est aménagé entre les deux stationnements et longe le lac Saint-Tite. On peut également emprunter directement le chemin d’accès. Ce parcours supplémentaire est relativement plat et s’effectue rapidement. Photo : S@QC

Résister au temps

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Une nouvelle tour se profile dans le paysage urbain de Québec. Prise lors d’une balade à pied, cette photo montre bien la dualité entre l’ancien Saint-Roch et le nouveau. Les petites maisons ouvrières comme celle en avant-plan sont plutôt rares, la plupart ayant été remplacées par des immeubles à logements à toit plat avant 1950.